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Test LH Labs Geek OUT V2 Infinity : un impressionnant micro ampli-casque compatible DSD !

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En milieu et en fin de l’année dernière, je vous avais proposé le test d’un micro DAC, le Geek OUT IEM100. La série Geek OUT était le fruit d’une expérience tentée par LH labs aussi connu sous le nom de Light Harmonics. Cette compagnie américaine, fondée par Larry Ho et Gavin Fish, débuta son activité en proposant un des DAC les plus évolués du marché, le Da Vinci DAC. Depuis LH Labs a fait évoluer sa plateforme technologique pour aboutir à un nouveau vaisseau amiral, le SIRE un DAC proposé à 120.000 $ ou 130.000 $ avec son option serveur musical !

Une telle exclusivité réduit considérablement les possibilités de pénétration de marché et il est évident que LH Labs ne pouvait pas en rester là si leur objectif était aussi de toucher un maximum de personnes. C’est ainsi que le Geek OUT vit le jour, un produit compact et économique si l’on considère ses performances. Un projet presque à l’opposé du Da Vinci DAC si ce n’est la volonté de proposer un produit aux performances irréprochables. Par la même occasion, LH Labs innove en optant pour une communication et un lancement commercial sur le portail de financement participatif Kickstarter. Fort du succès de cette stratégie, le projet basculera rapidement sur un autre portail plus adapté : Indiegogo.

LH Labs en profite alors pour accroître son offre et faire évoluer les produits en cours de développement et de financement. Ce système est donc avantageux aussi bien pour le constructeur que pour les souscripteurs. Les produits évoluent, on peut opter ou non pour ces évolutions, le coût est moins élevé et les dépenses se font au fur et à mesure. Le seul problème est l’attente, car bien évidemment les participants financent des projets qui sont encore à l’état de développement voir simplement posé sur le papier sans prototype. Il faut donc faire preuve de patience et s’attendre à ne pas pouvoir trouver le produit de si tôt sur les étalages des revendeurs spécialisés, à moins que …

Pour fêter leur succès, l’équipe de LH Labs nous avait préparé des produits « surprise anniversaire », un secret bien gardé à l’époque changeant radicalement de stratégie. Pas de teasing ni preview sur le long terme, un simple masque et un compte à rebours qui dura quelques jours. Le voile se lève pour nous faire découvrir le Geek OUT V2 puis le Geek OUT V2 +, une nouvelle génération Geek OUT tout d’abord réservée en primeur aux souscripteurs déjà inscrit sur les campagnes Indiegogo et Kickstarter. Pour l’instant rien de neuf, mais seulement deux mois après l’annonce officiel et le début des précommandes marquant aussi la fin du programme de lancement « anniversaire » LH Labs trouve enfin un distributeur revendeur en France. C’est Son-Vidéo qui se lance dans l’aventure et référence alors non seulement les Geek OUT V2, V2 + mais aussi les Geek OUT 1000 toujours disponibles et les produits DAC et alimentations linéaires au format desktop de la marque. C’est donc fait, LH Labs est enfin disponible à l’achat sur nos contrées. Je vous propose un test du Geek OUT V2 dans sa version la plus aboutie et disponible à l’achat : le Geek Out V2 Infinity.

Déballage et présentation du Geek Out V2

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La réception et le déballage du Geek OUT V2 est une expérience pour le moins déconcertante. Le Geek OUT IEM100 ne dénotait d’aucune négligence et se présentait avec une certaine élégance profitant d’une construction basée sur un châssis en aluminium de très bonne facture. De même, le packaging ne décevait pas sans faire dans l’extravagant. Le Geek OUT V2 ne table plus sur ces critères. Le packaging est simplifié à l’extrême : un simple rectangle de mousse découpé à la forme du Geek OUT et un étui en carton imprimé. Il s’agit donc d’un conditionnement ultra simpliste à la limite du produit OEM. Une notice très succincte accompagne le produit, il faudra aller sur le site de LH labs pour compléter la source d’information relative au produit. Nous n’avons plus de sacoche de protection ni de câble USB « Slacker » qui permettait un raccordement du Geek OUT plus en souplesse sur l’ordinateur qui servira de source. Nous sommes donc moins bien servi qu’avec la génération précédente, cela peut passablement agacer, mais pas au point de provoquer de discordes.

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Le conditionnement et les accessoires restent justement de simples accessoires, ce n’est pas le centre d’intérêt principal d’un tel produit. Le point qui ne fera pas l’unanimité vient de la méthode de construction du châssis du Geek OUT V2. Avant toute chose il faut remonter au Geek OUT première version et relatée des critiques faites par les utilisateurs. Il n’est pas question de descendre en flamme le V2 sans comprendre les raisons des choix optés par l’équipe de LH Labs. Les Geek OUT cumulent des avantages technologiques, mais contraints par la taille de l’appareil, ces avantages sont aussi des sources de complications. Les Geek OUT sont aussi et surtout des amplificateurs casque polarisé en classe A et qui dit classe A dit aussi forte chauffe. Les Geek OUT première génération chauffaient beaucoup, rien qui puisse compromettre leur intégrité ni leur bon fonctionnement, mais cette chauffe pouvait être ennuyeuse pour les utilisateurs. LH Labs a donc travaillé sur le problème et a exploré de nouvelles possibilités de construction de châssis.

Les Geek OUT V2 seront alors les premiers appareils construits à base de résine façonnée par une imprimante 3D. La résine n’est pas un matériau usuel pour un appareil hifi et c’est là que les choses deviennent ennuyeuses à appréhender et à évaluer. Commençons par les points positifs. L’impression 3D à base de résine permet de créer des formes complexes. Ainsi, les Geek OUT V2 pourront adopter des formes ambitieuses trop compliquées à réaliser sur la base d’un châssis fait en métal, même s’il s’agissait d’aluminium. La possibilité de créer des formes aussi vastes que complexes va aussi permettre d’agrémenter les V2 d’aérations plus performantes et parfaitement intégrées dans le dessin des formes décoratives. La résine utilisée est de forte résistance et est capable de supporter des températures très élevées. Nous avons donc une solution qui permettra aux Geek OUT V2 de chauffer beaucoup moins. Côté poids, la résine est aussi plus légère. Voici un troisième avantage qui a son importance en particulier pour un appareil qui se veut portatif et discret.

Création de formes presque illimitée, meilleure dissipation thermique et poids réduit, l’usage d’une imprimante 3D et de résine semble une solution parfaite, mais il y a un hic ! Si les visuels prévisionnels du Geek OUT V2 montraient un appareil dont le châssis présente des formes précises découpées au scalpel le résultat de l’imprimante 3D est loin d’être aussi bon. Les formes sont plus grossières et les sérigraphies en relief manquent de netteté et de lisibilité. Au toucher ce n’est pas top. Si un métal offre un touché franc et incisif la résine donne une sensation de plastique ordinaire. De plus, si le Geek OUT V2 a été « imprimé » récemment la résine dégage une forte odeur de solvant. Rassurez-vous, cette odeur disparaît totalement après quelques jours du moment que le Geek OUT V2 est exposé à l’air libre. En toute franchise ce châssis en résine n’est pas une catastrophe, ce n’est pas ce que j’ai vu de pire, mais j’ai facilement vu mieux. En tout état de cause, on achète un appareil hifi pour l’écouter et non pour le regarder et vous pouvez vous rassurer, le Geek OUT V2 Infinity sonne remarquablement bien. D’ailleurs d’après Gavin Fish (co-fondateur de LH Labs) les chinois disent du V2 « le vilain petit canard, mais une fois branché il s’agit d’un véritable cygne ». Je trouve que c’est joliment dit et c’est tout à fait ça !

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Les écoutes viendront un peu plus tard, continuons notre analyse technique du Geek OUT V2 Infinity. L’appareil est très simple d’aspect, il propose deux sorties casques jack 3,5mm dont une symétrique couverte par un bouchon en caoutchouc rouge pour éviter toute erreur de branchement. Cette sortie symétrique s’utilisera exclusivement avec des casques symétriques. LH Labs indique aussi qu’il ne faut pas connecter simultanément ces deux sorties, d’où l’importance du bouchon qui couvre la sortie symétrique. Seulement deux touches permettent le contrôle du Geek OUT V2 Infinity. Ces touches sont rattachées à des voyants LED donnant l’état de sélection des fonctions du V2. La touche la plus proche du connecteur USB sert à sélectionner l’un des trois gains de sortie disponible. Cette sélection de gain permettra de faire fonctionner au mieux le Geek OUT V2 avec le casque sur lequel il est connecté. Des LED changent la couleur d’éclairage du voyant et indique alors la puissance de sortie (gain) sélectionnée.

  • LED blanche : 100 mW @ 16 Ohm
  • LED blanche et bleue : 450 mW @ 16 Ohm (gain spécifique de la version Infinity)
  • LED bleue : 1000 mW @ 16 Ohm

L’autre touche servira à sélectionner l’un des trois filtres numériques qui permettent d’optimiser le mode de fonctionnement de la section DAC du Geek OUT V2 Infinity. À nouveau le voyant LED indiquera le mode sélectionné par une couleur spécifique.

  • LED bleue : filtre numérique TCM (Time Coherence Mode). Il s’agit d’un filtre à phase minimal combiné à un algorithme d’optimisation temporelle qui a pour but de supprimer l’artefact d’irrégularité du signal numérique (pre-ringing / écrêtage) et réajuste la réponse impulsionnelle. Ce filtre permet d’obtenir une image sonore plus naturelle et précise.
  • LED verte : filtre numérique FRM (Frequency response Mode). Il s’agit d’un filtre linéaire à roll-off lent combiné à un algorithme d’optimisation de réponse en fréquence. Ce filtre permet d’obtenir une écoute plus douce et claire et permet d’améliorer la distorsion harmonique dans les hautes fréquences.
  • LED rouge : filtre numérique SSM (Stable Streaming Mode). Ce filtre est spécifique au Geek Out V2 Infinity. Il permet d’optimiser les écoutes issues des sites de streaming comme Qobuz, Spotify ou Tidal.

Une dernière rangée de voyants LED indique le type de signal audio reçu par le Geek OUT V2. Ces LED permettront de savoir quel type d’échantillonnage est décodé par le Geek Out V2 et s’il s’agit d’un flux PCM ou DSD.

Caractéristiques techniques :

  • DAC USB PCM 32/384 et DSD 64/128
  • Convertisseur ESS Sabre 9018 AQ2M
  • Processeur XMOS
  • Ampli OP TI TPA6120A2
  • Triple tampon de données breveté
  • 3 filtres numériques (phase minimale et lent)
  • Trois puissances de sortie possibles sous 16 ohm (1 W, 450 mW et 100 mW)
  • Châssis en résine
  • Fréquences d’échantillonnage supportées
    • PCM : 44,1 / 48 / 88,2 / 96 / 176,4 / 192 / 352,8 et 384 kHz
    • DSD : 2,8 à 6,1 MHz
  • Codages : 1, 16, 24 et 32 bits
  • Réponse en fréquence : 2 Hz à 55 kHz
  • Puissance de sortie max. : 1 W sous 16 Ohms
  • Tension de sortie max : 4 Vrms
  • Impédance de sortie : 0,47 Ohms (asymétrique) et 0,95 Ohms (symétrique)
  • THD < 0,01 %
  • Rapport S/B : > 105 dB non pondéré
  • Connectique : 1x entrée micro-USB, 2x sorties casque mini-jack 3,5 mm
  • Dimensions (lxhxp) : 37,5 x 13 x 78 mm pour 34 g
  • Prix : 499€ TTC

Les liens utiles :

La construction, des composants de haut niveau :

Le geek Out V2 Infinity est construit sur la base d’une petite carte PCB double face majoritairement équipée de composants CMS et de composants à faible consommation faite pour les appareils portables. Cet objectif technique de portabilité n’implique pas une construction négligée, bien au contraire. LH Labs a sélectionné des composants affichant des performances de tout premier ordre. Le centre nerveux du Geek Out V2 Infinity gravite autour d’un contrôleur USB XMOS XS1-SU01A-FB96 pulsé par son horloge dédiée. Il s’agit d’un contrôleur très puissant sous architecture multicoeur RISC, de quoi subvenir très largement aux différents besoins du Geek out V2 Infinity. C’est ce contrôleur qui aura la charge de gérer les différents flux numériques et l’application des différents filtres numériques. L’étage numérique suivant concerne le DAC, ici un ESS SABRE9018AQ2M. Le SABRE9018AQ2M est la nouvelle version de DAC haut de gamme pour appareil portable de la marque. Il s’agit d’un DAC très performant qui a fait ces preuves et qui dispose de circuit de déduction de jitter et de filtres numériques sélectionnables.

Ce DAC se retrouve aussi dans des appareils résidentiels, d’ailleurs c’est cette référence qui a été retenue par LH Labs pour équiper également leurs appareils aux formats desktop. Afin d’optimiser le fonctionnement du DAC, LH Labs n’opte pas pour une horloge pulsant au maximum de fréquence admissible par le SABRE9018AQ2M pour en optimiser son fonctionnement au maxima de résolution. LH Labs préfère optimiser son fonctionnement et celui des flux numériques par deux horloges correspondant à la fréquence de base des quantifications 44.1 kHz ou 48 kHz. Enfin, les étages de sorties après conversion numérique analogique sont confiés à deux amplificateurs opérationnels à faible consommation dédiés à l’amplification casque. Il s’agit d’AOP Texas Instruments TPA6120A2 qui seront utilisé en polarisation classe A pour un meilleur rendu sonore et une meilleure maîtrise de la distorsion. Il n’y a que deux AOP dans le Geek Out V2 Infinity et comme ce DAC exploite une architecture symétrique, ce nombre suffit à une seule sortie. Ceci explique pourquoi à la différence du Geek Out première génération, le V2 ne peut alimenter qu’un seul casque à la fois.

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Une dernière note technique à propos du contrôle de volume du Geek Out V2. Comme il s’agit d’un appareil numérique très compact, le contrôle de volume est bien évidemment effectué dans le domaine numérique. Il y a quelques années ce type de contrôle de volume était assez mal vu. Un manque de résolution pénalisait la qualité du son. Nous nous rappelons des résultats très mitigés des premiers lecteurs de Bluray OPPO qui disposaient de ce genre d’option et dont le rendu à bas niveau était très moyen. D’autres appareils hifi comme des lecteurs de CD proposaient aussi ce genre « d’atténuateurs » numériques avec un résultat assez aléatoire d’un appareil à l’autre. Mais soyons clairs, ces défauts de jeunesse sont de l’histoire ancienne. La recrudescence des solutions toute numérique et des serveurs musicaux ont conduit à l’élaboration de contrôles de volume numérique ultra performant qui arrivent à dépasser les meilleures solutions analogiques en terme de précision et de stabilité. LH Labs exploite un contrôle de volume en 64 bits directement piloté par le driver ASIO. Ainsi, le logiciel Media Center, dans notre cas JRiver, va utiliser directement les routines de contrôle de volume du Geek Out V2 pour en tirer une performance optimale quelque soit le niveau d’écoute.

Les mesures RMAA du Geek Out

RMAA ou encore RightMark Audio Analyzer est notre logiciel de mesure nous permettant d’établir les performances techniques des appareils que nous testons. Si vous êtes des lecteurs assidus de HDfever vous connaissez déjà cet outil et vous savez qu’il s’agit malheureusement d’un logiciel très tributaire de l’environnement informatique dans lequel il est utilisé. C’est-à-dire que les mesures ne sont pas parfaitement absolues, mais qu’elles permettent de déterminer une échelle de comparaison entre appareils testés dans les mêmes conditions. Cependant, il existe des méthodes permettant de réduire les erreurs de mesures et de valoriser plus exactement les résultats. Afin de tester convenablement le Geek Out V2 Infinity j’ai opté pour une méthode complexe qui simule son usage au quotidien et qui permet par la même occasion de réduire les erreurs. Voici le protocole de test qui vous permettra de reproduire la même expérience chez vous, comme RMAA existe aussi en version gratuite et que mesurer les appareils audio est assez amusant pourquoi s’en priver ?

  • La source sera un PC portable équipé de JRiver, ce logiciel permettra d’utiliser le Geek Out V2 Infinity avec son driver ASIO sans passer par les couches logicielles Windows.
  • Les signaux de tests sont capturés directement sur RMAA. Ils correspondent aux quantifications et échantillonnages que l’on voudra tester.
  • Le PC de capture est équipé d’une carte Creative Sound Blaster ZxR, c’est sur ce PC que RMAA effectuera les mesures.
  • Le Geek Out V2 Infinity est relié au PC de capture par un câble jack 3,5mm vers double RCA connecté sur l’entrée AUX de la carte Sound Blaster ZxR.
  • La première étape consiste à lire le signal de calibrage à partir de JRiver qui servira à ajuster les niveaux afin d’arriver aux bonnes valeurs de capture.
  • Ensuite on peut lancer la procédure de mesure sur RMAA, puis la lecture sur JRiver du signal de test. RMAA doit aussi être configuré en accord avec le type de signal qu’il mesure.

La difficulté est donc de disposer de deux ordinateurs. Un ordinateur portable comme source utilisé sur sa batterie est préférable. La méthode classique consiste à utiliser RMAA en mode boucle sur un seul PC. Le logiciel gère alors presque tout et la procédure est plus simple et plus rapide. Toutefois, il peut arriver qu’il y est de grosses erreurs de mesure, Windows et la logique des transferts des flux de données dans un même ordinateur, peut réduire considérablement les valeurs des mesures. Ces mesures ne sont plus illustratives des performances des appareils, car la limite de RMAA est aussi liée à la performance de la carte de capture et la performance de l’ordinateur sur lequel il est installé (hardware et OS). Si vous souhaitez utiliser RMAA il vous faudra tant que ce peut séparer la source du PC de capture. Téléchargez et utilisez gratuitement RMAA ici : http://audio.rightmark.org/index_new.shtml

Si vous souhaitez vous essayer à la version professionnelle et profiter de ses fonctions supplémentaires, il vous en coûtera environ 25€ seulement ! Alors, n’hésitez pas !

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Performances du Geek Out V2 Infinity sur signal numérique 16 bits 44.1 kHz

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Le Geek Out V2 Infinity ne montre pas de difficultés à décoder ce type signal issu du CD Redbook. Nous observons une réponse en fréquence régulière affichant un très léger roll-off à partir de 10 kHz avec seulement -0,25 dB d’atténuation mourant à 20 kHz là où se trouve la coupure de la bande passante. Les deux canaux affichent une très légère différence qui n’atteinte pas 0,1 dB de moyenne sur tout le spectre. Dans l’ensemble nous avons d’excellents scores typiques des meilleurs DAC confrontés à ce type de signal. La performance de distorsion harmonique totale se distingue des mesures par un score excellent qui confirme la qualité de construction du Geek Out V2 Infinity.

La Diaphonie Stéréo n’est pas parfaitement plane, la mesure indique une montée (donc une perte de performance) à mesure que l’on avance vers les hautes fréquences. Toutefois, les extrêmes ne dépassent pas 8 dB de différence et surtout la pente est assez linéaire. Par contre, le Geek Out V2 Infinity compense en réduisant les écarts entre les deux canaux à mesure que l’on s’approche des hautes fréquences pour arriver à une cohésion quasi parfaite à partir de 4 kHz. Nous pouvons donc nous attendre à une très belle image sonore équilibrée et précise.

Performances du Geek Out V2 Infinity sur signal numérique 24 bits 44.1 kHz

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La réponse en fréquence reste relativement similaire, car l’échantillonnage de 44,1 kHz montre toujours les mêmes limites. Les autres mesures démontrent l’aisance du DAC du Geek Out V2 Infinity sur les flux numériques haute résolution. La distorsion harmonique aura une moyenne de performance plus élevée, mais le score final est aussi pénalisé par des pics parasites plus présents et de valeurs plus importantes qu’en 16 bits 44.1 kHz. Ce problème est assez fréquent, il est rattaché aux limitations des circuits d’auto-alimentation des prises USB qui présentent en général un niveau de bruit plus ou moins important et rarement négligeable. La version V2+ du Geek Out fonctionne sur batterie, il est fort possible que dans ce cas cette mesure donne de meilleurs résultats. Toutefois, il convient de pondérer cette observation, car dans l’absolu la performance est très bonne.

La diaphonie stéréo gagne non seulement en performance moyenne, mais aussi en régularité. Seules les mesures sous 100 Hz démontrent un déséquilibre de tendance de la courbe et une variation significative de valeur entre les deux canaux. Sous 100 Hz ce défaut n’entachera pas la cohérence de l’image sonore.

Performances du Geek Out V2 Infinity sur signal numérique 24 bits 48 kHz

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Le fonctionnement sur un signal 24 bits 48 kHz permet au Geek Out V2 Infinity d’accroître quelque peu la bande passante de la réponse en fréquence d’environ 2 kHz. La diaphonie stéréo gagne en régularité et affiche alors une performance encore meilleure. La tendance des autres mesures reste inchangée. L’échantillonnage de 48 kHz profite donc au DAC ESS qui équipe le Geek Out V2.

Performances du Geek Out V2 Infinity sur signal numérique 24 bits 96 kHz

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Avec un signal 24 bits 96 kHz, donc présentant un sur-échantillonnage, c’est surtout la bande passante de la réponse en fréquence qui y gagne. En effet RMAA mesure alors une bande passante allant jusqu’à 45 kHz et dont le roll-off progressif ne montre qu’une très légère pente mourant à seulement – 1,5 dB.

Mesures du DSD64 et comparaison de l’efficience des filtres numériques TCM contre FRM :

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Le tableau de synthèse des différentes mesures nous renvoie globalement aux scores les plus élevés que nous avons obtenus avec des signaux numériques PCM. LH Labs nous indique que le filtre FRM à vocation à réduire la distorsion harmonique et le bruit se situant dans les hautes fréquences. Le FRM serait donc avantageux sur la lecture des fichiers DSD, car le format Super Audio CD a tendance à être pénalisé dans ce domaine du registre. Paradoxe assez cocasse, car le DSD fut le premier format audio disponible au grand public permettant d’exploiter l’audio sur des bandes passantes plus vastes. Nous notons une amélioration de la mesure de la Distorsion Harmonique plus Bruit, qui passe de 0,0023% à 0,0017%. De même, la Distorsion d’Intermodulation s’améliore de 0.0003%. Regardons plus en détail les graphiques FFT.

Réponse en fréquence

Réponse en fréquence

Nous constatons une large réponse en fréquence qui termine sa course à environ 45 kHz avec un roll-off de -4 dB en fin de courbe. Le départ du roll-off est très léger à partir de 8 kHz avec une atténuation de -0,7 dB à 20 kHz. Rien qui ne peut entacher la précision du signal audible. Ce roll-off est toutefois plus accentué qu’avec les signaux PCM.

Niveau de Bruit

Niveau de Bruit

Le Niveau de Bruit mesuré avec les deux filtres indique une valeur relativement similaire. La performance est moins bonne qu’en PCM, cela s’explique par la bosse typique que l’on mesure sur les signaux numériques au format 1 bits DSD. Cette bosse entame son ascension tard sur 18 kHz, elle ne sera donc pas audible mais aura un impacte sur les autres valeurs mesurées. La valeur moyenne reste très bonne malgré une perte de quelques décibels par rapport aux meilleures mesures obtenues sur un signal PCM.

Plage de Dynamique

Plage de Dynamique

La Plage de Dynamique subit le même impact que le Niveau de Bruit. La bosse se comporte de la même manière et aux mêmes valeurs.

THD+N

THD+N

À nouveau le graphique FFT fait apparaître la bosse typique du DSD. Toutefois, le filtre numérique FRM se distingue du TCM en réduisant le pourcentage de distorsion pourtant déjà très bas. Une observation plus précise de la courbe mesurée permet de constater que la distorsion affiche de meilleurs score déjà à partir de 1,5 kHz. L’observation corrobore avec celle des mesures faites sur les signaux PCM. Les filtres numériques du Geek out V2 Infinity sont donc fonctionnels et efficients aussi bien sur le DSD que le PCM.

Distorsion d'Intermodulation

Distorsion d’Intermodulation

La bosse est toujours identique aux autres mesures. Le filtre FRM permet d’améliorer quelque peu le score pour afficher une meilleure moyenne de 0,0003%. Une observation plus précise de la courbe démontrera que le filtre FRM agit à partir de 1,5 kHz.

Diaphonie Stéréo

Diaphonie Stéréo

Les courbes indiquent une bonne régularité jusqu’à 20 kHz. La bosse se constate à partir de 20 kHz, son incidence ne sera donc pas audible sur la cohérence de la scène sonore et de la spatialisation. Ici les filtres numériques n’ont pas d’incidence. Les rapports des mesures RMAA démontrent donc que le Geek Out V2 Infinity se place sur un pied d’égalité avec les meilleurs DAC grand format du marché. La seule donnée en retrait relative à la distorsion harmonique totale sur de forts échantillonnages, s’explique par le mode d’alimentation par USB utilisé par le Geek Out V2.

Dans ce cas le bon fonctionnement du DAC est tributaire de la qualité des circuits d’auto-alimentation dont dispose la source sur laquelle le Geek Out V2 est branché. Il est fort probable qu’avec un appareil source disposant de meilleurs circuits cette caractéristique montrerait de meilleures mesures. Dans tous les cas, les scores sont très bons voir excellents. D’ailleurs dans la faune des DAC amplificateurs casque au prix du Geek Out V2 infinity, il est assez fréquent de constater des performances moins bonnes qui se vérifient aussi aux mesures RMAA.

Comparaison des filtres numériques du Geek Out V2 Infinity :

Afin de comparer l’incidence des filtres numériques du Geek Out V2 Intinity j’ai opté pour un signal 24 bits 48 kHz. En effet, ce signal est celui que l’on rencontrera le plus souvent dans le monde de la musique dématérialisée et d’après les mesures du banc d’essai précédent, nous sommes déjà confrontés à une résolution numérique qui permet d’optimiser le mode de fonctionnement du DAC qui équipe le Geek Out V2 Infinity.

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Le tableau de synthèse nous indique déjà une différenciation du filtre FRM. LH Labs indique que ce filtre a pour vocation de réduire la distorsion des hautes fréquences et effectivement nous constatons déjà une incidence sur la valeur moyenne qui passe à 0,0018% contre 0,0024% pour les autres filtres.

Réponse en fréquence

Réponse en fréquence

La réponse en fréquence du Geek Out V2 Infinity est identique quelque soit le filtre numérique que l’on va employer. C’est un point important, car il ne faudrait pas qu’un filtre n’agisse ni sur la bande passante ni sur la régularité de la réponse en fréquence ce qui aurait pour effet de corrompre l’équilibre musical et la fidélité de reproduction du signal.

Niveau de bruit

Niveau de bruit

Le filtre SSM se distingue de ses cousins. Si le niveau de bruit moyen est identique, il faut se rapprocher du travail effectué sur les hautes fréquences. En effet au-delà des 1,5 kHz, la courbe du filtre SSM se place sous les courbes des filtres cousins. Cette légère distinction dans la maîtrise du bruit s’explique aussi par la vocation d’alignement temporel du filtre SSM.

Gamme dynamique

Gamme dynamique

Le graphique FFT nous permet de préciser le gain de dynamique du filtre FRM mis en avant dans le tableau de synthèse. En effet le filtre FRM affiche une dynamique un peu plus performante de quelques décibels sur toutes les gammes de fréquences avec un quota optimisé sur les hautes fréquences à partir de 3 kHz.

Distorsion Harmonique + Bruit

Distorsion Harmonique + Bruit

Cette mesure permet de corroborer avec les analyses précédentes. Ici le filtre FRM se distingue à nouveau avec un gain de performance de mesure constaté sur les hautes fréquences. Cette observation confirme surtout l’observation du graphique FFT précédent, car si la dynamique gagne en performance la distorsion doit aussi afficher les mêmes gains, ses deux caractéristiques étant étroitement liées. L’incidence du filtre FRM correspond bien à sa finalité, à savoir réduire la distorsion harmonique des hautes fréquences et donc d’obtenir un rendu sonore plus intelligible et naturel.

Distorsion d'Intermodulation

Distorsion d’Intermodulation

Les mesures de distorsion d’intermodulation ne révèlent rien de particulier pouvant distinguer l’incidence du choix d’un des trois filtres numériques.

Diaphonie stéréo

Diaphonie stéréo

La diaphonie stéréo ne révèle rien de particulier. Les trois courbes sont très proches et coïncident bien tout au long du spectre. Nous observons une légère différenciation de la courbe du filtre TCM sous les 28 Hz, mais je pense qu’il s’agit d’une erreur de répétitivité des mesures et non d’une réelle variation.
Les mesures des différents filtres du Geek Out V2 Infinity démontrent leur bonne intégration. Les filtres ne sont pas intrusifs et agissent sur les éléments du signal qui correspondent à leur finalité. Les écoutes nous permettront de compléter cette conclusion à partir d’éléments plus subjectifs.

La playlist utilisée pour réaliser les écoutes

David Bowie, Blackstart, provenance Qobuz, 24 bits 96 kHz.gov2iplay01

« Les rumeurs allaient bon train : hibernation définitive voire même maladie incurable et puis non, David Bowie a fait un flamboyant comeback, en 2013, avec l’album The Next Day. A peine le temps de totalement digérer ce disque que Ziggy remet déjà le couvert avec ce fascinant Blackstar, son 25e album studio qu’il publie le jour même de son 69e anniversaire ! ». Source Qobuz

Julian Müller, Blue Coast Records Special Event 32, provenance Blue Coast Records, DSD128.gov2iplay02

Julian Müller est un musicien compositeur interprète qui a fait ses armes auprès de Quiles and Cloud, également produit par Blue Coast Records. Müller combine mélodies intimes et rythmes contemporains et nous livre un album « Acoustipop » live enregistré en pur DSD64 puis remixé en DSD128. Source Blue Coast Records

Marilyn Manson, Pale Emperor, provenance Qobuz, 24 bits 44.1 kHzgov2iplay03

« Manson change de cap. A presque cinquante ans, le chanteur redoutable met de côté les cris et la brutalité musicale pour des titres parfois étrangement groovy. Mais que les fans de la première heure ne s’inquiètent pas, il reste au moins Deep Six, un métal un peu lugubre, et Slaves Only Dream To Be King, un rock lourd et menaçant. Co-écrit avec Tyler Bates, The Pale Emperor prend des airs cinématographiques et laisse une place à la mélodie, … « . Source Qobuz

Erik Mongrain, Equilibrium, provenance CD BlueSpec, 16 bits 44.1 kHzgov2iplay04

Un album acoustique aux rythmes variés et dont la qualité et la précision de l’enregistrement démontre que le 16 bits 44.1 kHz a toujours du potentiel. Le secret, un mixage exemplaire et un transfert avec un minimum de compression sur un support optique de qualité.

Roger Waters, The Wall – The Soundtrack From A Film By Roger Waters, provenance Qobuz, 24 bits 48 kHzgov2iplay05

« Voilà l’album de l’enregistrement de la tournée The Wall Live 2010-2013 qui s’est déroulée à guichets fermés. Cette série de concerts donnés par Roger Waters est la première interprétation complète de l’album concept de Pink Floyd depuis 1990. Mélangeant performance scénique rock musclée et message fort de paix et de compassion, … « . Source Qobuz

Mark Knopfler, Privateering, provenance Qobuz, 24 bits 96 kHzgov2iplay06

« Depuis son départ de Dire Straits, Mark Knopfler a parsemé sa carrière de solo de malines compositions mélangeant blues/rock anglais et éléments de folk et de country avec une aisance déconcertante. Il récidive en 2012 avec Privateering, son septième disque en solitaire et sûrement son plus ambitieux à ce jour ». Source Qobuz

Dire Straits, Brothers in Arms, provenance Super Audio CD, DSD64gov2iplay07

Album mythique du célèbre groupe qui a lancé Mark Knopfler. Cet album a connu de nombreuses rééditions et c’est certainement celles sur support Super Audio CD qui bénéficient du meilleur remixage et du meilleur transfert. A écouter et ré-écouter sans modérations.

David Elias, Crossing, provenance Sketti Sandwich – Productions, DSD64gov2iplay08

David Elias est un artiste indépendant singulièrement à part. Il fait parti des pionniers adoptant l’enregistrement et le mixage de musiques en DSD, le format numérique du Super Audio CD. Son implication dans le processus de la création d’une musique le pousse à adopter une position à multiple talents touchant ainsi toutes les étapes de la création d’un album allant de la composition au mixage final de ses chansons. David Elias est aussi un partenaire d’OPPO, vous pouvez télécharger gratuitement une sélection de ses des chansons ici :

Les écoutes aux casques avec le  Geek OUT V2 Infinity

Afin de réaliser les écoutes aux casques de ce test, j’ai opté pour le PC portable Toshiba ordinaire que j’utilise régulièrement et JRiver comme logiciel de streaming musical. Les musiques sont stockées sur un NAS, le tout connecté en réseau filaire. Cette configuration « source » est identique au protocole de mesure RMAA que j’ai utilisé pour ce test. Nous restons donc dans le même environnement matériel afin de faire coïncider les conclusions des mesures avec les observations subjectives des écoutes. Comme nous l’avons vu dans son analyse technique, le Geek Out V2 Infinity dispose de trois niveaux de gain qui correspondent à ses puissances d’amplification.

Le gain 100 mW pour 16 ohms est destiné aux petits casques et aux intra-auriculaires. Ce gain peut aussi convenir aux casques ayant une forte sensibilité et une impédance basse comme les casques Final Audio Design SONOROUS. Le gain 450 mW pour 16 ohms est un mode exclusif de la version Infinity du Geek out V2. Ce mode intermédiaire vise les casques de taille moyenne, surpra-aural ou circum-aural. Le dernier gain de 1000 mW pour 16 ohms est le gain le plus élevé disponible sur le Geek out V2. Il s’agit d’un score très impressionnant compte tenu de la taille de ce micro DAC ampli casque. Il est déjà rare d’avoir une telle puissance d’amplification sur un DAP de taille plus imposante et mêmes certains appareils hifis disposant d’une sortie casque additionnel n’arrivent pas toujours à cette performance. Ce mode est dédié aux plus gros casques et aux casques difficiles à alimenter. Par chance, le test du Geek Out V2 Infinity coïncide avec des tests en cours dédiés aux casques Final Audio Design SONOROUS VI et SONOROUS X. Nous allons donc pouvoir tester le Geek Out V2 Infinity dans de nombreuses configurations.

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Les écoutes sur Final Audio Design SONOROUS X

Si vous avez lu mon test du Final Audio Design SONOROUS X vous savez déjà qu’il s’agit du fleuron de la marque. Au sein de l’écosystème très complexe des casques, le SONOROUS X impose une conception novatrice qui lui confère de nombreux avantages : sonorité exemplaire, équilibrée et incroyablement naturelle. Une neutralité qui soutient l’exactitude de la musique sans tronquer le rendu. Une image sonore remarquable, une efficience surprenante et une dynamique redoutablement bien maîtrisée, exécutée avec un juste dosage affirmant les micro-détails et le réalisme, en s’abrogeant de toute pointe d’acidité dans la restitution. La gamme Pandora Hope dont sont issu les SONOROUS table en premier lieu sur la facilité d’amplification pour livrer des casques polyvalents capables d’être utilisé aussi bien sur un amplificateur casque de gros calibre que sur un dispositif nomade.

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Le Geek Out V2 Infinity devrait donc être un bon partenaire. Aux premières écoutes je paramètre le Geek out V2 sur son gain le plus faible. Avec le SONOROUS X je ne passerai pas aux gains plus élevés, car cela ne sera pas du tout nécessaire. Je me surprends même à baisser le contrôle de volume piloté par JRiver pour ajuster le niveau d’écoute à mes habitudes. Le Geek Out V2 fort de sa polarisation intégralement en classe A délivre donc déjà 100 mW bien charpentés et diablement efficaces. En tout cas, le SONOROUS X s’exprime déjà sur son plein potentiel et offre une écoute aussi vivante et aérée qu’avec un amplificateur casque de plus gros gabarit comme l’OPPO HA-1. Une situation qui illustre bien que la logique des prix des appareils hifi n’a absolument pas de logique associative. En effet, notre petit Geek Out V2 Infinity à 499€ se jumelle sans honte avec un casque coûtant la bagatelle de 4599€ ! Un écart de prix qui brise toute logique de gamme équivalente et pourtant le SONOROUS X est manifestement radieux dans cette association. Certes il faut ajouter à l’équation un support numérique comme un ordinateur ou une tablette ainsi qu’un logiciel de streaming musical ce qui gonfle un peu la note. Mais dans notre banc d’essai, mon pauvre Toshiba Tecra M10-13 dont j’ai simplement monté la RAM à 8 Go et remplacé le disque dur par un SSD ne vaudrait pas grand-chose sur le marché de l’occasion. Son équivalent neuf ne serait pas un investissement très élevé.

Les écoutes sur Final Audio Design SONOROUS VI

Le Final Audio Design SONOROUS VI est une version moins élaborée et moins luxueuse du SONOROUS X avec un prix beaucoup plus doux de 649,99€. Le SONOROUS VI sera bientôt testé dans nos pages. Je ne vais pas vous gâcher la surprise en vous dévoilant les détails concernant le SONOROUS VI, je vais donc me concentrer uniquement son mariage avec le Geek Out V2 Infinity. Comparé au SONOROUS X, le VI présente une impédance de fonctionnement ultra faible de 8 ohm, toutefois sa sensibilité est revue à la hausse. Étonnamment le SONOROUS VI demande au Geek Out V2 Infinity un autre mode de fonctionnement. Le gain 100 mW marche toujours, mais ne permet pas au casque de délivrer sa sonorité optimale et c’est là que le gain 450 mW se révèle utile. Le nivellement du volume demandera de baisser encore un peu ce qui n’est pas un problème compte tenu de la nature du contrôle de volume du Geek Out V2 Infinity. Au bon équilibre le SONOROUS VI retrouve toute sa virtuosité. Un petit SONOROUS qui hérite des prouesses techniques très ingénieuses de ses grands frères. Je décide alors d’essayer le gain élevé de 1000 mW pour retourner sans tarder au gain précédent. En effet en sortie 1000 mW la dynamique affiche un gain conséquent et la sensibilité élevée du SONOROUS VI devient alors un désavantage. Une nouvelle baisse de volume permet de réajuster sans pour autant atteindre le juste équilibre que j’avais atteint avec le gain 450 mW.

Première conclusion, le Geek Out V2 Infinity se distingue de la version standard par un étage de sortie analogique plus performant affichant une distorsion harmonique encore meilleure. Mais la distinction d’efficience la plus remarquable réside dans le gain intermédiaire 450 mW qui permet alors une plus vaste compatibilité avec les casques du marché. L’exemple opposant le SONOROUS X et le SONOROUS VI le démontre sans ambiguïtés. Deux casques issus de la même fabrique, partageant un ADN semblable mais dont les trais de faux jumeaux se confirment non seulement par leurs spécifications et surtout par leur mode d’écoute optimale. Avec un Geek Out V2 Infinity il n’est pas nécessaire de s’inquiéter de savoir si l’électronique sera adaptée au casque, il suffit de passer d’un gain à l’autre et de faire son choix lorsque l’écoute est alors optimale.

Les écoutes sur Fostex TH-900

Le Fostex TH-900 est le premier casque hifi haut de gamme testé sur nos pages. Si ce n’est pas encore fait, je vous invite à lire son test qui vous permettra de situer la sonorité de cet excellent casque. Le Fostex TH-900 est un casque affichant une impédance de fonctionnement de 25 ohm soutenu par une sensibilité assez élevée. Mais il ne faut pas s’y tromper, le Fostex TH-900 n’est pas un casque si simple à amplifier. À titre de comparaison les casques Pandora Hope SONOROUS utilisent un ensemble de technologies propriétaires appliquées à un transducteur plus classique de type membrane en titane. Cette méthode permet de construire des casques présentant des rendements exceptionnels complétés par une efficience de tout premier ordre. Pour le dire autrement, pas besoin d’amplification monstrueuse pour les faire marcher. Le Fostex TH-900 est également un casque à transducteur électro-dynamique mais sans particularités propriétaires en dehors de la nature du matériau employé dans la construction des diaphragmes de ses haut-parleurs. L’efficience de l’énergie est confiée à un système de gestion de flux magnétique à base de néodyme de 1,5 Tesla. Nous avons alors un casque capable d’afficher de forts rendements à condition de disposer du bon amplificateur.

Le Geek Out V2 Infinity ne montre aucune difficulté pour faire bouger le Fostex TH-900 au maximum de son rendement. Dans ce cas, les trois gains sont envisageables. 100 mW demanderont de monter le volume d’écoute presque au maximum, 450 mW présentent le meilleur compromis et rejoins une mise en condition semblable à celle du SONOROUS VI et le dernier gain 1000 mW demande une baisse de volume assez conséquente. À nouveau la version Infinity du Geek Out V2 affirme son avantage. Disposer d’un gain de puissance intermédiaire de 450 mW permet d’assurer le côté universel du Geek Out V2 Infinity.

Notez que pour brancher le TH-900 au Geek Out V2 il faudra aussi ajouter un adaptateur jack stéréo 6,35 mm vers jack stéréo 3,5 mm. L’ajout de cet adaptateur additionné au poids de la jack 6,35 mm massive du Fostex a pour conséquence de provoquer une légère torsion au niveau du connecteur USB. Je vous recommande plutôt d’opter pour un câble adaptateur, ainsi seule une prise jack 3,5 mm sera branchée directement au Geek Out V2 évitant ce poids un peu élevé qui tend à forcer sur la prise USB.

Les écoutes sur OPPO PM-1

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Le casque OPPO PM-1 est un autre casque que nous avons chroniqué sur HDfever. Il s’agit d’un casque délibérément polyvalent fait aussi bien pour un usage résidentiel que pour un usage nomade. D’ailleurs, OPPO livre plusieurs câbles de connexion avec ce casque, dont un câble spécialement étudié pour un usage nomade sur DAP ou DAC portable. D’autre part, le PM-1 dispose de nombreux coussinets permettant de moduler son rendu sonore. J’utiliserai le PM-1 avec ses coussinets simili velours modifiés (vous trouverez un tutoriel sur nos pages) et son câble mini jack 3,5 mm.

La technologie du PM-1 est un peu différente des autres casques que nous avons utilisés jusqu’à présent dans ce test. Le PM-1 est un casque ortho-dynamique circum-aural certes, mais son transducteur est de nature Planar Magnetic. C’est-à-dire que le diaphragme sera piloté par un réseau d’aimant disposé sur ses deux faces. Le système génère alors des forces attractives et répulsives sur la surface de la membrane limitant considérablement la distorsion de surface que l’on constate sur les systèmes électro-dynamiques classiques. Le PM-1 est donc un casque de 32 ohms avec une sensibilité de 102 dB pour 1 mW.

Sur le Geek Out V2 Infinity le résultat est assez étonnant. Je commence par des écoutes sur le gain de 100 mW, sans surprises il faut monter le volume d’écoute, mais à aucun moment le PM-1 semble pénalisé, ni le Geek Out V2 Infinity d’ailleurs. J’essaie en 450 mW, ce gain m’oblige à baisser le volume et lorsque le bon niveau est ajusté le PM-1 retrouve sa musicalité et son équilibre. Vu que pour l’instant tout va bien autant continuer et passer sur 1000 mW ! Il faudra encore baisser le niveau du volume numérique et à nouveau lorsque la bonne position est atteinte le PM-1 marche à la perfection. Avantage de la technologie Planar Magnetic ? Conception parfaitement polyvalente du PM-1 ? Je ne saurai cibler exactement les raisons de ce constat. Dans tous les cas le Geek Out V2 Infinity et l’OPPO PM-1 s’entendent à merveille et forment un couple qui réalise une performance musicale de très haut niveau. Non pas que les SONOROUS et le Fostex soient en retrait, chaque casque conserve sa personnalité et ses attributs musicaux, mais l’OPPO semble un partenaire idéal ne demandant pas une quelconque recherche de l’ajustement parfait. Sur le Geek Out V2 Infinity tous les niveaux de gains sont parfaitement fonctionnels. Je retiendrai donc le PM-1 comme partenaire des analyses d’écoutes caractérisant surtout la signature sonore du Geek Out V2 Infinity.

Les écoutes sur Sennheiser HD 800

Passons à un casque ayant une impédance plus ardue, le Sennheiser HD 800 et ses 300 ohms. Le HD 800 est un casque circum-aural ouvert tablant principalement sur la neutralité et dont la destination d’usage est purement résidentielle. Le HD 800 n’est pas encore testé dans nos pages, mais un compte rendu est prévu. Le HD 800 présente la même contrainte que le Fostex TH-900, le câble de ce casque est équipé d’une jack 6,35 mm massive ce qui impose un adaptateur jack réducteur de taille. Nous avons alors le même problème de torsion sur la prise USB connectée à l’ordinateur. Il est donc préférable d’opter pour un câble adaptateur et non pour une prise adaptateur.

Comment le petit Geek Out V2 Infinity va-t-il s’en sortir avec un casque résolument fait pour être utilisé sur des amplificateurs généreux affichant des mensurations loin des dimensions lilliputiennes qui caractérisent le micro DAC de ce banc d’essai ? 100 mW sous 16 ohms… le HD 800 se montre hésitant et résolument prostré sur sa position. 450 mW, ça va mieux, mais ce n’est pas encore suffisant pour atteindre un bon niveau sans percevoir un début de saturation. Je passe donc assez rapidement sur 1000 mW et là ce n’est plus la même chanson ! le HD 800 s’exprime enfin avec un rendement plus que satisfaisant sans devoir atteindre un ajustement du contrôle de volume trop élevé. Bien ajusté, le Geek Out V2 arrive à alimenter sans problème un casque plus complexe et plus exigeant en demande de puissance comme le HD 800. Déjà à ce stade la performance est remarquable. Le Geek Out V2 Infinity est minuscule et fait figure de poids plume, d’ailleurs il ne totalise même pas les 40g. Savoir que ce « petit microbe » se place côte à côte avec des amplificateurs pour casques cent fois plus massifs laisse songeur.

Les écoutes sur Beyerdynamic T-1 gen 2 :

Passer le cap des 300 ohm est déjà un exploit pour un si petit appareil, mais tant que nous y sommes et puisque nous disposons de ce qu’il faut, allons jusqu’au bout de l’expérience pour conclure sur une mise à l’épreuve calée sur l’extrême des 600 ohm. Le Beyerdynamic T-1 gen 2 fera l’objet d’un prochain test, vous aurez alors tous les détails sur cette nouvelle version du fleuron de la gamme hifi de la marque germanique.Ne tournons pas autour du pot, le Geek Out V2 Infinity s’en sort et étonnamment il ne s’en sort pas mal du tout. 100 mW ne seront pas suffisants, nous pouvions nous y attendre. 450 mW donnent une lueur d’espoir, mais le volume devra être placé à son maximum et ne laisse pas de marge. Il nous reste donc l’ultime possibilité du 1000 mW. Enfin un gain qui me conduit à baisser le volume d’écoute.

Seulement de quelques décibels certes, mais tout de même le Geek Out V2 Infinity laisse alors une petite marge de manoeuvre le rendant parfaitement fonctionnel avec le Beyerdynamic T-1 gen 2 et pourtant je peux vous assurer que ce casque n’est pas une sinécure. De nombreux amplificateurs se mettront à genoux, même un OPPO HA-1 devra dépasser le point milieux de son potard de volume et son gain se voir placé en mode haut. Sur le coup le Geek Out V2 Infinity m’étonne beaucoup et mérite une franche distinction, car même sans considération de sa taille, la performance est remarquable. Oui car en plus d’être fonctionnel, le Beyerdynamic T-1 gen 2 sonne rudement bien et délivre des basses et des percussions présentes, propres et suffisamment énergiques. Ce constat prouve que l’amplification classe A du Geek Out V2 Infinity a de la ressource et du répondant. Faire bouger un casque facile à alimenter n’a rien d’extraordinaire, le faire sonner comme il se doit est une obligation, l’exploiter de manière optimum est un impératif des électroniques haut de gamme. Mais faire bouger et sonner admirablement un casque de prime abord surdimensionné est un exploit !

La signature sonore du Geek Out V2 Infinity

Les mises à l’épreuve du Geek out V2 Infinity aux différents casques me conduisent à choisir l’OPPO PM-1 comme partenaire d’écoutes prolongées. Non pas qu’il soit meilleur que les autres sur le Geek Out V2 Infinity, mais sa large polyvalence permet un usage indifférent des trois étages de gain dont dispose le Geek Out. Le PM-1 n’est pas totalement neutre, mais il est déjà moins caractérisé que le TH-900. La configuration des coussinets modifiés permet aussi d’optimiser la restitution de la scène sonore. Le PM-1 ne pénalisera donc pas la prestation du Geek Out V2 Infinity. En avant-propos j’ai testé différents types d’enregistrements numériques afin de savoir si à l’oreille, le Geek Out V2 Infinty montrerait une faiblesse de décodage. Une conclusion négative serait étonnante compte tenu des mesures que nous avons obtenues avec RMAA. Toutefois, il peut arriver que de très bonnes mesures ne coïncident pas avec la qualité d’écoute. Soyons rassuré, le Geek Out V2 Infinity n’a pas démontré le moindre problème. Que le flux numérique soit du simple PCM 16 bits 44.1 kHz ou du 24 bits 96 kHz tout passe à merveille. Côté DSD le constat est le même, le Geek Out V2 Infinity décode sans accrocs le DSD64 et le DSD128. Seul le DSD256 est absent, dommage, car ce type de fichier audio dispose d’un potentiel musical hors du commun. D’un autre côté, les enregistrements en DSD256 sont encore très rares et ne sont jamais exclusifs. On peut donc trouver d’autres versions des mêmes morceaux en DSD ou en PCM.

Revenons sur le vif du sujet : la signature et le potentiel musical du Geek Out V2 Infinity. Une première synthèse à propos de sa capacité d’amplification me semble importante. Le Geek Out profite d’une polarisation intégralement en classe A. le résultat est immédiatement audible, car ce type de classe d’amplification permet une excellente maîtrise de la distorsion. En contrepartie, les rendements ne sont pas des meilleurs, cependant le Geek Out V2 peut tout de même délivrer jusqu’à 1000 mW sous 16 ohms, ce qui est plus que respectable dans l’absolu pour un amplificateur casque toutes catégories confondues. En considération de la taille du Geek Out V2, la performance est alors exceptionnelle surtout que les watts sont bien là. Etre capable de tenir un Beyerdynamic T-1 gen 2 n’est pas une mince affaire, car même de grosses électroniques peuvent rencontrer des difficultés. Que le tout petit Geek out V2 y arrive est une véritable prouesse. Côté amplification nous avons donc un dispositif performant, efficient qui n’a pas froid aux yeux et qui concurrence des électroniques aux dimensions incomparables.
A l’écoute la performance se confirme non seulement dans la tenue du spectre, mais aussi dans son exactitude. Disposer de puissance est une chose, mais faut-il encore la maîtriser et être capable de gérer le signal convenablement. Le Geek Out V2 Infinity est toujours aussi surprenant et délivre une restitution équilibrée dynamique et musicale à la fois, la signature des grandes électroniques en quelques sortes. Très clairement le Geek Out V2 Infinity réalise une très belle performance qui souligne aussi bien la présence des instruments que le naturel des voix. Avec ce micro DAC il est impossible de se tromper. Évidemment, il faut disposer d’un bon enregistrement et dans ce cas la restitution peut atteindre un niveau de réalisme époustouflant. Il s’agit d’ailleurs du genre de matériel qui pousse à rechercher une source de qualité et du contenu du même niveau. Le Geek Out V2 Infinity ne triche pas et permet de manière évidente de différencier les enregistrements pénalisés par une compression mal dosée avec une dynamique en retrait des transferts de qualité.

Au niveau de l’image sonore, la performance est tout aussi remarquable. Le facteur limitant sera induit par le casque et le mixage stéréophonique de l’enregistrement, mais à aucun moment le Geek Out V2 Infinity n’a montré de faiblesses. Capable de reproduire une image sonore parfaitement cohérente et une logique de spatialisation ultra réaliste, le Geek Out V2 Infinity s’est montré infaillible en toutes circonstances. Des mixages les plus intimistes aux essais plus ambitieux, le Geek Out V2 a été capable de reproduire à la perfection les effets stéréophoniques et a délivré une scène sonore ample et spacieuse. La neutralité du Geek Out V2 et sa redoutable efficacité de décodage sont à peine pondérées par une légère pointe de chaleur. C’est surtout le choix du filtre numérique qui permettra de moduler la subtilité de la signature d’écoute. Ce choix pourra se faire suivant les préférences personnelles ou encore la nature du signal numérique de l’enregistrement que l’on écoute.

Le jeu des filtres numériques du Geek Out V2 Infinity

Les filtres numériques du Geek Out V2 infinity poursuivent un but bien précis et s’appliquent suivant des cas de figures différents. Cependant libre à chacun de faire le choix qui lui convient en dehors des recommandations techniques. Les trois filtres disponibles ont un effet plutôt subtil sur la restitution de la musique et c’est tant mieux. En effet il ne s’agit pas de filtres trop intrusifs ni destructeurs, d’ailleurs les mesures RMAA ont démontré que ces filtres n’ont pas d’incidences significatives sur les index de performance.

Le filtre TCM est le filtre sélectionné par défaut au branchement du Geek Out V2 Infinity. Ce filtre a pour but de favoriser la restitution de la scène sonore et la précision des enregistrements. Il s’agit d’un filtre numérique assez classique qui se révèle surtout efficace sur les contenus de type PCM. Il conviendra aussi aux écoutes de morceaux complexes de type rock.

Le filtre FRM agit davantage sur le haut du spectre. Il en améliore la distorsion ce qui permet d’accentuer l’intelligibilité des écoutes. Ce filtre sera très efficace sur les morceaux analytiques et surtout sur la lecture des fichiers de type DSD. En effet le DSD a pour défaut d’afficher une pointe montante dans le haut du spectre, ce qui n’est pas aidé par les particularités des DAC de type delta sigma. Le filtre FRM se concentre sur cette partie du spectre et corrige l’effet un peu « montant » que l’on peut avoir sur des écoutes de Super Audio CD et de fichier DSD. Certains DAC appliquent automatique un filtre adapté, le Geek Out V2 offre la possibilité de faire le choix.

Le filtre SSM est recommandé pour les écoutes de musiques issues de stream en provenance d’un service en ligne comme Qobuz, Deezer ou encore Tidal. Ce filtre spécifique est toutefois opérationnel sur du contenu de qualité voire même du DSD. En effet, le SSM n’est pas destructeur, ce filtre travaille sur le calage temporel des flux. Bien entendu à partir d’une source résidentielle son action ne sera pas très significative et agira davantage comme un filtre à effet neutre ce qui offre tout de même une autre possibilité au TCM ou au FRM. En tout cas, l’usage du SSM n’est pas inintéressant et il se peut même qu’il soit préféré aux deux autres filtres. Dans le cadre de son usage privilégié, le filtre SSM se révèle très efficace. En effet sur un simple streaming le problème que l’on peut avoir vient de désynchronisations temporelles des flux ce qui est très pénalisant en numérique. Bien entendu le SSM ne va pas empêcher les pertes de réseaux ou les fluctuations des taux de débit. A l’essais et en comparaison avec le TCM ou le FRM, les musiques streamées gagnent en confort d’écoute, en équilibre et en tenu du spectre. J’avoue que le SSM se révèle très efficace et s’avère très pertinent dans son domaine d’utilisation privilégié.

Le Geek Out V2 Infinity peut aussi s’utiliser dans le cadre d’écoutes résidentielles. La mise en oeuvre sera identique aux écoutes aux casques, il faudra simplement disposer d’un ordinateur et d’un logiciel de streaming audiophile. A nouveau j’utiliserai mon petit PC portable Toshiba équipé de JRiver. L’environnement complémentaire fera intervenir mon processeur audio Denon AVP-A1HD Cinemike, mes blocs Modwright KWA150SE et mes enceintes Bowers & Wilkins 803D1. L’ensemble fonctionnera sur un courant secteur filtré par des appareils Isotek et Fidelity Audio. Les câbles secteurs seront d’origine Wireworld ou DIY utilisant des conducteurs en cuivre OCC et des prises plaquées rhodium en provenance de notre partenaire Audiophonics. La modulation XLR sera confiée à Real-Cable avec des XLR12165. Seul le câble reliant la sortie jack du Geek Out vers l’entrée RCA du Denon sera de qualité plus ordinaire. Bien entendu le PC Toshiba fonctionnera à nouveau sur batteries afin de réduire au maximum l’incidence de son alimentation.

La première chose à faire rejoint la phase introductive d’une utilisation casque, il faut trouver le bon gain qui permettra au système de fonctionner correctement. Dans une configuration résidentielle le contrôle de volume sera confié au pré-amplificateur de votre système. Par conséquent il est aussi recommandé d’ajuster le volume de sorti du Geek out au maximum. Si le logiciel de streaming audio que vous utilisez le permet, passer les modes de flux en by-pass.
Dans mon cas le gain idéal fût 1000 mW, c’est ce mode de sorti qui m’a permis d’obtenir la meilleure dynamique. Chez vous ce gain ne sera pas obligatoirement le mieux adapté, faites des essais avant de statuer sur le choix qui ira le mieux sur votre système.
Concernant les filtres numériques leur action est identique aux écoutes aux casques, de toutes façons il n’y a pas de raisons pour que leur impacte soit différent sur un système Hi-Fi grandeur nature.

Les écoutes sédentaires sur système grandeur nature

Allons droit au but, le Geek Out V2 Infinity est aussi un appareil excellent en écoute résidentielle. Son utilisation imposera la présence d’un ordinateur, il ne s’agit pas d’un appareil Hi-Fi classique à proprement dit. Toutefois à l’heure actuelle audiophile et informatique font bon ménage et à un stade ou à un autre d’un système basé sur la musique dématérialisée, l’usage d’un ordinateur sera inévitable. Vous avez donc forcément un ordinateur sous la main, bien évidemment un petit laptop sera le plus adapté à l’usage du Geek Out. Cependant on pourrait aussi imaginer le Geek Out V2 Infinity comme un complément à un ordinateur fixe qui nécessiterait l’ajout d’une bonne carte son.

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En tout cas lorsque le nécessaire aux écoutes est enfin en fonction certains critères associés aux matériels haut de gamme frappent immédiatement les tympans. En premier lieu, la dynamique et la clarté des timbres lorsque le gain du Geek Out est convenablement ajusté. Les écoutes aux casques ont mis en avant la forte capacité du Geek Out V2 Infinity à affirmer une bonne restitution des détails. Les écoutes résidentielles confirment cette observation et ont même tendance à la placer la barre encore plus haute. Les 803Di ne sont pas en reste dans le domaine de la précision et ce ne sont pas les KWA150SE qui pénaliseront les belles Britanniques. Le système en aval du Geek Out V2 Infinity est définitivement bon, ainsi tout va dépendre du petit DAC. En d’autres termes, ce banc d’essai ne triche pas au contraire les appareils périphériques ont intérêt à être à la hauteur. Ce laïus pour confirmer ma bonne surprise, car soyons franc, le Geek Out V2 Infinity étonne. Il s’agit d’un petit machin équipé de composants dédiés aux appareils portatifs et pourtant sa performance brille même sur un système de gros gabarit. Je serais même tenté de dire que la performance se dévoile davantage dans ces conditions. Pour aller plus loin dans l’analyse proprement dite du rendu sonore, en outre d’une dynamique exemplaire présente et ciselée, le Geek Out confirme sont exactitude et sa neutralité dans la restitution du spectre.

En effet, le Geek Out V2 Infinity se montre impartial et restitue le spectre sans tronquer le registre sonore. Nos mesures avaient mis en avant une réponse en fréquence équilibrée et linéaire ainsi qu’une diaphonie stable présentant une courbe régulière et relativement plane. Les écoutes tendent vers une conclusion similaire et en adéquation avec les observations faites à partir des mesures. D’ailleurs, la dynamique, la précision et l’intelligibilité naturelle des voix se confirment aussi par les mesures qui indiquent une très bonne maîtrise de la distorsion et un bruit planché de très bonne facture. Ce bruit est d’ailleurs très peu impacté par les pics résultants de l’alimentation USB. Retenez tout de même que l’usage de l’ordinateur source sur ses batteries est un élément décisif à ce niveau. Il n’est pas dit qu’en autres circonstances les mesures soient similaires, mais elles peuvent aussi être meilleures. Côté image sonore je n’ai pas trouvé à redire. Le Geek Out V2 Infinity offre une scène sonore ample et de larges amplitudes, cohérentes et ayant une bonne restitution des effets stéréophoniques. Pour le dire de manière plus synthétique, les écoutes du Geek Out V2 Infinity sur un gros système sont impressionnantes tant la qualité de la reproduction est bonne. Affirmé par un décodage précis et redoutable, maîtrisé par une bonne intégration et un environnement analogique conçu de manière rigoureuse et ingénieuse, le Geek Out ne sonne pas en proportion avec sa taille.

Conclusion

Peut-on faire de la Hi-Fi à partir d’un micro DAC ? Je ne sais pas si une généralisation serait pertinente, mais avec le Geek Out V2 Infinity la réponse est OUI sans hésitations. Aussi bien au niveau de sa performance que de ses possibilités, le Geek Out V2 Infinity est à comparer avec des produits de taille standard, voir certains ténors figurants comme des références du monde de la Hi-Fi. Bien entendu la mise en oeuvre de ce talentueux lilliputien nécessite un peu de travail et il sera impératif de configurer convenablement le logiciel de streaming audio et ses pilotes. La plateforme source sera elle aussi importante, en définitive nous sommes presque face aux mêmes impératifs qu’avec un DAC au format Hi-Fi : assurer une configuration conforme et adjoindre une source à la hauteur. L’usage résidentiel est pourtant accessoire avec le Geek Out V2 Infinity, mais il est impératif de souligner sa performance car dans ce cas ce micro DAC fait vraiment très fort.

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Expérience Audio - 5 étoilesLe Geek Out V2 Infinity est avant tout un dispositif numérique dédié aux écoutes aux casques. Dans ce domaine le Geek Out V2 Infinity n’a pas à rougir face à des appareils qui sembleraient plus performants et disposant de plus de ressources d’amplification. Ne vous y fiez pas, le Geek Out V2 Infinity va concurrencer sans aucuns problèmes des électroniques d’aspect plus classique, d’ailleurs faire sonner un Beyerdynamic T1 n’est pas donné à tout amplificateur casque qui seront nombreux s’y casseront les dents. Le Geek Out V2 Infinity est peut être proche de sa limite avec ce casque, mais il y arrive et vu sa taille de guêpe qui aurait parié sur que micro DAC puisse faire sonner les 600 ohms du Beyerdynamic ?

LH Labs signe une belle évolution de sa gamme Geek Out. Le Geek Out IEM100 était déjà surprenant, les V2 dépassent toutes nos espérances. Nous perdons la double sortie casque utilisable en simultané mais nous gagnons une architecture symétrique avec sa sortie dédiée. La version Infinity regroupe en un seul boitier toutes les saveurs d’amplifications qui composaient la gamme précédente. Les trois étages de gain constituent un avantage certain. Il est alors possible d’optimiser le fonctionnement du Geek Out V2 Infinity avec presque tous types de casques et de l’appairer avec plus d’efficacité lors d’un usage sur un gros système Hi-Fi. Les filtres numériques sont pertinents et efficaces sans être intrusifs ni destructeurs. La version Infinity du Geek Out V2 ajoute un filtre numérique supplémentaire SSM qui sera très utile durant les écoutes de musiques en streaming direct sur internet.

Le seul point négatif serait la finition en résine de son châssis. Mais vu les performances musicales du Geek Out V2 Infinity, il serait dommage de s’arrêter à ce détail. Notez que les Geek Out V2 série + fonctionnant sur batterie exploitent un châssis plus classique en aluminium, les petits défauts de l’impression 3D en résine ne sont pas un problème sur cette série.

Ce que j’ai aimé avec le Geek OUT V2 Infinity

  • La performance du décodage, précis et musical.
  • Les trois filtres numériques pour affiner les écoutes.
  • La large compatibilité avec les formats audio numérique, DSD inclus.
  • Les étages de gain, amplification polyvalente et performante en classe A.
  • Compatible avec un très large éventail de casques nomades comme résidentiels.
  • La performance sur un système grandeur nature.

Ce que j’aurai aimé avec le Geek OUT V2 Infinity

  • Plus d’accessoires
  • Un châssis plus qualitatif

15 commentaires

  1. avatar
    Fan2HD /

    Merci Jacko pour ce test très intéressant et surprenant à plus d’un titre! Notamment le fait qu’il arrive à driver correctement le HD800 et le T1 gen2.
    Ces 2 casques sont relativement peu cher mais nécessitent une amplification normalement très élaborée et coûteuse pour s’exprimer.
    C’est le revers de la médaille.

    PS: Le Oppo HA-1 à été concu pour fonctionner autour du potard au 3/4 donc ce n’est pas étonnant que tu ais besoin de le mettre presque a fond pour le T1 surtout pour ses 600 Ohms. Je ne sais pas si c’est dû au rendement de la typologie en class A mais c’est intéressant. En revanche le fait de mettre le gain sur High montre les limites du HA-1 sur ce type de casque vis à des références type Bryston etc.

  2. avatar
    Jacko /

    Effectivement le T-1 est assez complexe et difficile à driver.
    Le HD-800 montre plus d’aisance, ce n’est pas seulement dû à son impédance plus faible.
    Le HA-1 reste un excellent ampli résidentiel, mais on peut trouver mieux (et plus cher). Le MOON 430HA par exemple que nous avons testé.

    Chose finalement remarquable de la part du Geek Out V2 Infinity : une large compatibilité avec des casques assez divers et parfois difficiles. Les trois niveaux de gain est un bel outil, il va me servir régulièrement pour mes tests.

    Le WAVE de la marque qui devrait sortir dans les prochains mois, devrait partager une partie de la topologie du Geek Out V2. Ce DAP risque fort de bousculer les ténors actuels ! Une affaire à suivre !

  3. avatar
    Mentanalyse /

    Bonjour à tous,

    Perso je le trouve vraiment laid, impossible de le sortir dans un workspace ou en déplacement ;-)

    Quid de la comparaison avec le OPPO HA-2 ?

    Merci,

  4. avatar
    Jacko /

    C’est vrai qu’il est moche … mais quel performance !

    Il s’agit d’un produit assez différent du HA-2 qui utilise une batterie. Il faudrait comparer avec un Geek Out V2 + Infinity équipé également d’une batterie.

    S’il fallait comparer le GO V2 Infinity au HA-2 il faudrait scinder en deux l’analyse. En tant que DAC, le HA-2 et le GO se battent à armes égales, mais l’OPPO ajoute le DSD256. Un format rare certes mais bien existant. Donc côté numérique, l’OPPO pourrait prendre l’avantage, mais attention, le GO propose en plus des filtres numériques très puissants sélectionnables. C’est un gros plus !
    On dira ex aequo.
    Côté universalité casque et perf d’amplification brute là il n’y a pas le moindre doute ! Le GO offre une amplification pure class A, d’ailleurs toute son électronique est polarisée ainsi. Contrôle de volume numérique 64 bits, c’est le must en la matière. Le HA-2 ne dispose que d’une classe hybride AB et d’un contrôle de volume plus classique. Le GO dispose de 3 niveau de gain et peut monter à 1000 mW sous 16 ohm alors que le HA-2 ne dispose que de 2 gains et plafonne à 300 mW sous 16 ohm …
    On a donc un GO avec plus de 3 fois la puissance d’un HA-2. Autant le GO V2 Infinity peut piloter un Beyer T-1, autant je doute que le HA-2 puisse y arriver. De plus le gain bas du GO lui permet aussi d’amplifier les casques IEM en toute sécurité, qu’en est-il du HA-2 ? Le GO V2 Infinity est donc plus puissant et plus polyvalent.

    Côté esthétique le HA-2 l’emporte.
    Côté numérique les deux sont au même niveau, mais je donnerai un avantage au GO grâce à ces filtres numériques performants et pertinents.
    Côté amplification le GO est plus puissant, plus polyvalent et en pure classe A.

    Techniquement le GO l’emporte ! Sauf si le DSD256 est absolument nécessaire !

  5. avatar
    Mentanalyse /

    @Jacko

    Jacko, C’est juste excellent ton retour. Avec Nicolas vous faite vraiment un travail incroyable. C’est certainement difficile de maintenir un magazine web de cette qualité mais vraiment continué tant que vous le pouvez.

    Sinon tu disais « Donc côté numérique, l’OPPO pourrait prendre l’avantage, mais attention, le GO propose en plus des filtres numériques très puissants sélectionnables. ». Elle est faisable depuis l’appareil ou par Software ?

    Merci,

  6. avatar
    Jacko /

    Les filtres numériques du GO se font sur pression d’une touche se trouvant sur le côté de l’appareil.
    Il n’y a rien de plus simple.
    En fait, seul le contrôle de volume du GO se fait forcément par un logiciel pilote. Soit par l’interface drivers livré par LH labs, soit pas un logiciel comme JRiver.

  7. avatar
    Mentanalyse /

    @Jacko

    Super, merci pour ces précisions.

  8. avatar
    SHAWN WATSON /

    9/4/16

    LH Labs just upped the ante with an upgrade to be called « GO2A ». It offers a 10dB improvement in S/N and a 50% increase in voltage! This is achieved through improved high-specification resistors and « instant-ON » capacitors. The upgrade costs an additional $89 and you have to mail your Geekout V2 back to the factory. However, I understand that the GO2A will go into production for the general public in the not too distant future.

  9. avatar

    En effet. Je devrais recevoir mon exemplaire aujourd’hui.

  10. avatar

    Salut! merci pour ce test ultra complet! des nouvelles de la version 2A?
    A priori il semblerait que la grosse nouveauté soit le fait que la sortie asymétrique soit maintenant au niveau de la très bonne sortie balanced.

  11. avatar

    @coco
    Bonjour,
    La version 2A est déjà dispo, j’ai un exemplaire Infinity et j’attends une version SE !
    Il y a beaucoup de changements :
    Châssis alu à forte capacité de dissipation thermique
    Isolation galvanique sur l’entrée USB
    L’étage analogique a été amélioré
    La sortie asymétrique dispose de plus de puissance

    Le GO2A est vraiment un produit fantastique !
    Peut être un test …

  12. avatar
    S. Watson /

    The Geekout 2A Infinity sounds identical to the standard 2A. The 2A Infinity no longer retains the sonic advantages over the standard model.

    However, whereas the V2 soundstaging was several rows back, the 2A is like row A front/center. There is a sense of immediacy and much larger dynamics with the 2A. Some will find the new sound to be quite resolving, incisive, and with a great sense of immediacy.

    The original V2, while not having this sense of immediacy, was more laid back and enjoyable to my ears, but there’s no denying the 2A’s superiority in some aspects. Beware, the new 2A sounds very different than the original V2. Some will love it. Others may prefer the older, more relaxed sound.

  13. avatar

    Je ne suis pas de cet avis (le GO2A Infinity sonne comme le GO2A Standard).
    Et quand bien même ça serait le cas, la version Infinity garde des avantages importants.

    1/ le gain supplémentaire de 450mW = plus de compatibilité avec les casques. Une amplification puissante ne fait l’universalité il faut trouver un gain ou niveau d’amplification qui correspond le mieux au casque. Cela permet également plus de liberté et de souplesse sur le réglage du volume d’écoute.

    2/ le filtre numérique en plus, nous avons vu que les filtres numériques des GO2 sont très efficaces et pertinents suivant la source.

    3/ la version Infinity offre une meilleure DHT et ce n’est pas négligeable.

    Pour moi le GO2A est une vraie amélioration du GO2 et surtout le nouveau châssis est plus esthétique, plus agréable au touché, plus pratique au niveau des touches et des LED d’indication d’état avec une dissipation calorifique très efficace.

    Je n’ai aucun regret dans cette upgrade, j’ai d’ailleurs commandé une des version SE en surplus !

  14. avatar
    Mike /

    Jacko saurais-tu par hasard où se procurer le GO2A ? Son-Vidéo propose les anciennes versions mais pas les nouvelles. J’ai un Dragonfly Red mais je suis assez intrigué par ce nouveau bijou de chez LH Labs. L’importer depuis les US serait un peu problématique avec les frais de port et de livraison donc je cherche désespérément un revendeur en europe.

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