L’innovation, la France en veut-elle ?

[Article d’opinion]

Ce 11 mars, l’Assemblée Nationale a refusé un moratoire demandé par La France Insoumise dans le cadre d’un projet de loi contre le dérèglement climatique. L’idée ? Suspendre le déploiement de Starlink pendant 1 an afin de consulter la population française à propos du déploiement de ce service d’accès Internet par satellite. Cette demande est le digne exemple de la politique de la France en matière d’innovations technologiques.

L’exemple de Starlink, l’innovation à l’américaine

Starlink, je vous en ai déjà parlé, c’est le projet de Space X et de son patron Elon Musk d’inonder l’espace planétaire d’un lot, à terme, de 42 000 petits satellites qui permettront de relier n’importe quel coin du globe à Internet. Le projet avait fait du bruit il y a quelques semaines en France car un village refusait l’implantation de Starlink. Récemment, c’est la France Insoumise qui a demandé un moratoire, c’est-à-dire une suspension du déploiement des satellites. Le groupe politique s’est appuyé sur 3 points : la pollution du ciel pour les astronomes, le risque de débris accru et enfin la pollution lumineuse, par reflet du soleil sur le satellite.

L’innovation, la France en veut-elle ?
Oui, il est temps de changer

Comment se décompose le projet Starlink ?

Il n’est pas question de politique ici, c’est le rapport à l’innovation qui m’intéresse. On peut par contre s’interroger sur la pollution lumineuse causée par un satellite de 1 mètre de côté et pesant 200 kilos. La pollution pour les spécialistes est exacte les quelques heures qui suivent le déploiement des satellites, par lot de 60. Enfin, le risque de débris est forcément un risque puisqu’il y a des objets. Mais pour représenter le ciel en l’état actuel, il y a 1 200 satellites, et environ 2000 autres que ceux de Starlink. Même un gros satellite ne dépasse pas le volume d’une voiture de type citadine.

Alors imaginez 3 000 citadines, le parking d’un gros centre commercial la veille de Noël. Et éparpillez cette quantité de voitures sur la surface de la planète. Il y a de l’espace pour tout le monde, d’autant plus que les trajectoires sont suivies en temps réel et qu’il est possible de désorbiter les unités défectueuses pour éviter les risques. Voilà où en est Starlink aujourd’hui. Et voilà pourquoi on se cherche en permanence des excuses pour ne pas aller dans le sens de l’innovation.

L’innovation, la France en veut-elle ?
Des idées pour demain ?

D’autres exemples d’innovation manquées ?

Fournir un moyen de communication à n’importe qui sur le globe est une avancée majeure, et Starlink n’est qu’un exemple de la frilosité permanente en France face aux innovations. La fusée Ariane était un fleuron de l’industrie. Son record est de 15 lancements annuels tandis que SpaceX décolle 2 à 3 fois par mois avec des fusées réutilisables. En France, on a la Zoé tandis que les Américains ont des Tesla. En France on a Salto, les Américains ont Netflix. Une marque de smartphones européens ? Et dans le monde de l’informatique ?

Dans un marché globalisé où les innovations ne servent plus un pays mais le monde entier, on ne sait pas tirer notre épingle du jeu. Il n’est pas question de copier le système anglo-saxon, simplement de proposer nous aussi, en France comme en Europe, des projets porteurs, de ceux que les autres nous envieraient. Mais il semble que l’innovation, la France dans ce que ses rouages politico-administratifs ont de plus pesants n’en veut pas. Et elle n’en a même pas conscience.

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