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Test Kingsound KS-H4 : un casque électrostatique nomade, une nouvelle première mondiale !

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Au fil des mois, tout en suivant la croissance de la mouvance hifi nomade, nous avons passé au crible les produits de l’univers casque du spécialiste de l’électrostatique chinois Kingsound. Cette marque s’illustre par une gamme d’amplificateurs à tubes et d’enceintes électrostatiques ou hybrides. Leur entrée dans le monde du casque ne date pas d’hier et si leur catalogue est encore restreint, la marque n’en est pas à son premier coup d’essai. Nous avions testé leurs amplificateurs résidentiels pour casques électrostatiques, le M-10 à base de transistors et le M-20 purement à tubes.

Plus récemment, Kingsound a lancé une véritable bombe, le premier amplificateur nomade sur batterie pour casques électrostatiques, le M-03. Une première mondiale qui marque aussi l’arrivée du premier amplificateur universel de la marque capable d’alimenter aisément les casques électrodynamiques ou planar magnétiques, qu’ils nécessitent une connexion symétrique ou asymétrique. Nous avions alors utilisé le casque Kingsound KS-H3 comme référence faute de casque électrostatique portable. D’ailleurs, il n’en existait pas encore. Bien entendu cela ne pouvait pas rester en l’état et malgré un petit retard, Kingsound lance le parfait partenaire au M-03, le premier casque électrostatique nomade : Le KS-H4.

Kingsound devient alors le premier constructeur à proposer une solution nomade électrostatique complète avec non seulement des performances de tout premier ordre taquinant sans rougir les prestations des références haut de gamme de la concurrence, mais avec des prix étonnamment abordables. A ce propos il faut admettre que Kingsound est le seul constructeur à proposer des solutions permettant de s’essayer aux casques électrostatiques sans devoir se ruiner. D’ailleurs, vu la qualité de la prestation il y a de fortes chances de rester fidèle à la marque. Pourquoi changer une équipe gagnante ?

Caractéristiques :

  • Réponse en fréquence : 6Hz – 42kHz
  • Impédance : 115kΩ à 10kHz
  • Niveau d’entrée : 150mV (100V en sortie)
  • Niveau maximal de sortie : 116dB
  • Rendement : 106dB à 100Vrms
  • Capacité électrostatique : 139pF
  • Tension : 550 V DC
  • Châssis : Aluminium brossé
  • Couleurs : Anodisé Silver ou Anodisé Noir
  • Axes de la structure : rotatifs à 90°
  • Câble : Détachable (rallonge de 2,5m disponible en option)
  • Longueur du câble : 1m ou 2,5m (en option)
  • Pochette de transport renforcée : 380x260mm permettant de loger des documents, tablette ou ordinateur portable
  • Poids du casque : 0.270kg
  • Poids de la pochette avec casque : 960g
  • Disponible en Black et Silver
  • Prix : 899TTC

Audiophonics, revendeur Kingsound, propose des packs Kingsound qui incluent le KS-H4. Je vous propose de les découvrir dans les liens utiles.

Les liens utiles :

Déballage du Kingsound KS-H4

Au déballage du KS-H4 on se rend de nouveau compte du soin particulier que Kingsound accorde à ses produits. Nos précédents tests des produits de la marque avaient déjà mis en avant des packagings de bonne qualité et à l’aspect flatteur. Ce n’est pas toujours le cas et il arrive fréquemment qu’un produit même haut de gamme soit livré dans un simple carton. Le KS-H4 de par sa nature, ne pouvait pas être livré brute, un casque nomade se doit d’être fourni avec le nécessaire pour assurer une bonne portabilité et un transport en toute sécurité. Dans le cas d’un casque électrostatique la chose est d’autant plus ardue, car cette technologie impose des contraintes de conception limitant la miniaturisation. Pour y arriver Kingsound a trouvé des astuces que nous verrons plus loin dans l’analyse technique de ce casque.

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Kingsound propose un conditionnement qui fera partie intégrante des accessoires utiles fournis avec le KS-H4. La boite de conditionnement représente donc aussi le dispositif de transport quotidien du KS-H4 ! Nous disposons d’une grande sacoche rectangulaire faite d’une coque semi-rigide. Cette sacoche adopte la même finition et matière que celles livrées avec le M-03 ou avec les câbles ESL de la marque. Cette sacoche est assez grande et confortable pour accueilli d’autres accessoires et appareils. D’ailleurs, Kingsound y a pensé et propose une conception modulaire des compartiments un peu à la manière d’une flycase professionnelle. En effet, la sacoche du KS-H4 utilise une mousse très dense en guise de protection. Cette mousse est découpée pour épouser la forme du KS-H4 et assure un maintien et une protection optimale.

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Le KS-H4 n’est pas le seul destinataire à cette sacoche. Nous trouvons des pré-découpes amovibles dans la mousse pouvant alors libérer de nouveaux espaces de rangement. Par exemple, l’espace dédié au câble ESL amovible du KS-H4 peut s’agrandir pour y loger le câble optionnel de 2,5m. Un autre espace épouse parfaitement la forme de la sacoche du M-03 ce qui permet de compléter le pack électrostatique nomade et donc de disposer de tout le nécessaire d’un voyage audiophile. Il sera aussi possible de glisser une tablette, un ordinateur portable de fine épaisseur ou un DAP. La sacoche du KS-H4 est vraiment bien pensée, sa fonctionnalité en fait un accessoire indispensable et surtout elle présente une très bonne robustesse.

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Au niveau des accessoires, nous disposons du strict minimum, si ce n’est la sacoche qui constitue un bonus très appréciable. Nous trouvons également un câble ESL détachable et une notice. Un paquetage très classique donc. Notons que le câble livré en standard ne fait qu’un petit mètre de long. Cette longueur pourrait sembler trop petite, mais il s’agit d’un choix délibéré et réfléchi. En effet, en usage nomade, un câble long ne se justifie pas et pourrait même être contraignant, d’autant qu’un câble ESL comprend six conducteurs. Il est donc plus encombrant qu’un câble pour casque classique. Il ne faudrait pas s’emmêler les pattes dans le câble de notre casque et même sans maladresse, avoir 2,5m de câble audio sur soi, ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus simple à gérer. Les connecteurs du câble et sur le casque sont repérés, les pins de contact sont groupés par deux et une troisième est plus espacée. Il est donc impossible de se tromper dans le branchement. Pour compléter la liste des accessoires il faudra probablement opter pour un deuxième câble, surtout si on veut utiliser le KS-H4 en écoute sédentaire à la maison. En effet, le KS-H4 est aussi fait pour des écoutes chez soi, peut être que Kingsound devrait livrer une rallonge en standard ? Voilà pour les accessoires, attardons-nous enfin sur ce fameux KS-H4.

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Le câble rallonge optionnel, il existe aussi un câble de 2,5m dédié au KS-H4.

Le KS-H4 est donc le premier casque électrostatique portable de l’histoire de la hifi. Qui dit portable et nomade, dit surtout transportable ce qui implique : compacité, poids réduit, confort et bon maintient sur la tête. Si on peut faire presque ce que l’on veut avec un casque à base d’écouteurs électrodynamiques ou planar magnétiques, l’électrostatique pose quelques difficultés. La source de puissance n’est plus une question en suspend car Kingsound propose déjà une solution adaptée avec son amplificateur portable M-03. Il reste donc à conjuguer avec les contraintes intrinsèques des casques électrostatiques. Pour rappel, cette technologique implique trois éléments fondamentaux par écouteur. Une membrane polarisée qui va émettre le son et deux stators qui vont piloter la membrane à partir du signal audio une fois convenablement amplifié. Réduire la taille d’un tel casque tout en conservant ses performances n’est donc pas évident. La première option adoptée par Kingsound est un changement de forme des écouteurs ce qui va aussi permettre d’en réduire la taille. En effet, les précédents casques de la marque utilisent de larges écouteurs circulaires. Kingsound opte alors pour des écouteurs de forme ovale plus petits couvrant une surface moins étendue que le faisaient leurs références précédentes. Les membranes électrostatiques restent de forme circulaire, elles sont donc aussi d’un diamètre inférieur. Nous sommes en droit de s’attendre à écouter un casque plus facile à alimenter par les amplificateurs.

Les coussinets de cuir synthétique seront aussi un peu moins larges que ceux utilisés sur les références précédentes de la marque. L’arceau de maintient passe d’un arceau double à simple et se voit réduit en longueur et en largeur. De même, l’arceau de suspension est réduit en taille. Kingsound réduit donc les dimensions, mais conserve le même principe de construction qui permettait au KS-H3 d’offrir un confort optimum et cela malgré son poids. Le KS-H4 offre alors le même type de confort et de bon maintien une fois en place sur nos oreilles. L’arceau métallique supérieur va appliquer une force horizontale et va permettre aux écouteurs d’être serrés en tout confort sur les oreilles, tandis que l’arceau inférieur, recouvert de cuir et en suspension, va ajuster l’ensemble sur la tête. Il faut reconnaître que Kingsound a renouvelé son exploit ! Lorsque le KS-H4 est posé sur la tête on oublie très vite sa présence tant ce casque est facile à porter avec un excellent confort. Toujours dans le but de réduire le poids de son casque, Kingsound va opter pour quelques pièces faites de plastique.

Il ne s’agit pas de pièces maîtresses ni très voyantes, le plastique ne pénalise pas trop l’aspect esthétique et qualitatif du KS-H4. C’est tout de même un peu dommage, car le KS-H4 utilise en majorité un bel aluminium superbement usiné qui s’harmonise parfaitement avec ses autres pièces métalliques. D’un autre côté, Kingsound n’avait pas trop le choix pour gagner les quelques grammes nécessaires à soutenir la portabilité de leur nouveau casque. Nous avons alors un casque électrostatique qui tombe sous la barre des 300 grammes faisant du KS-H4 le casque électrostatique le plus léger du marché et peut-être jamais conçu.
Les changements adoptés par Kingsound visent aussi à optimiser l’ergonomie du KS-H4. Précédemment, les casques de la marque optaient pour un montage rectiligne. C’est obligatoire avec des écouteurs circulaires, car il n’est pas possible d’imposer un angle. Le KS-H4 bénéficie d’une nouvelle étude qui va lui permettre de bien s’adapter aux différentes morphologies crâniennes. Les écouteurs et l’arceau présentent un léger angle qui épouse naturellement la position des oreilles de part et d’autre de la tête. Ainsi, l’arceau sera parfaitement en place, plus ou moins sur le haut de la tête. Les connecteurs du câble ESL suivent l’angle de disposition des écouteurs. Ainsi, ils seront disposés légèrement vers l’avant, ce qui facilite la gestion du câble.

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Les écouteurs sont fixé à l’arceau par un système de double rotule. La première va permettre aux écouteurs de pivoter sur presque 360°. Cette rotule vise donc à assurer librement et sans contrainte le confort d’utilisation du KS-H4. L’autre rotule permet une rotation horizontale des écouteurs sur 90°. Cette deuxième rotule sert principalement à redisposer les écouteurs afin de pouvoir ranger le KS-H4 dans sa sacoche de transport. Notez que ce deuxième jeu de rotule peut présenter une certaine résistance. A priori, l’usinage est fait de telle sorte qu’il soit nécessaire d’appliquer plusieurs rotations afin de libérer convenablement les pièces. Une sorte de rodage mécanique en quelques sortes. Évidemment, la combinaison de ces deux axes sert au confort du KS-H4.

Le Kingsound KS-H4 à l’écoute

Le KS-H4 ayant une vocation d’utilisation double, sédentaire et nomade, je vous propose des séries d’écoutes faites dans ces deux modes. La série d’écoutes sédentaires sera scindée en deux parties. L’une se fera sur un amplificateur casque Kingsound M-10 à transistors et l’autre sur un amplificateur M-20 à tube. Durant nos précédents tests dédiés à Kingsound, nous avions identifié des caractéristiques sonores bien différentes d’un amplificateur à l’autre, je pense qu’il est important d’inclure ces deux produits dans notre banc d’essai. Le KS-H4 sera relié aux deux amplificateurs par son câble détachable court rallongé grâce au câble optionnel ESL Kingsound. Les écoutes nomades se feront sur un ordinateur portable accompagné d’un DAC LH Labs Geek OUT V2 Infinity. Il ne s’agit donc pas d’un banc d’essai purement nomade. J’ai opté pour ce choix qui me permet d’utiliser JRiver et profiter du côté pratique de ce logiciel facilitant l’accès à la Playlist sélectionnée pour ce test.

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Protocoles d’écoutes sédentaires :

  • Source : PC hifi modifié SOtM
  • Logiciel de streaming : JRiver MC21
  • DAC : OPPO HA-1
  • Amplificateur casque : Kingsound M-10, Kingsound M-20
  • Câble USB : Wireworld Platinum + filtre TotalDac D1
  • Câble de modulation : DIY conducteur cuivre OCC, connecteurs plaqués Rhodium (provenance Audiophonics)
  • Câble rallonge : ESL Kingsound
  • Filtre secteur : Fidelity Audio Nexus 8 + filtre Fidelity Audio NNUX Ref
  • Câble secteur : DIY conducteur cuivre OCC, prise IEC et schuko plaqué Rhodium (provenance Audiophonics)

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Protocole d’écoutes nomades :

  • Source : PC portable Toshiba ordinaire
  • DAC : LH Labs Geek OUT V2 infinity (bientôt en test sur nos pages)
  • Logiciel de streaming : JRiver MC21

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La Playlist

Olivier Bogé, Expanded Places (Qobuz)

bogeexpandedPrésent durant le concert exclusif du Festival Son et Image de cette année organisé par Qobuz, Olivier Bogé nous offre avec ce nouvel album un jazz mariant les genres musicaux. Expanded Places est un véritable voyage émotionnel dans une pluralité musicale envoûtante pour laquelle le virtuose explore et combine les genres sans modération. Pour les amoureux de la belle musique, à écouter de toute urgence !

Quiles & Cloud, Live at Rocky Mountain Audio Fest 2015 (Blue Coast Music)

quilesrmaf2015Un album intimiste enregistré brute durant le dernier festival se déroulant à Rocky Mountain. Une sonorité naturelle et vraie sans artifice enregistrée en pur DSD64 allant de la prise de son l’encodage final. Si vous n’êtes pas encore convaincu par l’intérêt du DSD je vous invite à essayer cet enregistrement qui prouve que dynamique, précision et numérique peuvent être synonyme de musicalité.

Nirvana, Nevermind (Qobuz)

NirvanaNevermindalbumcoverRé-édition en haute résolution 24 bits 96 kHz de l’album culte du groupe à qui l’on attribue la fondation du mouvement grunge. Nevermind est un album qui a marqué toute une génération bousculant les concepts du rock. Cette ré-édition est un véritable hommage au groupe du prématurément disparu Kurt Cobain. A découvrir et redécouvrir sans modération comme je l’ai fait depuis que j’ai cette merveille en ma possession.

Marcus Miller, Afrodeezia (Qobuz)

afrodeeziaMarcus Miller bassiste et compositeur de talent retrace l’histoire des esclaves venus d’Afrique jusqu’en Louisiane en passant par le Brésil et les Caraïbes. Un album au son chaud alliant jazz actuel et sonorités d’instruments traditionnels d’un temps passé, un très beau voyage que nous offre Marcus Miller.

Érik Mongrain, Equilibrium (BluSpec CD)

equilibriumJ’utilise régulièrement Equilibrium d’Érik Mongrain en édition japonaise BluSpec. Il s’agit d’un album pourtant simplement CD Redbook, mais qui démontre que du simple PCM 16 bits 44.1 kHz peut briller de précision et offrir une qualité musicale hors pair. Guitariste de talent, Érik Mongrain nous transporte dans un univers ésotérique émotionnel tablant sur la précision des notes et sur des mélodies à la fluidité cristalline.

Coldplay, Ghost Stories (Qobuz)

ghost_Un retour aux sources pour les Britanniques de Coldplay qui renouent avec la musique de leur début. Un album tout en ampleur et en simplicité, un régal pour les oreilles des fans de la première heure comme pour ceux qui découvriraient ce groupe sur le tard.

Youn Sun Nah, Lento (Qobuz)

lentoIl fallait bien une édition en 24 bits 96 kHz pour retranscrire toute l’émotion et le talent de la chanteuse coréenne. Un must listen et un must have avec certitude et conviction.

Jabberwocky, Lunar Lane (Qobuz)

jabberlunarDu bon électro à la française comme nous savons si bien le faire. Varié, ludique et bien composé, Lunar Lane s’écoute facilement. Il n’en fait pas trop, juste la bonne dose de funk et de rythme un peu dance … un album plutôt nomade en définitive qui s’inscrit parfaitement dans la mutation progressive de nos habitudes et nos modes d’écoute.

Avant propos

Avant d’entamer les écoutes, attardons-nous quelques instants sur le confort et la demande en puissance du KS-H4. En effet, ce premier casque électrostatique à vocation nomade doit répondre à des critères relativement nouveaux pour un casque utilisant ce genre de transducteurs. Dans tous les cas, le confort d’un casque est un élément primordial, car sans cette qualité il ne serait pas possible de se lancer dans de longues heures d’écoutes. Le KS-H4 démontre des atouts évidents ! Sa conception, déjà exploitée par les précédents casques de la marque, a fait ces preuves et bien que simplifié, le dispositif de maintient sur la tête se révèle toujours aussi redoutablement efficace. L’autre avantage du KS-H4 est bien entendu son poids réduit au maximum. En effet, ce casque électrostatique est le plus léger du marché, si bien que la seule sensation résiduelle du dispositif sera la présence les coussinets en cuire autour des oreilles.

A ce propos, le KS-H4 utilise une circonférence d’écouteurs plus petite que ses aînés, les coussinets sont donc plus proches des oreilles. Le KS-H3 (que nous avons déjà chroniqué) offre une marge de contact plus large de part et d’autre de la tête et son confort est donc un élément plus facile à appréhender. Toutefois, et ce, malgré leur taille réduite, les coussinets du KS-H4 se positionnent très bien et offrent un confort tout aussi appréciable. C’est surtout la conception ergonomique du KS-H4 qui lui permet d’être aussi confortable et, tout comme les plus grands casques du marché, le KS-H4 se pose, s’écoute et puis on oublie rapidement sa présence.

La demande en puissance est aussi un élément primordial pour un casque nomade. Il lui faut ne pas être trop gourmand. De par son mode opérationnel, un casque électrostatique facile à alimenter n’est pas une chose simple à concevoir. Kingsound a opté pour des membranes plus compactes réduisant ainsi le besoin en courant. Le test sur les différents amplificateurs de la marque le confirme. Il est possible de pousser le volume sonore plus haut qu’avec le KS-H3, sur ce dernier la saturation et la distorsion arrivaient bien plus tôt. L’avantage d’une faible consommation de courant permet d’atteindre deux objectifs. Le premier est d’ordre qualitatif. En effet, si pour un même rendement acoustique un amplificateur est moins sollicité, il produira aussi moins de distorsion pour une meilleure sonorité. L’autre avantage est essentiellement lié à un usage nomade. Moins le casque demande en puissance, moins l’amplificateur nomade puisera sur sa source d’énergie, c’est-à-dire les batteries. L’autonomie du système sera alors plus grande, c’est-à-dire plus de musique plus longtemps et c’est bien là tout l’intérêt d’un dispositif audiophile nomade !

Les écoutes sur le M-10 :

Si vous avez déjà lu le test que nous avons fait du couple M-10 et casque KS-H3, vous savez déjà de quoi il s’agit. Si ce n’est pas le cas je vous invite à parcourir nos pages tests et d’y faire un brin de lecture. Pour rappel, les casques électrostatiques comme le KS-H4 imposent une amplification particulièrement adaptée, car l’électrostatique utilise un mode de fonctionnement bien à lui. Le M-10 est donc un amplificateur à transistor de la marque Kingsound conçu pour les casques électrostatiques, mais sans afficher de spécifications particulières qui seraient propres au KS-H4 ou tout autre casque. On peut donc envisager l’usage d’un casque électrostatique d’une marque concurrente comme STAX. Voyons ce que cela donne.

Précision et exactitude chirurgicales au scalpel manipulé avec un gant de velours. Une des particularités des casques électrostatiques est de gérer le mouvement des membranes en appliquant des champs électrostatiques attractifs et répulsifs sur toute la surface. Ce procéder va permettre d’annuler presque totalement le risque de déformation en surface de la membrane. Les énergies étant contenues par deux champs de pôle opposé, il n’y a ni perte, ni contre-réaction de surface. Le principe électrostatique permet aussi un contrôle mécanique sans chauffe, ce qu’un transducteur électrodynamique à bobine mobile ne peut pas faire. Nous avons donc une technologie capable de restituer le signal avec un risque minimal de distorsion ce qui se ressent le plus sur la précision et l’exactitude des timbres. Le problème dans ce genre de cas serait une reproduction trop analytique, froide et sans vie et heureusement, ce n’est absolument pas le cas avec le KS-H4. Ce casque est en effet redoutable et il faudra envisager une source de bon niveau pour en profiter pleinement. Dès lors que la source fait bien son travail, le KS-H4 vigilant ne laisse rien passer et retranscrit toute la micro information qu’il reçoit.

Cette précision n’est pas une mise en avant du haut du spectre comme le ferait un produit qui triche sur le rendu en exploitant une réponse en fréquence volontairement tronquée faite pour apposer une signature sonore artificielle. Le KS-H4 est en effet très équilibré, le rendu précis ne gâche pas le registre qui se révèle posé au juste niveau. Cela implique une belle reproduction des basses fréquences qui permet au KS-H4 de soutenir le bas du spectre de manière exemplaire. Assez souvent les écoutes de casques électrostatiques se dénotent par une critique plutôt courante pointant du doigt une écoute certes exacte dans les timbres, mais un peu sans vie. Ce n’est pas le cas du KS-H4 qui donne vie à la musique, sans excès affirmant ainsi la propriété impérative de l’électrostatique : respecter le signal dans sa reproduction. Les basses jouent assurément un rôle important dans ce cas même si ce n’est pas le critère dominant, car l’ampleur et les transitions sont tout aussi importantes si ce n’est pas plus. Toutefois, il convient de souligner la performance du KS-H4 qui arrive à délivrer le genre de basses que l’on peut obtenir avec un casque électrodynamique, une technologie plus à son aise dans ce domaine. Tendues, fermes et puissantes, les basses en provenance du KS-H4 sont à leur place et s’affirment de manière magistrale.

Quelques phrases plus tôt, j’évoquais rapidement l’ampleur et les transitions. Il faut le reconnaître, le KS-H4 fait fort et démontre une aisance de reproduction exemplaire tant la fluidité dans les notes et la reproduction lui semble facile. Que les morceaux soient simples ou complexes, saturés ou musicaux, tout passe sans accrocs le KS-H4 suit et n’est jamais pris de court. La scène sonore en amplitude et en cohérence se passe de commentaire, tout est parfait. Cerise sur le gâteau, le KS-H4 arrive à donner une impression de volume et d’espace comme une sorte de bulle. Il s’agit d’un des avantages des casques ouverts et semi-ouverts, arriver à créer une immersion dans la scène sonore exemplaire. Toutefois, il faudra retenir cette particularité de conception en écoute nomade, un casque ouvert ou semi-ouvert laisse sortir le son. C’est-à-dire que vos voisins de voyage profiteront aussi de vos écoutes … écouter à volume modéré et bien choisir sa musique s’imposera afin de convenir de bons rapports entre passagers …

Associé avec le M-10, le KS-H4 réalise un sans-faute. Ce nouveau casque pourtant plus petit arrive a dépasser le KS-H3 en comparaison bien plus imposant. Finalement, la membrane de plus petite taille est un bel avantage et le KS-H4 sait en tirer parti avec ses gains et sans pertes ni contre-mesures.

Les écoutes sur le M-20 :

Le M-20 est le cousin germain à tube du M-10 aussi testé sur nos pages. De conception plus complexe, tube oblige, le M-20 gère les choses un peu différemment. Dans tous les cas, si le tube permet d’aboutir à une écoute souvent plus flatteuse, c’est aussi au détriment de l’efficience de la gestion d’énergie : à prix égal du transistor, le tube offrira moins de puissance. En contrepartie, les basses sont généralement plus en retrait. Autant dire que le M-20 apprécie fortement la demande en puissance modérée du dernier né de Kingsound.

À l’écoute, nous retrouvons les qualités du KS-H4 que nous avions pu constatées durant les écoutes avec le M-10. À cela, s’ajoute une reproduction encore plus naturelle et organique. La magie du tube opère et lisse la tonalité pour mieux équilibrer le rendu. Une certaine coloration vient accentuer le côté agréable et posé de la reproduction. Le M-20 affirme toujours la dynamique que peut reproduire le KS-H4, ce sont les transitions et l’ampleur qui gagnent encore en fluidité. Le KS-H4 confirme son côté neutre et équilibré, ce que l’on entend vient du signal après décodage et amplification.

Ce qui souligne à nouveau l’importance de la source à utiliser avec le KS-H4 qui se cale sur le signal qui l’alimente et offre une reproduction sans masquer les défauts et sans tronquer le signal pour flatter artificiellement l’écoute. Avec cette association on se rend mieux compte de la capacité du KS-H4 à reproduire les voix. Non pas que le M-10 soit mauvais à ce niveau, bien au contraire l’association M-10 KS-H4 posait déjà les bases d’une très bonne performance de reproduction du naturel des chants. Le M-20 rehausse la performance de manière remarquable ajoutant cette petite touche de chaleur et de douceur. Le rendu est légèrement moins dynamique, mais gagne en finesse et en souplesse dans les harmoniques.

Les écoutes sur le M-03 :

Le M-03 marquait le coup en regroupant quelques premières. Il s’agit du tout premier amplificateur nomade pour casques électrostatiques et le premier amplificateur casque de la marque Kingsound pouvant prendre en charge des casques classiques. Le M-03 est aussi le premier amplificateur universel nomade pour casque, car sa sortie jack 3,5 mm peut prendre en charge aussi bien les casques symétriques qu’asymétriques. Le point fort était une très bonne capacité en courant malgré sa taille et une bonne autonomie des batteries. Le M-03 est bien entendu chroniqué sur nos pages. La fonctionnalité de ce banc d’essai semi-nomade me demande une petite mise au point. Le temps de bien paramétrer le Geek Out V2 infinity et zou la musique file bon train.

Dès les premières notes je me rends compte d’une évidence, le KS-H4 est étudié et fait pour fonctionner avec le M-03. Cette combinaison est tout simplement détonante ! Une nouvelle preuve que d’une manière absolue le plus important est de faire coïncider le casque ou l’enceinte avec l’amplificateur qui lui correspond. Cette dernière association m’offre une écoute encore différente et je dois l’avouer, il s’agit de la meilleure combinaison de mon banc d’essai. La source et le DAC sont certes différents, mais je ne peux croire que mon pauvre PC portable associé au Geek OUT V2 Infinity puisse surclasser mon PC hifi et mon OPPO HA-1. Ça serait un comble et c’est tout à fait improbable. En tout cas, c’est certain, le pack à viser en priorité est le M-03 plus le KS-H4. Comprenez bien que les différences de rendu obtenues entre les trois amplificateurs sont ténues. Ma préférence va pour l’association M-03 et KS-H4 pour le côté doux et détaillé, une sorte de combinaison des écoutes faites avec le M-10 et celles faites avec le M-20.

Conclusion

Kingsound m’avait étonné et conquis avec le KS-H3, le spécialiste de l’électrostatique récidive avec leur nouveau casque KS-H4. Ce casque sort véritablement du lot et remporte haut la main les challenges que le constructeur s’est fixé. Faire un casque performant, audiophile et portable n’est pas un objectif simple à atteindre. Si en plus ce casque devait être électrostatique alors les complications n’iraient pas en s’arrangeant. C’est pourtant le défit relevé par Kingsound qui nous offre avec leur KS-H4 non seulement un casque de très haut niveau, mais aussi une nouvelle première mondiale qui complète leur objectif de proposer une solution électrostatique nomade intégrale.

Il faut bien comprendre un fait technique, si faire un bon casque électrostatique était simple alors les offres pulluleraient. En réalité, si la théorie derrière cette technologie est simple, sa réalisation et sa mise en pratique est beaucoup plus complexe. Construire un bon produit qui arrive à satisfaire les impératifs qualitatifs de l’audio haute définition est un objectifs difficile à atteindre. Kingsound démontre à nouveau son savoir faire et signe ce qui sera à mon avis, un casque qui fera beaucoup de bruit.

Ce que j’ai aimé avec le KS-H4 :

  • Le rendu musical de très haut niveau sur les trois bancs d’essais.
  • La performance : précision, équilibre et ampleur.
  • Une scène sonore ouverte et cohérente.
  • La finition.
  • Le confort.
  • La sacoche de transport et ses compartiments modulaires.

Ce que j’aurais aimé avec le KS-H4 :

  • Des pièces en plastique un peu plus discrète.

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2 commentaires

  1. avatar
    belnea /

    merci pour ce test. par contre, je croyais qu’il y avait des contraintes niveau température ou hygrométrie quand on avait des enceintes électrostatiques, non ?

  2. avatar

    Bonjour.
    Aucune idée de l’impacte sur le casque … mais vu la conception je ne pense pas qu’il soit recommandé d’utiliser le KS-H4 en environnement humide.

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