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Test MiniDSP DDRC-22 : la correction acoustique Dirac Live pour tous

MiniDirac

MiniDSP est un petit constructeur basé à Hong Kong, plus connu pour ses solutions DIY que pour ses produits pré-assemblés. Ce constructeur se spécialise dans les outils de corrections actifs, c’est-à-dire les correcteurs acoustiques, les filtres actifs, etc. MiniDSP n’en est pas à son premier coup d’essai et propose déjà des boîtiers pré-montés prêts à l’emploi avec toute la suite logicielle nécessaire. En effet, un bon système de correction acoustique doit disposer d’un hardware adapté, mais surtout et c’est essentiel, d’un logiciel performant. Le monde de la correction active automatique connait quelques acteurs souvent issus d’un développement interne, comme Pioneer et son MCACC, Yamaha et son YPAO et maintenant Onkyo avec leur AccuEQ.

D’autres se tournent vers des solutions indépendantes comme Audyssey, le très haut de gamme Trinnov et plus récemment le Dirac Live, dernier venu dans le monde de la correction acoustique active OEM. Le Dirac Live est déjà exploité par quelques constructeurs, comme Datasat qui englobe DTS, mais aussi Emotiva qui est une marque surtout grand public. MiniDSP n’innove donc pas et ne prend pas trop de risques, car la performance du Dirac Live est déjà reconnue. Par contre, MiniDSP opte pour une démarche très intéressante et propose une gamme complète de produits basés sur la même plateforme hardware et software. Ainsi, MiniDSP ouvre le bal avec trois produits, chacun étant dédié à une intégration bien spécifique.

  • Le DDRC-22A dispose d’une entrée et d’une sortie stéréo XLR, il sera dédié aux intégrations analogiques. Il s’agit du modèle que nous allons tester pour vous (il coute environ 900 €).
  • Le DDRC-22D qui ne fonctionne qu’en numérique et qui peut s’insérer entre une source numérique et un DAC.
  • Le DDRC-22DA qui est aussi un DAC avec des entrées numériques et une sortie stéréo XLR.

MiniDSP propose aussi un programme d’upgrade pour leurs clients ayant déjà un OpenDRC. Le dernier de la série Dirac Live fait partie de la gamme Home Cinéma. Il s’agit du MiniAVR DL compatible 8 canaux PCM par entrée et sortie HDMI.

Le DDRC-22A

DDRC22A

  • Entrée : 1 stéréo symétrique XLR
  • Sortie : 1 stéréo symétrique XLR
  • Interface de contrôle : USB 2.0 et infra rouge
  • Processeur : 32 bits à virgule flottante Analog Devices SHARC ADSP21369 / 333MHz
  • ADC/DAC : Cirrus Logic CS4272
  • Résolution ADC/DAC : 24-bit, 96 kHz
  • Niveau d’échantillonnage : 96 kHz
  • Niveau signal bruit : 114 dB
  • Impédance d’entrée : 40 kΩ
  • Intensité maximum d’entrée : 2 VRMS ou 8 VRMS (ajustable par jumper)
  • Impédance de sortie : 560 Ω
  • Intensité maximum de sortie : 2 VRMS

Le DDRC-22D

DDRC22D

  • Entrées : 1 SPDIF coaxiale, 1 optique, 1 AES-EBU XLR
  • Sorties : 1 SPDIF coaxiale, 1 optique, 1 AES-EBU XLR
  • Interface de contrôle : USB 2.0 et infra rouge
  • Processeur : 32 bits à virgule flottante Analog Devices SHARC ADSP21369 / 333MHz
  • Résolution d’entrée / sortie : 24 bits
  • Échantillonnage maximum d’entrée : 216 kHz
  • Échantillonnage fonctionnement interne : 96 kHz
  • Échantillonnage de sortie : 96 kHz

Le DDRC-22DA

DDRC22DA

  • Entrées : 1 SPDIF coaxiale, 1 optique, 1 AES-EBU XLR
  • Sortie : 1 stéréo symétrique XLR
  • Interface de contrôle : USB 2.0 et infra rouge
  • Processeur : 32 bits à virgule flottante Analog Devices SHARC ADSP21369 / 333MHz
  • DAC : Sabre ESS DAC 9023
  • Résolution d’entrée / sortie : 24 bits
  • Échantillonnage maximum d’entrée : 216 kHz
  • Échantillonnage fonctionnement interne : 96 kHz
  • Échantillonnage de sortie : 96 kHz

Le NanoAVR DL
NanoAVRDL

  • Entrée : 2 HDMI
  • Sortie : 1 HDMI
  • Interface de contrôle : 1 USB 2.0, 1 ethernet
  • Processeur : 32-bit floating-point Analog Devices SHARC ADSP21479 / 266 MHz
  • Résolution d’entrée/sortie : 24 bits
  • Nombre de canaux PCM d’entrée : 8
  • Nombre de canaux PCM en sortie : 8
  • Échantillonnage maximum en entrée : 192 kHz
  • Échantillonnage interne : 48 kHz
  • Échantillonnage de sortie : 48 kHz
  • Compatibilité vidéo : 36 Bits / 3D

Configuration PC requise :

  • Microsoft® Windows® Vista® SP1/ XP pro SP2/Win7/Win8
  • Intel Pentium III ou plus récent, AMD Athlon XP ou plus récent (SSE nécessaire)
  • 2 Gigabits (GB) de RAM ou plus
  • Deux ports USB 2.0
  • Installation de Framework

Qu’est-ce que le Dirac Live ?

bandeauDirac Research AB est une entreprise suédoise fondée en 2001. La vocation de Dirac est de proposer des solutions de traitement du son, en passant par les outils d’analyse, d’optimisation, de correction acoustique d’une salle et plus encore. Le Dirac Live est la solution de correction acoustique active proposée par Dirac.

Le Dirac Live applique ses corrections à plusieurs niveaux. Tout d’abord, il va corriger la réponse d’amplitude, communément appelée réponse en fréquence. Ceci est commun à la majorité des correcteurs acoustiques. Mais le Dirac Live ne se contente pas de cette approche. En effet, il est capable de corriger la réponse impulsionnelle d’une enceinte. C’est sur cette base qu’une correction permet à une enceinte de mieux gérer ses défauts de conception, mais aussi des problèmes issus de la pièce. L’objectif est double, la correction va permettre au son d’avoir un rendu plus réaliste et équilibré. L’ajustement de la réponse impulsionnelle des deux enceintes va aussi permettre d’optimiser l’image sonore et son ampleur. En effet, plus la réponse impulsionnelle des deux enceintes d’un système stéréo est identique et plus notre perception fait qu’on perçoit le son sans ressentir la présence des enceintes.

Pour y arriver, le Dirac Live utilise des filtres à phase mixte qui permettent d’obtenir une réponse en fréquence voulue tout en générant une réponse impulsionnelle modifiée. Ainsi, l’énergie des ondes directes et des ondes en réflexion proche est combinée de sorte que l’auditeur perçoive une seule onde sonore. Le Dirac Live peut donc corriger les retards de certaines réflexions. Le système va encore plus loin dans son approche et va différencier les ondes retardataires. Ces ondes ne seront corrigées qu’au niveau de leur coloration afin d’assurer l’équilibre des timbres. De plus, elles ne seront pas touchées au niveau temporel dans le but de conserver leurs attributs ce qui permet d’obtenir une scène sonore plus enveloppante.

Le déballage du DDRC-22A

Le déballage du DDRC-22A étonne un peu par sa sobriété. En effet, nous sommes très loin des efforts qu’un constructeur comme  OPPO pourrait proposer. Avec MiniDSP les choses sont beaucoup plus sobres et, si le conditionnement reste efficace et rationnel, nous ne trouverons pas d’éléments bonus, superflus pour certains, mais toujours appréciable. Il manquerait même quelques accessoires pour que le DDRC-22A soit au complet. Il ne s’agit pas d’oublis, mais bien de choix délibérés de la part de MiniDSP. Le constructeur ne s’en cache pas, un petit tour sur leur forum interne le confirme, MiniDSP vise un marché de niche, ce qui limite beaucoup le potentiel de volume de vente et les conduit à faire quelques compromis qui les éloignent de la voie royale. Ce qui en ressort, est une impression d’adaptation faite main « on fait avec ce que l’on a ». MiniDSP reste fortement dans l’esprit DIY. Cela dit, le package contient tout ce qui est nécessaire pour mettre en œuvre le DDRC-22A.

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Parmi les accessoires indispensables, nous trouvons un pied micro pliable très astucieux, livré dans sa petite pochette. Plié, ce pied est très compact avec un encombrement réduit au strict minimum, très facile à transporter. Une fois déployé, sa hauteur dépassera les 1m et permettra de placer le micro de mesure à peu près partout où l’on veut.

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Autre accessoire indispensable présent dans la boite : le micro. Il s’agit du micro MiniDSP UMIK-1 livré dans une boite contenant aussi ses accessoires, à savoir un support de fixation pour pied micro et un autre pied micro, mais de très petite taille et qui pourra servir le cas échéant si le micro doit être posé sur un support plan comme une table. Le UMIK-1 est un micro de mesure large bande omnidirectionnel avec USB auto-alimenté. C’est-à-dire qu’il intègre son alimentation fantôme, il suffit de le brancher directement à l’ordinateur qui servira durant les mesures. Le câble USB nécessaire est fourni, bien entendu. Le UMIK-1 est intéressant à plusieurs niveaux. Tout d’abord, les UMIK-1 sont calibrés individuellement afin d’en assurer le maximum de précision et de fiabilité de mesure. Le fichier de correction de calibrage est à télécharger sur le site de MiniDSP, nous y reviendrons plus tard dans ce test. Ensuite le UMIK-1 est compatible avec le logiciel gratuit REW (Room EQ Wizard) tout comme son fichier de correction. Ainsi, le UMIK-1 pourra servir dans de nombreuses occasions et pas seulement avec des produits et des solutions MiniDSP.

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Nous trouvons également un câble USB pour connecter le DDRC-22A à l’ordinateur qui va le piloter durant le calibrage acoustique, une petite alimentation externe OEM qui mériterait d’être changée pour un produit plus performant et une notice réduite au strict minimum (il faudra télécharger le PDF de la vraie notice sur le site de MiniDSP).
Un petit bonus, un kit de fixation rack.

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Enfin, abordons le DDRC-22A en lui même. Le boitier est très sobre et minimaliste, mais inspire une bonne robustesse. La face avant est réduite au strict minimum : un bouton multifonction, un récepteur IR et quelques LED indiquant les fonctions activées (à savoir, la sélection d’une des quatre mémoires et la mise en fonction du processing Dirac Live). Il n’y a pas de bouton de marche arrêt, ni de mise en veille. Cette lacune peut être compensée par une autre solution, cependant le DDRC-22A consomme très peu d’énergie et en théorie, il peut donc rester activé en permanence. La face arrière est tout aussi simplifiée. Il ne faut pas oublier que MiniDSP propose trois produits sur la base du Dirac Live et la multiplication de ports ne se justifie alors pas. Par contre, un besoin mixte ne pourra pas être satisfait. Dans le cas du DDRC-22A , nous avons donc une paire de XLR en entrée, une paire de XLR en sortie et l’entrée d’alimentation. Premier petit bémol en ce qui concerne le DDRC-22A. MiniDSP, pour une raison inconnue, a inversé la position traditionnelle des marquages des connexions gauche et droite. En effet traditionnellement, les connecteurs du canal droit se trouvent à droite en regardant l’appareil de face et le canal gauche à gauche. Sur le DDRC-22A, les canaux sont placés à l’envers, ainsi les câbles se croisent, ce n’est pas un gros problème en soi, mais comme il faut respecter les canaux, car le Dirac Live corrige les niveaux et peu réajuster une dissymétrie des enceintes. Ne pas respecter le câblage marqué sur le DDRC-22A peut compromettre cette correction.

La liste s’arrête là, vous devez alors vous dire qu’il manque quelque chose. Le DDRC-22A dispose d’un récepteur IR, mais où est donc la télécommande ? Et bien il n’y en a pas et c’est bien dommage. MiniDSP propose alors une autre solution, nous verrons de quoi il s’agit un peu plus loin dans ce test.

front

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Un Hardware modulaire issu des cartes DIY MiniDSP.

L’ouverture du boitier du DDRC-22A dévoile une construction sans trop de surprises. En effet, les DDRC-22 sont construits sur la base des cartes proposées par MiniDSP pour des intégrations DIY. Seul le DDRC-22DA aura très probablement une carte d’entrées/sorties spécifique, car le catalogue de MiniDSP ne propose pas encore de solution générique adaptée.

inside

Le DDRC-22A utilise donc une carte MiniSHARC sur laquelle repose le processeur DSP (il s’agit du coeur du produit) et une carte VOL-FP adaptée qui servira à gérer le niveau de sortie et les LED indiquant le mode de fonctionnement du DDRC-22A. La dernière carte AN-FP est en charge de la gestion des entrées/sorties.

fonctionement

La carte DSP utilise un processeur DSP Analog Devices Sharc ADSP21369, ainsi qu’un MCU pour interface USB et carte SD. Ce module aura à sa charge de tout centraliser et d’appliquer les corrections Dirac Live. Il dispose de tout l’attirail nécessaire et il est bien entendu compatible plug and play avec les autres modules de MiniDSP, ce qui facilite grandement tout assemblage. En plus des interfaces dédiées aux autres modules de la marque et des connecteurs USB 2.0, on trouvera une interface d’entrée et sortie I2S sur laquelle il sera possible de connecter tout module exploitant ce mode de transmission audio numérique. La carte utilise une horloge numérique dédiée de bonne facture, élément très important au vu des performances attendues sur cet appareil.

dsp

Le module VOL-FP est une version spécialement adaptée au DDRC-22A. En effet, la version DIY dispose de huit indicateurs LED et le DDRC-22A n’en a pas besoin d’autant. Il n’en restera que cinq, l’indicateur d’activation du processing Dirac Live et une colonne de quatre LED indiquant quel slot mémoire est utilisé. C’est aussi sur cette carte qu’est intégré le récepteur infra-rouge.

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La carte AN-FP est en version standard. Elle a pour rôle de numériser l’audio analogique, puis de convertir à nouveau les flux numériques en analogique. Pour cela, MiniDSP fait appel un ADC/DAC Cirus Logic CS4272 capable de travailler en 24 bits / 192 kHz sur une plage de dynamique assez élevée de 114 dB (données constructeur). Le principe de cette carte est simple. Le CS4272 numérise le signal analogique en provenance de l’entrée stéréo XLR en 24 bits / 96 kHz (résolution de travail du Dirac Live). Le signal ainsi numérisé est acheminé au DSP par une simple nappe et en retour le signal repart sur la carte AN-FP. Le CS4272 est alors piqué sur sa section DAC et va convertir le flux PCM 24 bits / 96 kHz en analogique. Les connectiques XLR sont signées Neutrik constructeur très connu dans le monde pro. Il s’agit d’un gage d’une bonne qualité de construction et de performance.

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Il s’agit donc d’une construction simplifiée et très rationnelle qui exploite le principe de la réduction du nombre de composants afin de réduire les intermédiaires et limiter les facteurs de perte. De toute évidence, ce choix est plus une obligation technique qu’un choix délibéré de la part de MiniDSP qui joue sur une double carte. Tout d’abord, MiniDSP exploite sa solution modulaire à partir de cartes qu’ils commercialisent depuis quelque temps déjà. Ainsi, la recherche et le développement hardware est réduite et la fiabilité de l’électronique est bien éprouvée. À partir de cette stratégie, il leur a été possible de créer une gamme complète et d’ailleurs le DDRC-22DA n’est pas encore disponible, car sa carte DAC n’existait pas encore au catalogue de MiniDSP. Dans tous les cas, ce hardware minimaliste n’a pas de fin en soi, son but est plus important que sa propre déclinaison. Dans le cas de la mise en œuvre d’une solution de correction active, le processing de correction prédomine largement sur le hardware qui le met en œuvre. Bien entendu, ce hardware devra être capable et de bonne qualité. Si le DDRC-22A ne fait pas preuve d’extravagance, son électronique se dévoile rationnelle et de bonne facture. Du reste, le DSP Sharc ADSP21369 développe largement assez de puissance pour appliquer la correction Dirac Live. Une des particularités du Dirac Live est d’être capable de travailler véritablement en 24 bits / 96 kHz sans downsampling à la différence de la quasi-totalité de ses concurrents y compris l’Audyssey XT32 qui ne travaille qu’en 24 bits/48 kHz. Le DDRC-22A dispose des composants nécessaires pour permettre ce mode de fonctionnement, le Dirac Live peut donc travailler au maximum de sa résolution audio numérique.

La mise en route, un petit marathon balisé !

Disons-le de suite, la mise en route du DDRC-22A est loin d’être la plus simple qui m’a été donné d’expérimenter. Tout commence par un Email qu’il faudra garder précieusement et qu’il faudra suivre à la lettre au moment opportun. Le manuel utilisateur est aussi à télécharger, car il sera un compagnon plus qu’utile au moins lors de la première utilisation du DDRC-22A. Cela dit, après ce test vous devriez déjà tout savoir, car je vais m’efforcer de tout vous indiquer en détail ce qui vous évitera des déconvenues inattendues.

La mise en route se compose de trois phases :

  1. Il faut télécharger le fichier de calibrage du micro Umik-1
  2. Téléchargez les logiciels nécessaires à l’utilisation du DDRC-22A, notamment le DDRC configuration plug-in qui vous permettra d’obtenir le numéro de série du DDRC-22A. Cette étape permet aussi d’obtenir le logiciel de calibrage Dirac Live pour DDRC-22A.
  3. Le numéro de série du DDRC-22A permet enfin d’activer la licence du Dirac Live Calibration Tools.

Dit comme ça tout semble simple, mais si les fortes têtes décident de passer les étapes alors elles tomberont sur un os. Croyez-moi, car j’ai voulu faire à ma sauce et bien entendu il me manquait des éléments nécessaires.

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L’ergonomie du DDRC-22A et ses logiciels.

iconLe DDRC-22A est un appareil simple à utiliser lorsque le calibrage est déjà effectué. Le seul bouton de façade permet de tout faire. Sa rotation permet d’augmenter et d’abaisser le volume en sortie du DDRC-22A. Ce bouton sert aussi à sélectionner le slot mémoire que l’on veut utiliser. Pour ce faire, il faut presser le bouton (faire un clic) puis sa rotation permettra de sélectionner le slot mémoire désiré. Le système est assez bien fait et va exclure les slots qui ne sont pas programmés. Ainsi, on ne risque pas de se retrouver accidentellement sur une mémoire vide sur laquelle il n’y a pas de filtre.

La suite logicielle est nettement plus intéressante et ouvre toutes les possibilités du DDRC-22A. Le premier logiciel à utiliser est le DDRC Configuration plug-in. Il s’agit d’un petit logiciel qui permet de contrôler les fonctions du DDRC-22A, d’obtenir son numéro de série, d’effectuer quelques opérations de maintenance et surtout de programmer une télécommande. J’en profite pour vous rappeler que le DDRC-22A est fourni sans télécommande, mais qu’il dispose malgré tout d’un récepteur infrarouge. La configuration plug-in permet donc de programmer le DDRC-22A avec une télécommande, mais il faut faire bien attention, car il ne sera pas compatible avec toutes les télécommandes du marché. MiniDSP préconise quatre groupes de télécommandes certifiés compatibles. Sony, NEC, Philips et Apple Remote, cette dernière étant fortement préconisée par MiniDSP qui devrait proposer une mise à jour firmware qui intégrera directement les codes de cette télécommande. Pour plus de confort d’utilisation, j’ai acquis cette fameuse Apple Remote. Alors en effet cette télécommande est intéressante. Elle est compacte, joliment construite et très simple. La programmation se passe impeccablement bien, mais il manquerait des boutons, MiniDSP devrait y pallier. Par contre, la Apple Remote risque d’être trop limitée en touches pour être convenablement utilisée sur le DDRC-22D et le DDRC-22DA.

Le DDRC Configuration plug-in et ses fonctions communes aux bases DDRC :

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Une Programmation Apple Remote finalisée. Notez que vous avez la liberté de programmer les boutons comme il vous plaira.

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L’Apple Remote :

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L’autre logiciel est le Dirac Live Calibration Tools, comme son nom l’indique, il s’agit du logiciel de calibrage qui va permettre de tout mettre en oeuvre, du calibrage du micro, aux mesures pour finir sur la correction. Voyons en détail les particularités de ce logiciel dans la partie suivante de notre test.

Le calibrage Dirac Live pas à pas.

La clé de voûte d’un système de correction acoustique réside dans les algorithmes qu’il met en oeuvre, mais ce n’est pas suffisant pour en assurer la performance. En effet, pour marcher correctement un système de correction doit être mis en application dans les règles. Malheureusement, il est facile de faire des erreurs qui pourraient compromettre la pertinence de la correction. Il est alors primordial de baliser la méthode à appliquer et de mettre à disposition une interface pensée avec justesse.

Dans le cas du DDRC-22A, ce rôle sera confié au logiciel de calibrage Dirac Live spécialement conçu pour ce produit. Avant de lancer le logiciel, il faut s’assurer que le DDRC-22A et le Umik-1 sont bien connectés à l’ordinateur, ensuite les choses se passent assez simplement du moment que l’on suit à la lettre les indications qui s’affichent. En effet, le Dirac Live Calibration Tool se comporte comme un tutoriel qui va guider avec précision son utilisateur. Le point de départ est donc de valider la présence du DDRC-22A et le mode de correction, dans notre cas il s’agira de stéréo.

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L’étape suivante consiste à connecter le Umik-1 et d’appliquer son fichier unique de calibrage. Cette phase est optionnelle, mais elle reste indispensable pour garantir le maximum de précision des mesures.

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Vient ensuite l’étape d’ajustement des niveaux. Il s’agira d’ajuster la sensibilité de mesure du micro et du niveau de sortie du générateur de bruit afin d’être dans la bonne plage de niveau. Faire cette étape manuellement est très simple, il suffit d’ajuster les deux curseurs correspondants et surtout, il est alors possible d’agir avec précision et de gérer correctement ce facteur. Certains autres systèmes de correction le feraient automatiquement, mais dans ce cas il peut arriver que les niveaux et la sensibilité du micro ne soient pas ajustés correctement. Les mesures peuvent alors ne pas être bonnes et la correction sera mauvaise. Bien entendu le Dirac Live Calibration Tool prend en compte le risque d’un mauvais ajustement manuel et l’indiquera durant les mesures.

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À l’instar de tout système de correction, l’étape des mesures est essentielle et doit se faire correctement. Positionner le micro est alors le plus important. Dans le cas du Umik-1, il faut le positionner visant l’axe milieu des deux enceintes. Pourtant, il s’agit d’un micro omnidirectionnel et traditionnellement il faut orienter ce genre de micro vers le haut face au plafond. Le Dirac Live est un système qui marche en multi-mesures. Ce genre de méthode permet d’agrandir la zone d’écoute corrigée aux alentours du sweet spot (point central, typiquement emplacement de la première mesure). Multiplier les mesures sert aussi à améliorer la correction à condition que la salle ne présente pas d’accidents singuliers présentent un défaut isolé. Si tel était le cas, le défaut pousserait la correction à corriger un accident qui ne serait pas pertinent dans la zone d’écoute. Gageons que le Dirac Live puisse tenir compte de cette éventualité et qu’il ne se contente pas de faire une moyenne.

Le Dirac Live Calibration Tool guide intelligemment et indique là où il faut placer le micro. Cette version stéréo suppose deux possibilités, soit une écoute sur un fauteuil, soit sur un canapé. On choisit alors la situation qui correspond au cas du calibrage et le logiciel montrera un schéma type présentant une sorte de carte qui indique les positions du micro à respecter. Pour préciser la bonne position de chaque emplacement du micro, le logiciel propose trois vues différentes. Ainsi, on sait exactement quelle mesure doit se faire à hauteur différente, particularité un peu inhabituelle, car en général les mesures se font toutes à hauteur d’oreille.

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C’est à partir de cette étape qu’il devient intéressant d’envisager d’utiliser la fonction de sauvegarde. Les mesures ainsi conservées pourront servir de nouveau si on souhaite travailler la correction une fois de plus à un autre moment.

C’est à l’issu des mesures que les choses commencent à devenir très intéressantes. Nous arrivons enfin à l’étape « filter design », durant laquelle il est enfin question de savoir quelles sont la réponse en fréquence et la réponse impulsionnelle du système. Cette étape rentre aussi dans le vif de la correction. Le système Dirac Live fonctionne sur le principe de filtres FIR. La mise en œuvre est relativement simple, le système propose une courbe cible qui représente la tendance que prendra la courbe une fois corrigée. Par contre, il ne sera pas possible d’intervenir sur la réponse impulsionnelle qui sera corrigée par défaut. D’un autre côté, la correction de la réponse impulsionnelle doit se faire avec rigueur et il n’est pas nécessaire ni recommandé de sortir des objectifs normalisés.

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En guise de moyen de contrôle, le Dirac Live Calibration Tool permet de visualiser uniquement la réponse en fréquence de l’enceinte droite ou gauche.

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La courbe corrigée théorique, une mesure de contrôle au sweet spot indiquera que la prévision est très proche du résultat pratique. C’est primordial, car autrement il ne serait pas possible d’utiliser le DDRC-22A tout simplement. Ici en exemple, la courbe corrigée à partir de la courbe cible par défaut. Vous remarquerez qu’il ne s’agit pas d’une courbe parfaitement plate. Si celle-ci ne joue pas sur les bosses et les creux, elle présente tout de même une pente qui représente la tendance générale de la réponse en fréquence du système mesuré. Cela veut dire que le Dirac Live est capable par défaut, d’appliquer une courbe cible qui colle aux caractéristiques du système à corriger.

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Travail sur la réponse impulsionnelle.

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Une visualisation de toutes les courbes permet d’évaluer l’amplitude de la correction par rapport à la courbe cible.

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L’élément le plus important du « Filter Design » est la possibilité de créer ses courbes cibles personnalisées. L’ergonomie du logiciel permet de le faire très facilement, de plus il est possible de sauvegarder autant de courbes cibles que l’on veut tout comme les séances de calibrage au complet. MiniDSP a pensé presque à tout et je dois reconnaître que jongler avec les sauvegardes est un avantage déterminant.

Rentrer dans l’édition de la courbe cible demande un peu de connaissances et de bien savoir de quoi est constitué le système à calibrer. Par exemple, notre cas pratique met en œuvre un caisson de basse pour compenser la réponse un peu courte dans les basses fréquences des enceintes (des Tannoy DC4). La courbe de réponse montre alors une bosse 20 Hz à 200 Hz, il s’agit principalement du caisson. Tannoy annonce une coupure du filtre médium aigu à 1,5 kHz, il faudra le vérifier sur la courbe mesurée et en tenir compte dans la création de la courbe cible.

Pour définir correctement une courbe cible, il faut pouvoir visualiser et travailler avec plus de précision. Le Dirac Live Calibration Tool dispose d’une fonction zoom vraiment pratique et bien pensée. Il suffit de sélection une zone à la souris, puis le logiciel agrandira la zone pour que l’on puisse y travailler avec plus de précision.

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La courbe cible personnalisée qui correspond à notre cas pratique. Cette courbe tient compte de la présence du caisson de basse et du point d’inflexion du filtre.

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Le calibrage enfin terminé on peut finaliser le travail et programmer les mémoires du DDRC-22A. A l’aide de la souris il suffira d’appliquer de simple cliqué glissé dans le corbeille pour supprimer un filtre et poser le nouveau filtre dans l’une des quatre mémoires du DDRC-22A.

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Vous l’aurez compris, tout l’avantage du DDRC-22A réside dans la mise en pratique du Dirac Live par le logiciel de calibrage. MiniDSP a joué une carte gagnante avec une approche bien adaptée. Le hardware du DDRC-22A ne sert qu’a appliquer les filtres, ce qui en soi ne demande pas une puissance de calcul phénoménale. Toute retenue gardée, car la résolution de travail de 24 bits/96 kHz est tout de même remarquable et implique des filtres très précis. Passer par un ordinateur pour prendre en charge tous les calculs est la solution imparable. Dans ce genre de mise en œuvre il n’y a pas véritablement de limite de puissance de calcul, en cas de manque le travail prendra simplement plus de temps (il faut tout de même satisfaire la configuration minimale recommandée). Ainsi, il est certain de pouvoir exploiter totalement les algorithmes liés aux mesures et au calcul de la correction. La limite est alors logicielle et ce point peut évoluer, sous accord de licence bien évidemment.

L’autre avantage est de pouvoir sauvegarder autant de profils et de filtres que l’on veut. La mise en pratique du DDRC-22A est alors presque infinie et un seul ordinateur pourra s’occuper de plusieurs DDRC-22 sous Dirac Live.

Les écoutes après calibration

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Protocole de test :

  • Environnement : salon sans traitement acoustique.
  • Source : PC HiFi
  • Préampli DAC : OPPO HA-1
  • Correcteur : MiniDSP DDRC-22A
  • Amplificateur : BC Acoustique EX-522
  • Enceintes : Tannoy DC-4
  • Caisson de basse : REL Quake
  • Câbles de modulation : Real Cable XLR 12162
  • Câbles d’enceinte : Athom Zef Mini
  • Câbles secteur : DIY cuivre OCC

Le DDRC-22A sera testé sur un seul système qui représente le cas type de son application. Il s’agira d’un salon tout ce qu’il y a de plus ordinaire : rideaux aux fenêtres, ouverture sur une cuisine à l’américaine, canapés, divers matériaux et aucun traitement acoustique. Le DDRC-22A sera positionné entre le préampli OPPO HA-1 et le bloc d’ampli BC-Acoustique. Le REL Quake est tout de même ajusté aux enceintes Tannoy DC-4. Ici l’enjeu sera à deux niveaux. Tout d’abord, il faudra que le DDRC-22A soit capable de corriger le comportement des enceintes dans leur environnement, mais il devra aussi traiter le couple enceinte / caisson de basse et en assurer la cohérence.

La source est un PC Hifi qui a subi de nombreuses modifications et améliorations. Les câbles ont été blindés et isolés, le châssis traité contre les émissions EMI/RFI et amorti à différents endroits et pour finir les périphériques SATA et les ventilateurs sont filtrés par des solutions SOtM. Pour m’assurer que les flux numériques soient au meilleur de leur forme, j’ai utilisé un câble USB Wireworld Platinium Starlight sur lequel a été greffé un filtre TotalDAC D1. Pour couronner le tout, les fichiers audio utilisés seront exclusivement du Master Audio ou du DSD. Autant dire que du côté source il est difficile de faire mieux. Les écoutes s’alterneront avec le Dirac Live en bypass, en correction sur courbe cible par défaut et sur courbe cible optimisée.

La  sélection musicale :

  • Daft punk, « Randow Access Memories »
  • Agnès Obel, « Aventine »
  • Conquering Animal Sound, « On Floating Bodies »
  • Diana Krall, « The Girl In The Other Room »
  • Dire Straits, « Brother In Arms »
  • Jean-Michel Jarre, « Oxygen »
  • John Moriarty Trio, « So Many stars »
  • Laki Mera, « The Proximity effect »
  • Mogwai, « Rave Tapes »

Je ne vais pas analyser album par album, mais vous présenter un constat général de l’apport du DDRC-22A car son efficacité doit se vérifier de manière universelle, autrement il ne s’agirait pas d’un bon correcteur ou avec une logique inadaptée. En effet il ne s’agit pas de toucher à la volée aux paramètres du système et de modifier par type de musique son rendu. Le DDRC-22A a comme vocation de résoudre les problèmes acoustiques et le cas échéant, permettre d’opter pour un mode d’écoute préférentiel, mais qui reste toujours inscrit dans une logique rigoureuse qui tient compte des enceintes mise en œuvre.

Commençons déjà par savoir si le DDRC-22A est transparent. Son usage en mode Dirac Bypass, c’est à dire inactif tend à confirmer que le DDRC-22A commence son travail sans dénaturer le signal sonore. En tout cas, à l’écoute il semble assez transparent, sa présence dans la chaîne audio ne gêne en rien la dynamique, ni la musicalité du système. D’un point de vue général, le DDRC-22A ne fait pas sonner moins bien le système. Cette constatation est primordiale, car un correcteur qui dénature la performance audio d’un système n’aurait aucun sens.

Passons aux écoutes en mode correction automatique. Dans ce cas de figure, la courbe cible est celle automatiquement générée par le logiciel de calibrage. L’activation du filtre est un véritable révélateur et démontre qu’en simple mode automatique le DDRC-22A et sa suite de logiciel savent faire du bon travail même dans un système qui présente un déséquilibre. Ce déséquilibre est induit par le caisson de basse qui va accentuer le niveau d’une partie de la réponse en fréquence globale du système avec un recouvrement partiel des basses fréquences des Tannoy DC-4. Très clairement dans le registre des basses fréquences, on partait avec un handicap certain. Non seulement le caisson est régler plus haut que le niveau des enceintes, mais en plus il passe par-dessus une partie de la réponse en fréquence de celle-ci sans qu’aucun passe haut issu d’un Bass Management puisse couper cette partie des fréquences devenue inutile sur les enceintes. Pour le dire plus simplement, ça se mélange un peu. Le DDRC-22A réalise un tour de force et corrige sans transpirer cette partie de la réponse en fréquence du système.

Le résultat est immédiat, les basses ne ronflent plus du tout et les quelques résonances de la pièce ont totalement disparu. La correction des basses fréquences est certainement le plus important et le plus difficile à réaliser par un système de correction automatique. En filtre FIR il faut une résolution beaucoup plus importante pour que la correction soit efficace. Par exemple avant l’arrivée de l’Audyssey XT32, la correction Audyssey XT Pro la plus évoluée appliquait des filtres d’une précision de 32 sur les enceintes et de 256 sur le seul canal LFE dédié au caisson de basse.

Bien entendu, le DDRC-22A et son Dirac Live haute résolution ne se contente pas de travailler le bas du spectre. Un test sur les albums important en vocalise démontre que la correction sur les médiums et le haut médium est excellente. Les voix se détachent parfaitement de la bande-son avec une intelligibilité irréprochable et offre un timbre vocal vraiment superbe et terriblement réaliste. La dynamique s’affirme avec un ressenti un peu à la hausse, sans que cela pénalise le confort d’écoute bien au contraire. L’équilibre tonal s’en retrouve grandi avec une meilleure maîtrise du haut du spectre. Le Dirac Live est un des rares systèmes automatiques à proposer une correction de la réponse impulsionnelle, Dirac insiste sur ce point, car il s’agit d’une approche qui permet de corriger la cohérence de l’image sonore et d’aboutir à une meilleure scène.

Dans notre système de test, un grand nombre d’éléments viennent pénaliser l’écoute. La disposition dans la salle est totalement dissymétrique. C’est-à-dire qu’au Sweet-Spot les DC-4 ne sont pas à la même distance. Pour compliquer davantage les choses, un téléviseur de 55 pouces se trouve un peu en avant de l’axe des enceintes et celui-ci va casser la cohérence stéréophonique des DC-4. De plus, cette TV repose sur un meuble en verre chargé en matériel, plus un autre meuble verre sur lequel repose le système audio en écoute durant ce test. Finalement, nous sommes exactement dans le genre de situation dans laquelle un DDRC-22 peut se monter utile à condition que la correction de la réponse impulsionnelle soit efficace. Et bien le contrat est parfaitement rempli ! Il faudra se placer au Sweet Spot et ne pas trop s’en éloigner, mais dans cette zone d’écoute l’image et la scène sonore sont parfaitement cohérentes. On gagne même en ampleur et en profondeur avec la sensation d’un espace d’écoute plus vaste que la pièce. L’immersion stéréophonique est parfaite et permet de faire oublier le système pour nous plonger au cœur de la musique.

Le mode automatique marche donc remarquablement bien, ainsi les plus prudents pourront sans soucis ni inquiétude technique, utiliser le DDRC-22A. Mais qu’en est-il de l’application d’un filtre personnalisé ? Et bien nous retrouvons les mêmes apports que le mode automatique avec tout simplement une variante sur les points qui auront été modifiés. Dans notre test nous avons demandé au système d’ajouter du niveau sur les basses fréquences. Tout simplement nous obtenons un rendu plus riche en basses avec tout ce que cela implique : un son plus ample et plus chaleureux avec une présence plus immersive dans la scène sonore.

Les écoutes confirment le gain que l’on peut attendre de la correction Dirac Live du DDRC-22A. Gardons en tête qu’il faut s’assurer d’une mise en œuvre rigoureuse et appliquée et que le cas échéant, la validation d’une position devra se faire au préalable avec un autre outil comme REW qui est gratuit. Je reviens sur cet élément : un système de correction automatique peut ou ne peut pas gérer des accidents isolés. Il s’agit de défauts qui induisent une correction excessive sur un point de mesure. Si on conserve cette mesure, ou si l’accident est mal géré, alors la correction pourrait être pénalisée. Certains systèmes comme l’Audyssey Pro ou le Trinnov permettent d’éviter ou d’éliminer le problème. A priori, ce n’est pas le cas du Dirac Live qui dans tous les cas, ne propose pas un contrôle de chaque mesure. C’est un élément à suggérer à MiniDSP.

Si tout va bien, comme ce fut le cas durant notre test, les écoutes sont révélatrices. Le gain maximum est bien entendu obtenu avec l’application de la courbe cible personnalisée. Celle-ci tient compte de la présence du caisson de basse et du filtre de l’enceinte. De plus, la mise en œuvre va dans le sens de ma préférence d’écoute, il est donc possible d’imposer au Dirac Live un « déséquilibre » de la courbe de réponse qui va flatter oreille de son auditeur. Le mode de courbe cible automatique est assez surprenant. En laissant le logiciel adapter la correction, on est face à un résultat d’excellente facture.

Capture16

La courbe corrigée démontre que le Dirac Live travaille avec intelligence. Tout d’abord, la courbe n’est pas linéaire. Le Dirac Live va induire une pente d’atténuation dans les basses fréquences et supprimer ce que le système ne peut pas reproduire. On retrouve un Roll-Off dans le haut du spectre, cette approche est classique est typique d’une correction professionnelle. Le plus remarquable tient dans la forme globale de la courbe cible. On notera une pente qui se calque sur la tendance générale de la réponse en fréquence du système. Ainsi, nous avons presque une courbe cible personnalisée, ce qui explique un rendu en automatique très proche du rendu personnel, en dehors des basses un peu moins présentes.

Conclusion

Le DDRC-22A n’est pas un produit comme on a l’habitude d’en voir et de prime abord on peut se dire que le prix est bien trop important compte tenu de la construction de cette machine. En effet, MiniDSP se contente d’assembler des cartes DIY qu’ils proposent déjà dans leur catalogue, alors que nous avons plus l’habitude d’être confronté à des machines pensées de A à Z. Cependant, il faut relativiser et un rapide calcul démontre que l’achat des composants à la pièce sur lequel on ajoute le châssis, le micro Umik-1 et surtout la licence Dirac Live stéréo, dépasserait le prix du DDRC-22A. Il faut bien comprendre les objectifs d’un tel produit.

En réalité, on attend d’un correcteur acoustique d’être capable d’appliquer correctement, et à la bonne résolution, les algorithmes qu’il met en oeuvre. Le DDRC-22A le fait à merveille et offre le seul correcteur acoustique actif pleine bande capable de travailler en 24 bits / 96 kHz. Sur un plan tarifaire, le Dspeaker Anti-Mode 2.0 Dual Core serait en concurrence directe. Ce dernier a un look plus soigné, dispose de davantage d’entrées et a même un écran LCD couleur en façade. Mais les avantages s’arrêtent là, car le Dspeaker Anti-Mode 2.0 Dual Core ne corrige pas en pleine bande et la correction ne couvre pas le spectre audible de 20 Hz – 20 kHz.

MiniDirac

Finalement MiniDSP et sa série DDRC-22A, propose les correcteurs acoustiques les plus puissants existant sous la barre des 1000€. D’ailleurs, il n’existe pas d’intermédiaires entre 1000€ et 5000€ en dehors du matériel professionnel. Le DDRC-22A a peut être quelques petites lacunes et la suite logiciel demanderait quelques corrections mineures, il s’agit des contre parties des architectures hardware et software ouvertes. Mais au demeurant, ce type d’architecture garde une souplesse de développement à long terme et le produit est appelé à être corrigé et aussi amélioré. Par exemple, MiniDSP parle déjà d’optimiser l’usage d’une Apple Remote. Sur leur forum MiniDSP se démontre très ouvert au dialogue et étudie les propositions de leurs utilisateurs.

D’un point de vu performance brute il n’y a pas photo, le DDRC-22A marche très fort. Le hardware réduit au minimum est vraiment bien pensé et assure un excellent niveau de performance. C’est le point de départ essentiel, sans correction le DDRC-22A ne commencera pas par dénaturer la performance d’un système. Il serait effectivement illogique d’apporter une correction acoustique sur la base d’une électronique qui dénature le rendu sonore. Le traitement Dirac Live est véritablement fantastique et les possibilités offertes par l’éditeur de courbe sont quasi infinies. Le gros plus est la possibilité de programmer jusqu’à quatre filtres et de pouvoir passer facilement de l’un à l’autre.

Le DDRC-22A est un produit sérieux qui ouvre la possibilité d’ajouter un correcteur acoustique actif performant dans tout système audio stéréo de bonne facture et sans se ruiner. Un système très haut de gamme cherchera certainement un produit encore plus performant avec cette fois une électronique d’un niveau équivalent. Je peux très bien comprendre cette démarche, mais il faudra alors s’attendre à débourser un budget beaucoup plus conséquent que l’achat d’un petit DDRC-22A.

Ce que j’ai aimé :

  • Un package complet.
  • Un micro de mesure à la hauteur.
  • Un format minimaliste très discret facile à intégrer dans un système.
  • Une architecture modulaire et évolutive.
  • La résolution Dirac Live de 24 bits / 96 kHz.
  • Un logiciel de calibrage intuitif et très performant.

Ce que je regrette :

  • Pas de mode Stand-by, ni de Power ON/OFF (ni sur le DDRC-22A, ni via les commandes infrarouges).
  • Labelliser les entrées et sorties dans le sens traditionnel aurait été mieux.
  • Pas de télécommande en standard.
  • Une compatibilité de programmation de télécommande non universelle (MiniDSP travaille sur une optimisation de l’interface avec les télécommandes Apple Remote, à suivre donc).
  • Encore quelques bugs mineurs dans le logiciel Dirac.

65 commentaires

  1. avatar
    Jacko /

    A priori oui, mais plus sage est de demander confirmation à MiniDSP ou l’importateur Audiophonics.

  2. avatar
    hector33 /

    Merci pour la réponse.
    Effectivement l’upgrad OpenDRC-DI vers le DDRC 22D est possible.
    L’opération se fait chez miniDSP en renvoyant le matériel chez eux. Je n’ai pas réussi à joindre l’importateur pour savoir s’il assure cette modification chez lui.

  3. avatar
    Chachaboy74 /

    Proto. Ton avis m interesse. J ai lu sur un forum que les traitements numerques de ce type a base de F.I.R peuvent induire du pre-echo à l origine de la dureté que vous percevez dans le son. Pouvez vous developper ?

  4. avatar

    Difficile de trouver des avis en français sur ce produit, mais ce test à fini de me convaincre à franchir le pas il y a quelques semaines !
    J’ai donc fais l’achat d’un opendrc et comme vous j’ai regretté ne pas pouvoir allumer ou éteindre l’appareil à distance et encore moins la possibilité de savoir à quel volume on se situe….ce qui m’a occasionné quel sursauts avec le démarrage à fond du volume…attention aux enceintes !!!
    J’ai trouvé en cherchant une société qui fabrique un kit d’upgrade pour cet appareil et qui résout tout les points négatifs pré-cités, on/off, volume et un système d’apprentissage de télécommande très intuitif.
    Waveflex diy products
    Il y a une boutique en ligne.
    Plus de nouvelles dans quelques temps quand j’ai pris en main le tout !

  5. avatar
    Christophe /

    salut Jacko

    merci et bravo pour ce test, didactique, pratique, tip top!
    je suis intéressé par ce correcteur, mais j’hesite entre les 3 modeles de la gamme.
    – le A: full analogique, n’aurait besoin que d’une paire de cables de modul en plus dans la chaine pour s’insérer.
    => mais il induit une double conversion A/N N/A
    – le D: full numérique, pas de conversion, mais besoin d’un DAC (à acheter dans mon cas)
    – le DA: hybride, il utilise son DAC embarqué pour une sortie analogique. il semble (sur le papier) le plus adapté à ma situation.

    voilà les questions qui me tarabustent:
    – la double conversion A/N N/A du ddrc22a impacte t elle le son? (dynamique, timbres, spatialisation, ronflette)?
    – le DAC interne du ddrc22da est il suffisamment performant pour se suffire à lui même? je redoute qu’il devienne le maillon faible de la chaine, si il y a besoin d’un nouveau DAC, c’est une question à xxx€…

    encore merci Jacko pour le test, et merci à tous pour les échanges.

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