Pollution numérique, faisons le point

On vous parle chaque semaine ici sur HDFever de nouvelles technologies, de streaming, de crypto-monnaies, de puissance informatique toujours plus gourmande et demandeuse en puces électroniques, et donc en ressources primordiales pour la planète. Alors, en attendant que Elon Musk nous envoie vivre sur Mars, il serait peut-être bon de faire le point sur la pollution numérique engendrée par l’informatique dans son ensemble. Commençons déjà par en prendre conscience. 

La consommation des data center

Vous êtes sur votre tablette à écouter en fond sonore Spotify, vous venez de regarder une vidéo sur Youtube. Vous allez jeter un œil à Facebook avant de finir l’épisode d’une série commencée sur Netflix. Sans même vous en rendre compte, vous utilisez à tout moment de la journée des données sauvegardées dans des data-center. Il s’agit de grands bâtiments abritant des quantités considérables de serveurs informatiques sur lesquels sont stockées toutes ces données à la fois inutiles et pourtant indispensables au quotidien comme notre mur Facebook.

À l’échelle mondiale, ce n’est rien de moins que 650 térawatt/heure qui auraient dû être consommés pour l’année 2020, sans prendre en compte le Covid. Cela représente autant d’électricité pour alimenter ces serveurs que la consommation annuelle d’un pays grand comme le Canada. Par exemple, la vidéo Gangnam Style a consommé autant d’électricité qu’en a produite une petite centrale nucléaire sur une année. Tout ça pour ça.

Centrale nucléaire et tour de refroidissement
Sa consommation annuelle rien que pour regarder en boucle Gangnam Style … Ca donne à réfléchir sur ce monde !

Le gouffre énergétique des crypto-monnaies

Imaginez une monnaie sur laquelle aucune banque centrale n’a de maîtrise. Une monnaie parfaitement virtuelle, particulièrement volatile, née d’opérations informatiques complexes demandant une puissance de calcul inaccessible sur les ordinateurs des particuliers. Imaginez quelque chose d’aussi inimaginable que cela. Son nom ? Le Bitcoin. Sa valeur unitaire ? Plus de 50 000 euros, reposant sur la simple loi de l’offre et la demande. Son coût énergétique ? 126 Twh, ce qui le classe au rang du 29e pays le plus gourmand en énergie au monde, un pays de la taille de l’Argentine et ses 45 millions d’habitants. Et ce n’est pas un pays. La pollution numérique a encore de beaux jours devant elle.

Tablette et masque à gaz
Est-ce là l’avenir qui nous attend à trop vivre sur nos tablettes ?

Les solutions pour remédier à la pollution numérique

Cela, c’est une petite partie du constat, qui ne tient pas compte des terres rares et de leur coûteuse exploitation afin de produire des puces informatiques, par exemple. Alors, pour réduire notre empreinte on pourrait éteindre la lumière du clavier de notre PC portable, mais c’est peine perdue. Par contre, les plus grands groupes se tournent de plus en plus vers des initiatives (par opportunisme) pour réduire leur pollution numérique. Apple vient ainsi d’annoncer avoir converti 110 de ses fournisseurs à l’énergie verte au travers d’un programme de transition écologique. Cela se fait-il seulement par l’achat d’énergie verte ou de la production ? Apple ne le précise pas mais la firme se plaît à dire que l’électricité verte ainsi injectée correspond à la suppression de 3,4 millions de véhicules. 

Voilà un geste intéressant. Netflix est dans la même démarche en achetant des certificats d’énergie renouvelable à la hauteur de ce que l’entreprise consomme en szon nom propre. Elle ne précise pas qu’elle ne tient par contre pas compte de l’énergie produite par les sociétés comme Amazon et Google qui hébergent ses films et séries. Mais là encore, la direction est la bonne. On pourrait citer aussi le Climat Pledge d’Amazon, la prime de 100 millions de dollars promise par Elon Musk à qui apportera la méthode de capture de CO² à grande échelle. Tout le monde a en tête cette pollution, la voie se trace lentement, il ne faut plus s’arrêter. 

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