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Test express du Beyerdynamic T-1 Génération 2

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Sur le papier le Beyerdynamic T-1 Génération 2 a tout pour plaire. Issu d’une expérience de longue date du constructeur germanique, également spécialisé dans les casques professionnels. Une déclinaison technique alléchante, technologie Tesla permettant plus d’efficience, câble de qualité studio et toute une liste de louanges marketing affirmées par le constructeur. J’ai en ma possession ce casque depuis plusieurs mois déjà, alors pourquoi avoir attendu si longtemps pour faire un compte rendu et pourquoi se contenter d’un test express ? Et bien madame la marquise tout ne va pas très bien et tout n’est pas rose au royaume du Danemark (pour ne pas dire « pourri » comme le voudrait exactement l’expression).

En lisant ces lignes, vous devez vous attendre à un massacre et quelque part nous ne sommes pas passés loin. Comme je n’aime pas descendre en flamme un produit, j’ai préféré attendre d’avoir plus de recul et de matière pour évaluer justement ce casque. De plus, le T-1 Gen 2 est le fleuron d’un constructeur fort d’une grande expérience et il ne pouvait pas être logique de rester sur une mauvaise impression sans pouvoir tempéré. C’est l’arrivée du MOON Neo 230HAD qui m’a conduit à reprendre ma réflexion et enfin vous livrer mes impressions. Mais attention, ceux qui me lisent ont l’habitude de me voir plus enthousiaste, ce test ne ressemblera pas aux autres ! Et aux risques de toucher à un sacro-saint, je ne peux pas faire autant d’éloges que j’ai pu en lire, parfois …

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Spécifications techniques :

  • Casque de type  semi-ouvert
  • Couplage : circumaural
  • Pression de contact : approx. 2,8 N
  • Réponse en fréquence nominale : 5 – 50 000 Hz
  • Impédance nominale : 600 Ω
  • Pression acoustique nominale (SPL) : 102 dB (1 mW / 500 Hz)
  • Pression acoustique Max. (SPL) : 126 dB (300 mW / 500 Hz)
  • Distorsion harmonique totale (T.H.D.) : 0,05 % (1 mW / 500 Hz)
  • Puissance admissible Max. : 300 mW
  • Câble : Détachable, Profil en Y
  • Longueur : 3 m
  • Conducteurs : cuivre OCC 7N
  • Gaine : textile
  • Connecteur : stéréo mini-jack (3,5 mm) et adaptateur jack (6,35 mm), contact plaqué or
  • Accessoires : Étui de transport rigide
  • Poids (sans câble) : 360 g
  • Prix : 990€ TTC

Les liens utiles :

Les doléances, pourquoi le T-1 Gen 2 est un flagship en peu bancal ?

Voilà un casque haut de gamme qui ne présente pas comme un casque haut de gamme. Le T-1 est donc le flagship de Beyerdynamic, c’est-à-dire leur casque le plus haut de gamme. Un premier constat, le prix ! Alors que d’autres marques placent leur flagship autour des 1500€, le T-1 lui est à 990€ et peut se trouver immédiatement encore moins cher chez certains revendeurs. Il y a certes d’autres produits en sommet de gamme qui coûtent bien plus chers, mais il s’agit de marque plus élitistes trop différentes d’un Beyerdynamic, Sennheiser, Fostex ou OPPO. Un prix de 990€ semble donc alléchant compte tenu des offres de la concurrence. Mais ce prix inférieur n’aurait-il pas une raison ? Une chose à faire est de comparer le T-1 Gen 2 avec son prédécesseur. A priori, les deux produits sont très semblables, mais … il y a donc un premier, mais ! Le T-1 première version était livré dans une très belle boite métallique à la façon flycase affichant une finition encore plus luxueuse que ce type de conditionnement pro. La boite n’est rien d’autre qu’un accessoire d’ornement, mais ce genre de bonus fait toujours plaisir et ceux qui ont un OPPO PM-1 ont certainement été charmés par la belle boite en bois vernis. Qu’avons-nous avec le T-1 Gen 2 ? Et bien, adieu la belle boite en métal, place à une sacoche de transport … un accessoire plus pratique, mais énormément moins beau et assez peu qualitatif.

La sacoche rigide livrée avec le T-1 Gen 2

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La boite métallique livrée avec la version précédente du T-1. Avouez que c’était plus luxueux et bien plus qualitatif.

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L’idée de ranger le T-1 dans cette sacoche me fait un tel effet bof que je me pose alors la question d’un sens pratique. Le transport peut-être ? Le T-1 peut-il s’utiliser en nomade ? Pour bien vous expliquer ma déception, soyons clairs : sans détour, utiliser le T-1 Gen 2 en nomade sur un DAP ou un smartphone ? Mais vous rêvez ! Jamais cela ne pourra se faire sans l’apport d’un bon amplificateur portable et encore il faudra qu’il envoie du jus ! À titre d’exemple, le Geek Out V2 Infinity en mode 1000 mW @ 16 ohm fait fonctionner le T-1 Gen 2,mais en étant presque à 100% du niveau de volume. Le contrôle de volume du Geek Out V2 est numérique et fonctionne sur 64 bits, monter si haut n’est donc pas pénalisant pour la section préampli, mais l’amplification est alors trop sollicitée et pourra afficher des taux de distorsion plus importants que son niveau nominal. En général, il ne faut pas dépasser 50% du niveau de volume d’un amplificateur, surtout si le contrôle de volume est linéaire. Ce qui me renvoie au câble livré en standard avec le T-1. Un câble détachable de très bonne facture (très semblable à celui de l’OPPO PM-1) terminé par une jack 3,5 mm. Un adaptateur vers jack TRS 6,35 mm est livré avec le T-1 Gen 2 pour assurer l’usage du casque avec un amplificateur résidentiel. Mais entre nous, qui pourra utiliser facilement le T-1 en mode nomade ? Avec un super DAP coûtant plus cher que le casque ? En ajoutant un ampli casque nomade à la source DAP ou smartphone ? Dans tous les cas, la solution fonctionnelle sera soit chère, soit complexe, soit les deux !

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Côté finition et construction, le T-1 est finalement très rudimentaire et ne se distingue pas vraiment des autres casques de la marque. Quelque part, on se demande s’il s’agit bien du flagship du constructeur ? Et pourtant, si ! Il n’y a pas de référence au-dessus du T-1 chez Beyerdynamic. Le casque n’est pas mal construit, au contraire tout est réalisé avec soin, mais le T-1 n’affiche aucune originalité dans sa construction et oeuvre dans un classicisme presque déprimant. Vous me jugerez certainement un peu dur, mais voyons ce que la concurrence a à offrir. Entre les Final Sonorous, l’Audioquest NightHawk, des Hifiman et même des Audeze abordables, tous affirment une distinction technique et de design. Même le Sennheiser HD-700 pourtant en dessous du HD-800, s’impose par une conception originale et très caractérisée. Beyerdynamic reste cantonné sur des sentiers battus maintes fois éprouvés … je ne critique pas l’option de sûreté, mais le manque de distinction de ce casque. Alors, qu’avons-nous ? Des écouteurs ronds semi-ouverts dans lesquels les transducteurs sont orientés vers les oreilles. Il s’agit d’une bonne option qui permet d’offrir une belle image et une belle scène sonore, mais c’est du déjà vu. Des transducteurs à forte efficience de plus de 1 tesla … on a donc de gros aimants en guise de moteur … c’est aussi du déjà vu et d’autres comme Fostex le fond plus judicieusement avec des casques dont l’impédance reste basse, 25 Ohm seulement pour le TH-900. Je reviendrais plus loin sur le problème de l’impédance de 600 Ohm du T-1 Gen 2.

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L’usage de coussinets en velours est un bon choix par contre. Cette option est plus favorable à une bonne reproduction des basses que le cuire de synthèse. Ces coussinets sont assez larges et facilitent la pose du casque de part et d’autre des oreilles. Le câble s’enfiche bien dans les écouteurs du T-1. Il s’agit d’un câble de bonne qualité qui ressemble comme deux gouttes d’eau au câble livré avec les casques OPPO si ce n’est des jacks de terminaison de tailles différentes. Le réglage en hauteur des écouteurs se fait par une crémaillère qui coulisse dans le cerceau. Il s’agit d’un autre point négatif à mes yeux. Tout d’abord, ce système impose des positions espacées et ne donne pas une totale liberté de réglage. Ensuite il y a du jeu dans le dispositif. Soit il s’agit d’un acte délibéré en vue de donner une souplesse à l’ajustement et ainsi favoriser le confort, soit il s’agit simplement d’une faiblesse dans la qualité de construction. Dans tous les cas, lorsqu’on manipule cet ajustement on ne sent pas une franche solidité. Le cerceau est assez joli, il combine cuire de synthèse et une bande en Alcantara sérigraphié Beyerdynamic. C’est pas mal, mais rien de très original … à nouveau. Un autre élément me gène, le marquage droite ou gauche des écouteurs. Seul l’écouteur gauche est marqué discrètement à l’intérieur de la sortie de crémaillère. Vous me direz qu’un seul repère suffit et vous avez raison, cependant les autres constructeurs prennent la peine de marquer les deux écouteurs, ce qui facilite l’identification du sens correcte pour les écoutes.

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Tout cela est donc assez décevant pour un casque qui se veut au sommet de la gamme d’un constructeur. Le T-1 se présente sous un jour assez banal et est construit de manière très classique, sans prise de risques et sans distinctions particulières avec les autres réalisations de la marque.

600 ohm, le plus est l’ennemi du bien !

Beyerdynamic est l’une des rares -et peut-être la seule- marques à proposer des casques ayant une impédance de 600 Ohm. Certaines de leurs références proposent des variantes en 32 Ohm, 250 Ohm ou 600 Ohm. Cette option est intéressante, car l’utilisateur peut alors choisir le casque en fonction des capacités de l’amplificateur dont il dispose. Le T-1 Gen 2 n’existe qu’en 600 Ohm et ce qui pourrait sembler être un avantage qualitatif est en fait une contrainte. En effet, si le T-1 est si difficile à driver cela vient essentiellement de sa forte impédance. Si tous les autres casques haut de gamme du marché sont d’impédance très modérée, c’est qu’il y a une raison. Même le Sennheiser HD-800 est d’impédance de 300 ohm et ce chiffre est déjà considéré comme haut. La concurrence proposera surtout des casques gravitant autour d’une impédance de 32 Ohm. Les 600 Ohm du T-1 pénalisent fortement sa polyvalence à commencer par une grande difficulté à trouver une amplification nomade autonome adaptée. Même en usage résidentiel le T-1 Gen 2 donnera du fil à retordre à bon nombre d’amplificateurs.

Par exemple, l’OPPO HA-1 pourtant assez puissant, ne s’en sort pas facilement. Il faudra commencer par placer le gain de sortie sur haut et monter le potard au-delà des 50%. Je ne recommande jamais de dépasser ce niveau sur un amplificateur, car dans la plupart des cas la distorsion augmente et pénalise alors la qualité d’écoute. Si on arrive à un niveau de distorsion audible et de saturation, alors il est évident que l’amplificateur n’est pas suffisamment puissant pour le T-1. Il s’agit du pire des scénarios, mais malheureusement il sera plus probable qu’il se produise. La parade est bien entendu d’utiliser un amplificateur très puissant. Un MOON Neo 230HAD s’en sort très bien, mais cette petite merveille coûte déjà plus cher qu’un T-1 Gen 2. Il y aurait d’autres solutions chez Audio-GD par exemple, mais dans tous les cas il faudra viser impérativement un amplificateur casque affichant au moins 1500 mW ou 2000 mW sous 32 ohm. Une autre solution est d’investir dans le câble optionnel XLR que Beyerdynamic propose pour le T-1 Gen 2. En effet, tous les amplificateurs casque ayant une topologie symétrique disposent de plus de puissance et de plus de gain sur leur sortie symétrique qu’elle soit XLR 4 pins ou double mono XLR. C’est le cas de l’OPPO qui gagne en tenu de puissance et s’en sort alors mieux avec le T-1 Gen 2. Du coup, on peut se demander pourquoi ce câble n’est pas livré d’office avec le casque ?

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Un prix incohérent

Lorsqu’on fait le bilan du T-1 Gen 2 on se demande si Beyerdynamic n’aurait pas fait les choses à moitié. En effet, le T-1 Gen 2 nécessite une belle électronique pour bien fonctionner, nous verrons aux écoutes sur le MOON Neo 230HAD que la sonorité de ce casque redore son blason et donne justice à son statut de flagship. Le principe logique veut qu’il y ait une correspondance entre le prix du casque et le prix de l’amplificateur (ou DAC amplificateur casque) que l’on va utiliser. Les casques haut de gamme ont en général une impédance favorable et souvent l’amplificateur devra être de qualité sans être forcément très puissant. La facture peut donc s’alléger et il n’est pas incohérent d’avoir un casque plus cher que son ampli. Avec le T-1 Gen 2 la logique est inverse, il faut impérativement mettre le paquet dans l’amplification. Avec ses 600 ohm il lui faut du jus ! Si le minima est un MOON NEO 230HAD il faut donc compter 1299€, soit déjà 300€ de plus que le T-1 Gen 2. D’autre part, un audiophile ayant un tel budget pour un DAC amplificateur casque visera-t-il un T-1 Gen 2 à 990€ ? Quelque part et sans vouloir spéculer, j’en doute fort !

Ce n’est que mon avis, mais je pense que Beyerdynamic ne nous rend pas service en n’ayant pas visé plus haut. Très franchement, je suis convaincu qu’une conception plus ambitieuse et une construction plus osée aurait profité au T-1 Gen 2, quitte à sortir un casque totalement différent des autres réalisations de la marque. Après tout, les HD-800 de Sennheiser se démarquent totalement de leurs petits frères et cela n’a pas pénalisé leur potentiel commercial ni leur réputation, bien au contraire.

D’un autre côté, il est vrai qu’un casque flagship sous la barre des 990 € est une aubaine, mais vu qu’il faut une grosse électronique pour le faire fonctionner correctement. Même si on peut trouver le T-1 Gen 2 encore moins cher, le prix ne serait pas cohérent, car un bon ampli casque pas cher capable de tenir un casque de 600 Ohm cela ne court pas les rues. Très clairement le T-1 Gen 2 hérite des acquis des gammes professionnelles de la marque. Mais ce qui correspondrait aux besoins d’un studio d’enregistrement ne va pas forcément satisfaire un audiophile.

Les écoutes sur le Simaudio MOON Neo 230HAD, la grande réconciliation

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Avant d’arriver à une mise en oeuvre satisfaisante, j’ai essayé le T-1 Gen 2 sur plusieurs amplificateurs pour casques. Mais aucune écoute ne m’avait vraiment emballé. Soit il fallait monter le volume trop haut pénalisant ainsi le fonctionnement de l’amplificateur, soit le rendu était assez plat et sans vie. le T-1 ne sonnait pas mal, mais n’arrivait pas véhiculer d’émotions. C’est l’arrivée du MOON Neo 230HAD qui a changé mes perspectives et mon avis sur le Beyerdynamic jusque-là peu convaincante. Ce petit 230HAD est véritablement étonnant, décodage précis et amplification de très haut niveau capable de tenir de main de maître le T-1 Gen 2 et ses 600 ohm. C’est alors que commencent mes écoutes sur le T-1 Gen 2, des écoutes enfin au niveau d’un casque haut de gamme.
Un premier bilan sur le confort

Le Beyerdynamic T-1 Gen 2 est un casque qui offre un confort de port assez standard. Son poids modéré de moins de 400 grammes facilite évidemment l’exercice. L’arceau maintient correctement le casque sur la tête sans qu’il y ait de sensation de poids. Les écouteurs quant à ceux reposent de part et d’autre des oreilles, le maintient est opéré par principe de pression. On a donc une petite sensation en périphérie des oreilles qui confirme la présence du casque sur la tête. Cette sensation vient principalement des coussinets dont la mousse est assez dense. Le velours comme revêtement est un choix délibéré qui permettra de favoriser la reproduction des basses et l’ampleur de la scène sonore. En contrepartie, le velours peut accentuer la sensation des coussinets, en effet le velours chauffe plus que le cuire. D’une manière générale, le confort du T-1 Gen 2 est bon. Le dispositif de réglage et d’ajustement à la tête est rudimentaire et très classique, mais il se révèle assez efficace. Nous ne sommes pas en présence d’un Sonorous ou d’un Kingsound, mais le T-1 Gen 2 s’en sort bien et sans grand challenge, ce casque assure le confort nécessaire.

Compte rendu des écoutes

Les écoutes se feront donc sur le MOON Neo 230HAD, car il faut bien un appareil de cette classe pour arriver à faire fonctionner le T-1 Gen 2 convenablement. Notez que l’OPPO HA-1 y arrive également du moment qu’on équipe le casque de son câble symétrique optionnel. Un simple Teac AX-501 y arrive également, mais on dépasse largement les 50% du volume et la perte de qualité sonore se fait évidemment sentir. Un Teac AH-501 pourrait aussi s’en sortir à condition de placer son gain sur LOW et d’augmenter considérablement le volume. Le rendu reste alors très agréable, mais manque d’impact. Rien ne semble convenir au T-1 Gen 2 en dehors du MOON Neo 230HAD sur lequel le volume idéal du T-1 Gen 2 ne dépasse pas les 40% seulement du volume sur le potard !

Le Beyer T-1 Gen 2 prend-il alors son envole ? Et bien oui ! Enfin, il sonne de belle manière et proche des promesses tenues par le white paper décrit par Beyerdynamic. Dans cette configuration le T-1 Gen 2 se révèle bigrement efficace. En tout cas, si vous recherchez un casque à la sonorité vraie et sans coloration, ce casque va certainement vous plaire. L’écoute pourrait donc parfaitement se caractériser « monitoring » dans laquelle le casque cherche à reproduire chaque note avec le plus d’exactitude possible. La neutralité et le naturel sont donc les maîtres mots, mais j’insiste, cela est possible qu’à condition d’utiliser une amplification à la hauteur. Côté précision et équilibre je ne trouve rien à redire. Le T-1 Gen 2 dispose d’une dynamique bien dosée qui témoigne d’un bon équilibre tonal sur tout le spectre. Cela signifie qu’il y aura des basses sans manque ni excès, des médiums bien gérés, suffisamment présent pour reproduire les voix et des aigus bien dosés. Les détails des enregistrements des plus intimistes aux plus complexes sont admirablement bien reproduits. Le haut du spectre n’est ni en manque ni clinquant, il faut reconnaître que s’il est bien alimenté, le T-1 Gen 2 sait reproduire le son avec un naturel et un réalisme saisissant. Il ne sera pas démonstratif et monter le volume n’y changera rien, car étonnamment, il sera possible de monter très haut le potard sans pénaliser le plaisir d’écoute. Le comportement de l’ensemble est d’ailleurs surprenant, ça serait comme si le T-1 Gen 2 arrive rapidement à un niveau d’écoute maximal au-delà duquel la hausse de pression acoustique se stabilise pour aplanir sa courbe de croissance.

Il s’agit certainement d’une conséquence des 600 Ohm du T-1 Gen 2. Sur la reproduction de la bande passante et son équivalence en énergie, là aussi le T-1 Gen 2 démontre un équilibre exemplaire. Cela veut dire que tout le registre sera reproduit sans parti pris. Sur d’autres configurations, cet équilibre est nettement moins bon. Par exemple sur un Teac HA-501 il y aura un manque manifeste de basse, alors que ce même amplificateur casque avec un Fostex TH-900 délivrera des basses riches et puissantes. Au niveau scène sonore et spatialisation, la prestation témoigne de la même approche monitoring. Le T-1 Gen 2 produit donc une sensation immersive et très cohérente, mais ne va pas pousser d’espace d’écoute comme le ferait un Fostex TH-900 ou un OPPO PM-1 équipé des bons coussinets. La scène reste donc délimitée par une logique technique imposée par ce casque. Toutefois, l’image sonore profite d’une très belle amplitude et l’aération des notes contribue à soutenir la restitution de réalisme. Finalement, on éprouve beaucoup de plaisir à écouter le T-1 Gen 2, mais la performance du MOON Neo 230HAD y contribue fortement !

Conclusion

Expérience Audio - 3 étoilesLe Beyerdynamic T-1 Gen 2 est un casque un peu bancal … bancal, car pour un vaisseau amiral il pourrait faire preuve de plus d’innovations. Sa construction classique est peut-être un gage de sûreté, mais elle manque cruellement d’ambition et ne prend aucun risque. Le prix est peut-être alléchant en comparaison avec les sommets de gamme de la concurrence, mais sa définition technique le destine à des amplifications puissantes et ambitieuses, des produits déjà d’un niveau tarifaire supérieur. Ne vous risquez pas d’utiliser ce casque avec un amplificateur de puissance modeste, vous serez inévitablement déçu. Mais si vous faites bien les choses et que vous souhaitez un casque sans coloration, qui a de l’impacte tout en respectant un juste équilibre, alors le T-1 Gen 2 pourra vous convenir.

La marque de fabrique Beyerdynamic n’est donc pas si mauvaise, tout du moins si vous souhaitez acquérir un casque neutre qui reproduira la musique avec exactitude. Fort des acquis de la marque dans le monde des studios d’enregistrement pro, le T-1 Gen 2 s’affiche comme le digne héritier de cette ligne conductrice. Peut-être que ce pedigree explique également le choix de la finition sobre en sans prise de risque ? Ainsi que la construction ultra classique du casque ? Le Beyerdynamic est comme une histoire d’amour qui commence mal. Il faut faire les bons compromis pour se réconcilier et se laisser séduire. Une fin heureuse qui a demandé quelques ajustements et surtout la présence du bon partenaire. En cela le MOON Neo 230HAD s’est révélé être tout simplement parfait.

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Ce que j’ai aimé avec le Beyerdynamic T-1 Gen 2 associé au MOON Neo 230HAD) :

  • Le rendu sonore naturel et neutre.
  • La dynamique bien dosée.
  • La précision sans excès.
  • Le confort de bonne facture.
  • La qualité du câble détachable fourni.

J’aurai aimé avec le Beyerdynamic T-1 Gen 2 :

  • La boite de rangement en métal du T-1 première génération à la place de la sacoche.
  • Plus de polyvalence … 600 Ohm représente trop de contraintes.
  • Une finition plus ambitieuse quitte à monter le prix de vente.
  • Le câble optionnel symétrique devrait être fourni, car il sera indispensable dans certains cas.

4 commentaires

  1. avatar
    Philippe Maury /

    Bonjour,
    Les impédances de 600 Ohms correspondent à un bobinage différent des drivers, mais ce type de bobinage apporte un meilleur comportement en réponse dynamique et transitoire. Chez Beyerdynamic certains modèles sont proposés en 32, 250 et 600 Ohms comme le DT880. J’ai écouté ce modèle en 32 Ohms (30 secondes, à fuir), et je possède le 600 Ohms qui apporte une grande différence de qualité, même comparé au 250 Ohms.
    Mais c’est comme une Ferrari, ça ne marche pas avec un moteur de 2cv, les 600 Ohms c’est usage sédentaire avec un très bon ampli casque puissant. Pour la distorsion sur un 600 Ohms le bouton de volume va être tourné beaucoup plus loin, mais comme la charge sur l’ampli est différente, cela ne va pas provoquer de distorsion en fait sauf aux volumes sonores réels importants, si on met un album enregistré fort d’origine en poussant trop le volume. Sur le 600 Ohms je suis couramment aux 2/3, aux 3/4 voire presque à fond (sur un Meier Corda Prehead mkII SE, excellent). Je ne peux pas revenir sur d’autres casques, en alternative seulement l’AKG Q701 qui est un bouffe puissance malgré une impédance de 62 Ohms, mais c’est un très bon casque aussi.
    Je n’ai jamais écouté le T1, je connais le DT1770 à drivers Tesla en 250 Ohms, mais je trouve le DT880 600 Ohms supérieur. Le mien est moddé avec un recâblage 1877Phono et un peu d’amortissant bitume en périphérie interne des coques.
    Je veux bien croire que le T1 avec le Moon ça doit bien marcher, c’est une expérience que j’aimerais avoir, en plus les produits Moon semblent très qualitatifs. Audio-gd aussi en amplis casque ils font du super matériel, puissant avec un vrai rapport qualité prix.

  2. avatar

    @Philippe Maury
    Bonjour philippe, certes le bobinage d’un casque 600 ohm permet à un amplificateur casque de mieux fonctionner. Cependant,et vous le signalez également, il faut une grosse amplification. On en revient donc à nos conclusions, un casque à basse impédance ne nécessitera pas un gros ampli, à amplification égale il y a des chances pour que le casque à 600 ohm demande trop en puissance et arrive à un niveau de saturation. On le constate assez souvent, il faudra monter la position du potard de volume pour arriver à un bon niveau d’écoute et si l’ampli n’est pas assez puissant on arrive rapidement dans des plages de saturation => hausse de la DHT. Sur un petit ampli c’est inévitable ou alors on se contente d’écouter à bas volume ce qui démontrerait aussi que l’ampli en question est inadapté.

  3. avatar
    Philippe M /

    @Jacko – Oui, vous avez raison pour les amplis peu puissants, je n’avais pas pris en compte cela concernant les problèmes de distorsion, seulement mon Meier comme référence. Cet ampli fonctionne d’ailleurs très mal avec les casques à basse impédance, testé sur un Grado SR80, un Beyer DT880 32 Ohms et un Audio Technica msr7. Exception pour l’AKG Q701 avec ses 62 Ohms, qui fonctionne à merveille sur le Meier.
    Et j’y repense, sur mon micro dac Encore mdsd avec le DT880 600 Ohms en direct sur sa sortie, l’ampli arrive à driver ce casque mais est proche du maxi. Le Encore fonctionne mieux raccordé au Meier, avec le potard du dac aux 2/3 environ, en compensant la faible puissance de sortie avec la bonne réserve d’amplification du Meier. Le rendu du 880 est bien meilleur avec ce montage. Le petit dac est étonnant de qualité, évidemment l’utilisation en sortie ligne n’est pas son point fort car ça ne sauce pas comme une vraie sortie de ce type.

  4. avatar

    Votre point est important car il illustre parfaitement la problématique la plus importante en écoute casque (qui est vrai dans tous les cas impliquant des transducteurs) : il est impératif de marier convenablement l’amplification au casque.
    Un ampli trop puissant ou ayant un certain gain ne marchera pas forcément dans tous les cas. Des casques peu gourmand par exemple peuvent très bien ne pas sonner correctement. Les amplis disposant de différent gain de sorti ou une variable de facteur d’amortissement permet de contourner le problème en adaptant l’ampli aux besoins du casque (dans les grandes lignes …).
    Votre témoignage sur le DAC/ampli casque Encore est également très important. En effet les conceptions CMS et donc miniaturisées, ne se font pas forcément au détriment des performances et de la qualité. Il y a effectivement de plus en plus de produits étonnants qui bouleversent les préjugés. Le marché du nomadisme audiophile étant un moteur d’évolution primordial dans ce contexte, DAP, DAC portables, Ampli casque portable mais aussi dans le domaine du résidentiel : intégrer une bonne sortie casque sur un appareil Hi-Fi peut donc se faire sans occuper trop de place ni tirer significativement sur l’alimentation. Du reste, certains DAC / Amli casque exploitent des conceptions CMS, c’est le cas des produits LH Labs.

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