Pénurie de composants électroniques, toujours rien de neuf

Il y a quelques semaines ici, nous avions abordé le sujet des semi-conducteurs . S’il revient sur le devant du blog, c’est bien parce que la pénurie mondiale devient au fil des mois un enjeu crucial pour lequel de plus en plus d’acteurs essaient de trouver une solution. La France s’est positionnée ces dernières semaines sur le sujet. Regardons de plus près quel est l’espoir de la France de résoudre le problème international de la pénurie de composants électroniques.

Composants informatiques vue de près
Composants informatiques, le nerf de la guerre

Des pièces indispensables, omniprésentes et si bien contrôlées

Des composants électroniques, il y en a dans tous les objets du quotidien. Le smartphone sur lequel vous lisez cet article, le PC du télétravail, la télévision des heures de détente, l’accès à Netflix, votre voiture, le train que vous prendrez demain. Partout, tout le temps, il est question d’informatique et donc des puces électroniques. 3 entreprises internationales se partagent 50 % du gâteau, en particulier l’entreprise taïwanaise TMSC. Pire encore, une seule entreprise au monde fabrique les chaînes de fabrication (!) de ces semi-conducteurs. Comment avec ces paradoxes répondre à une demande sans cesse plus éclatée, et plus volumique ? 

L’initiative des constructeurs automobiles

Une chaîne de production Audi mises à l’arrêt en début d’année, était-ce imaginable ? L’usine Peugeot à Sochaux en arrêt depuis 4 semaines et qui va remplacer le compteur numérique par un classique compteur à aiguilles ? C’est une fake news ? Pas du tout ! Ce sont des exemples des conséquences de la pénurie de composants informatiques. Et c’est pourquoi un ensemble de constructeurs automobiles a payé cash à UMC, l’une des plus grands fondeurs mondiaux, la construction de nouvelles lignes de fabrication de puces. Ces dernières ne seront pas celles avec les performances que l’on connaît dans nos smartphones ou cartes graphiques, elles seront en 28 nm. Mais ces puces moins performantes sont suffisantes et tout aussi essentielles. Les constructeurs automobiles paient donc l’usine, et bien entendu la marchandise produite, afin de pouvoir continuer à équiper les voitures du matériel promis. Une situation pour le moins ubuesque. 

Circuit imprimé vu de près
On n’imagine pas tout ce qu’il y a dans un ordinateur !

Le positionnement de la France

La pénurie de composants informatiques affecte aussi la France. TSMC et Samsung monopolisent la fabrication des puces haut de gamme. Il faudrait, selon un cabinet d’études, un investissement à l’échelle de l’Europe à hauteur de 150 milliards d’Euros répartis sur 5 ans pour rattraper le retard. Autant dire, en période de Covid une fortune inimaginable, même pour ce secteur stratégique.

L’ancien ministre et PDG d’Orange Thierry Breton est aujourd’hui commissaire européen. Il est chargé du sujet de la pénurie de composants électroniques et lance le défi à l’Europe de pouvoir produire non plus 10 % comme actuellement mais 20 % des composants électroniques haut de gamme en Europe d’ici 2030. La production serait alors centrée sur le 2 nm. Aujourd’hui le 5 nm est bien maîtrisé et le 2 nm est programmé pour 2023 par TSMC. Si l’ambition est louable et le professionnalisme du commissaire européen sans doute pas à remettre en cause, on peut se demander tout de même où cette politique, si jamais elle aboutit, nous mènera. 

En attendant, récupérer votre vieux radio réveil à Led, ses composants vaudront peut-être cher d’ici quelques années.

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