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Test Pioneer SC-2022-K : un ampli Class D très musclé !

Pioneer propose depuis quelque temps des amplificateurs AV Class D, une amplification réservée jusqu’ici à la gamme LX. Cette année, Pioneer propose un modèle Class D IR plus abordable que l’an dernier avec le SC-2022-K, un modèle 7.2 doté d’un traitement vidéo Marvell Qdeo et de pas mal de fonctions intéressantes comme AirPlay, AirJam et une compatibilité multimédia et réseau, un upsampling Hi-Bit (24 bits), ou encore l’Auto Phase Control. Certes, ce modèle perd la certification THX de son ainé, mais est-ce si important ?

Je vous propose un banc d’essai de ce Pioneer SC-2022 doté d’une puissance de 7 x 170 Watts / 6 Ohms, comme en 2011, que j’ai associé à des enceintes Magnat Quantum 1009. J’ai utilisé un lecteur OPPO BDP-103EU qui, grâce à sa sortie Directe sans traitement ni upscaling, permet de mieux juger de la qualité du traitement vidéo de cet ampli et un lecteur CD Cambridge Audio 851C. Au cours de ce test, j’aborderai également la prise en charge réseau de cet ampli et ses fonctions multimédias, la superbe calibration MCACC, et bien sûr ses performances audio en utilisations home cinéma et musique.

Protocole de test :

  • Amplificateur AV 7.2 Pioneer SC-2022-K
  • Lecteur Blu-ray 3D / S.A.CD Oppo BDP-103EU
  • Lecteur CD/DAC Cambridge Audio azur 851C
  • Amplifcateur Cambridge azur 851A en PreOut
  • Enceintes Magnat Quantum 1009 en 5.1 (écoute HiFi stéréo et Quad Stéréo)
  • Enceintes Yamaha Soavo 2 en 5.1 (écoute home cinéma)
  • Vidéoprojecteur JVC DLA-X30
  • Plasma Panasonic 50VT50
  • Benchmark HQV 2.0 pour le circuit vidéo
  • Plusieurs Blu-ray 2D & 3D, DVD, S.A.CD, DVD-Audio, CD et fichiers audio
  • Câbles HDMI Aliencable, Câbles enceintes Oehlbach Twin Mix Two
Présentation

Présentation du Pioneer SC-2022-K

L’amplificateur Pioneer SC-2022 propose toujours le même design. Ce n’est pas ce qu’il se fait de plus robuste aujourd’hui, face à des amplis haut de gamme Onkyo ou Yamaha. Le design est sobre, plutôt classe, mais je regrette toujours cette utilisation du PVC au niveau de la façade. La façade brossée, le logo Pioneer doré, et la présence des petites diodes sont des détails, mais ils apportent une touche vraiment sympa au design, surtout associé à un autre lecteur Pioneer. Petite déception également, même si là aussi c’est un détail, mais je préfère les diodes bleues comme sur le LCX85 plutôt que ces diodes rouges en façade.  L’ampli est tout de même très élégant, mais aussi massif, car malgré la présence de composants plus petits, la bête fait tout de même ses 15 kg. Cependant, la trappe reste assez légère, n’est pas fixée sur vérin hydraulique, les boutons assez légers également, la robe en aluminium un peu fine.

Sous cette trappe, nous avons accès à toutes les touches nécessaires pour contrôler l’ampli sans télécommande. On trouve aussi un connecteur HDMI, un port USB associé à une entrée composite pour transférer la vidéo d’un iPad (adaptateur fourni), une sortie casque et une entrée pour le micro de calibration MCACC. C’est complet, mais il manque tout de même une entrée Optique pour faciliter le branchement rapide d’un appareil.

L’affichage digital pourrait être bien mieux, comme d’ailleurs sur tous les amplis actuels par rapport à ce qu’il se fait de nos jours en terme d’affichage digital. Il serait temps de nous proposer des écrans OLED graphiques et en couleur avec l’affichage de plus d’infos, et pourquoi pas de pochettes, etc. Il reste tout de même assez complet et bien pratique dans le sens où il affiche le chemin des dossiers pour naviguer dans les radios internet ou dossiers UPnP TV éteinte. Il affiche aussi des infos sur le flux audio traité (PCM, DSD, échantillonnage, etc), mais pas sur le flux vidéo (résolution, framerate, entrelacé ou progressif, profondeur, etc).

Le Pioneer SC-2022 c’est avant tout un ampli très complet, avec de nombreuses fonctions sans fil, le support d’AirPlay, AirJam, la compatibilité DLNA (audio et photo), plusieurs accessoires sont d’ailleurs fournis comme un adaptateur pour connecter directement un iPhone, iPod ou iPad via USB, le micro de calibration MCACC (qui est une calibration vraiment très complète), un logiciel AVNavigator. Par contre, je ne retrouve pas les modules Wi-Fi, et les relais IR présents avec le LX85 de l’an dernier, ni la télécommande rétroéclairée avec affichage digital. Les applications pour contrôler l’ampli ou diffuser de la musique depuis un mobile sont d’ailleurs superbes. Notez qu’il est possible de contrôler l’ampli depuis un mobile sous Android, mais que AirJAM reste dédié aux appareils d’Apple.

La connectique est assez standard, et très orientée numérique comme trop de concurrents cette année, mais propose quelques options intéressantes. Par contre, on ne trouve qu’une sortie HDMI, et pas d’entrée analogique 7.1. On trouve tout de même 7 entrées HDMI en comptant celle en façade, toutes compatibles 3D, CEC, 1080/24p et Deep Color, mais pas de 4K Passthrough et une sortie HDMI compatible ARC. Également présents, une sortie PreOut 9.2, 1 port USB, le port pour l’adaptateur Bluetooth AS-BT200 de Pioneer, un port USB DC Out pour le dongle Wi-Fi, le port Ethernet, 2 Triggers 12v, une interface RS232C, une entrée/sortie IR, 2 entrées/1 sortie YUV, des entrées RCA stéréo, 2 entrées Coaxiale et 3 Optique (et 1 sortie Optique). Notez également une sortie Sub en zone2 et une zone 3.

Interface

Présentation de l’interface

On retrouve (malheureusement) toujours cet OSD assez basique comparé à celui de Yamaha avec des graphiques en couleurs et une interface multimédia très sympa, ou encore Onkyo avec ses nombreux services internet, et Sony avec une interface digne d’un lecteur multimédia. Sur le SC-2022 tout est classique, sauf qu’une attention particulière a été faite au niveau de la présentation de la calibration MCACC en couleur et avec des petits graphismes, des possibilités de corrections de fréquences avec un égaliseur complet. D’une façon générale, l’interface est un peu basique, mais tout y est sauf un bass management. On pourra faire énormément de réglages, d’optimisation pour faciliter l’utilisation de l’ampli, mais aussi de nombreuses fonctions pour gérer les performances audio de cet ampli. C’est même assez impressionnant toutes les possibilités qu’il y a pour modifier et corriger l’image sonore ! C’est même presque un peu complexe.

Le premier onglet de cette interface est dédié à la célèbre calibration acoustique MCACC de Pioneer qu’il sera possible d’exploiter entièrement automatique, ou semi-manuel, ou entièrement manuel. Cette fonction est vraiment très bien gérée, superbe, mais ne propose pas bass-management (égalisation du canal de grave). Plus ça va, et plus je trouve, après avoir testé un grand nombre d’amplis de divers marques, que le MCACC est le plus cohérent avec diverses émissions de signaux audio, une correction fine et efficace qui prend en charge pas mal de paramètres acoustiques de la pièce. La correction de la réverbération, ou encore des ondes stationnaires est prise en charge. De plus, il est possible de mémoriser plusieurs styles de calibrations que l’on pourra appliquer en une touche depuis la télécommande. Il est ainsi possible de profiter de divers timbres en fonction des goûts de chacun.

Égaliseur Paramétrique 10 Bandes, mais pas de gestion du canal de grave.

Il sera possible de modifier chaque paramètre manuellement, de gérer des enceintes pleine bande ou des surround, des Bibliothèques, de consulter toutes les mesures MCACC et les transférer sur PC pour gérer tout ça depuis le logiciel AVNavigator qui est une sorte d’assistant de configuration en ligne pour paramétrer au mieux l’ampli. Ce soft se connecte à l’ampli pour récupérer les données MCACC et les paramètres de configuration. Il sera aussi possible d’éditer les données MCACC, de gérer plusieurs données avec la possibilité de les mémoriser.

 

Autre onglet important, l’onglet « Configuration système ». Il sera possible d’opter pour un des nombreux profils types, que ce soit pour gérer des enceintes en configuration « classique » (5.1, 7.1, 7.2, ou avec l’aide d’un ampli de puissance en 9.2 avec Front Eight ou Wide, avec des enceintes B, ou en biamplification, ou en Zone 2 ou 3. Par contre, petite différence avec le haut de gamme qui permet de biamplifier un système 4.0, ici, seules les frontales peuvent être biamplifiées.

Il est évidemment possible de gérer les enceintes large bande ou bande réduite pour appliquer un crossover ou même d’opter pour un mode Sub Plus qui permet de conserver les graves sur les frontales en plus du crossover. Malheureusement, je trouve que la gestion de ce crossover est trop limitée. Il n’est pas possible d’appliquer un crossover sur chaque enceinte, il s’agit d’un crossover global, et en plus il est limité. C’est soit 50 Hz, soit 80 Hz, 100, 150 et 200 Hz. Pour le reste, c’est du grand classique avec la gestion manuelle des distances et niveau des enceintes.

Précision, un filtre X-Curve permet d’atténuer les aigus si ces derniers sont trop en avant sur vos enceintes. Intéressant sur un ampli qui propose justement des aigus très précis, très détaillés, mais qui peuvent se montrer un peu trop présents sur certaines enceintes.

Pour le reste, c’est du grand classique avec la gestion du réseau, la possibilité de faire des mises à jour depuis internet, la possibilité d’assigner des entrées, de changer les noms, d’opter pour la fonction PQLS si votre lecteur est compatible (réduction du jitter sur le transfert numérique) changer de mode de transmission de la télécommande (très pratique avec un projecteur 3D qui a tendance à faire des interférences entre son émetteur IR pour la 3D et le signal IR de la télécommande). On trouve une configuration de la gestion HDMI avec la prise en charge CEC, 3D, Deep Color ou encore la fonction ARC qui fonctionne très bien, mais a tendance à ne pas s’enclencher automatiquement (il faudra alors forcer l’entrée TV).

Enfin, un mot sur la gestion Zone 2 et 3, avec la possibilité d’opter pour un volume variable ou fixe (suivant si ‘ampli connecté est un bloc de puissance ou un intégré), d’ajuster la balance du canal droit et gauche, un mode Bypass ou avec correction de la tonalité, et une fonction pour atténuer la déformation des graves s’il y en a. Pour finir, sachez que toutes ces fonctions disposent d’une petite explication sur leur utilité au niveau de l’interface. Très pratique !

Multimédia/Réseau

Gestion multimédia et réseau

La gestion multimédia et réseau n’a strictement pas changé, vous retrouverez donc ici les mêmes analyses que le Pioneer SC-LX85 de 2011. Sauf que la navigation dans les dossiers via UPnP s’est avérée un peu lente avec pas mal de blocage au niveau de l’écran digital. Comme beaucoup d’amplis actuellement, le Pioneer SC-2022 propose des fonctions de lecteur audio via USB limité au FAT32 (pas de NTFS), et est compatible DLNA avec la gestion du protocole UPnP qui permet d’accéder aux fichiers audio stockés sur PC, NAS, etc.

Nous verrons plus bas dans la partie multimédia les possibilités de lecture de formats audio via UPnP et USB. Il propose également l’accès aux radios internet vTuner avec affichage des logos des radios, la possibilité de trier les stations, d’ajouter en favoris, d’écouter des centaines de podcasts. Cette fonction est devenue presque indispensable tant elle est intéressante et très bien structurée sur les Pioneer, tout y est classé par thème, genre, pays, popularité, et autres nombreuses catégories.

On peut par exemple naviguer dans les services et dossiers réseau sans interrompre la musique en cours. Par contre, la présentation est un peu triste, mais cette année, la police est lissée, et le logo des radios est affiché. Les services internet sont  absents, pas de service de musique à la demande comme Spotify, AUPEO!, ou autres. De ce côté-là Onkyo est bien plus complet, Yamaha bien plus fun, mais Pioneer propose une application sympa et un AirJam vraiment excellent.

Idem pour l’accès à vos musiques partagées sur le réseau personnel, c’est trop basique, mais bien structuré, une interface simple, mais qui affiche les tags et les pochettes d’albums qu’elles soient intégrées aux dossiers audio, ou même intégrés au fichier audio lui même. Pour ma part, j’ai stocké plusieurs CD encodés en FLAC avec les infos, tags et jaquettes. Aucun souci de ce côté-là, tout à fonctionné à merveille à partir du moment où le format est reconnu. Par contre, j’ai rencontré souvent des problèmes de mise en mémoire tampon répétée (donc mise en pause en cours de lecture)  sur des fichiers audio un peu lourds, comme du FLAC 192 kHz (stéréo ou pire 5.1). Cela dit, quand ça passe, la qualité de décodage des FLAC est vraiment très bonne.

Pas mal de formats sont reconnus aussi bien via USB que UPnP. Disons que 90% des utilisateurs trouveront là leur bonheur. Par contre, cette gestion audio reste limitée pour ceux qui s’intéressent aux formats plus exotiques, ou aux formats dits « audiophiles ».

Voici un récapitulatif de la prise en charge multimédia via UPnP & USB :

  • Tous les formats lus via USB, le sont via UPnP, il en est de même pour les formats non pris en charge
  • Pas de gestion de système NTFS via USB (uniquement FAT32 ce qui est suffisant pour stocker la musique, mais lorsque notre HDD est déjà formaté en NTFS cela implique de tout refaire !)
  • Affichage des tags et pochettes
  • Navigation dans les dossiers possibles pendant la lecture d’une musique, mais très laborieuse avec pas mal de plantages et de lenteur.
  • Possibilité de naviguer dans les dossiers UPnP et USB TV éteinte (avec affichage sur l’écran digital de l’ampli des chemins dossiers et des titres musicaux)
  • Lecture des FLAC stéréo 44.1, 48, 88.2, 96 khz, 176.4 khz et 192 kz (16 ou 24 bits) et c’est assez rare pour le souligner. Beaucoup d’amplis se limitent au 96 khz voire moins…
  • Lecture des FLAC multicanaux, mais ils sont downmixés en stéréo (pas terrible)
  • Lecture des WMA lossless, MP3 et AAC sans problème
  • Pas de lecture des Monkey’s Audio (.ape), ni des WAV-DTS (rips de CD-DTS), ni de WavPack, MPC, AIFF, Apple lossless.
  • Pas de lecture des WAV/ LPCM 5.1
  • Pas de lecture de vidéos, mais une possibilité de lire des diaporamas photos sur la TV

La lecture est de très bonne qualité via UPnP et USB avec une fonction Sound Retriever qui reconstruit artificiellement les fréquences perdues dans les graves et extrêmes aigus lors de compression lossy. Cette fonction est très efficace sur les MP3 ou mieux sur les radios internet, mais rien ne vaudra une bonne musique en qualité lossless. S.Retriever apporte tout de même plus d’ampleur et une image sonore plus large, des aigus plus clairs et détaillés, mais cela peut manquer de naturel. Notez que Retriever peut fonctionner même lorsqu’il s’agit de flux binaires comme le DTS et le Dolby Digital 5.1.

Cela restera bien loin d’une piste DTS-HD ou TrueHD évidemment, mais peut être intéressant. Autre fonction intéressante, l’upsampling 24 bits sur les musiques encodées en 16 bits apporte un peu plus de profondeur et de naturel, même sur les pistes DTS ou Dolby Digital des films. Pour avoir attaqué un amplificateur de puissance hifi en mode Pure Direct via PreOut, je peux vous dire que la qualité de décodage du Flac est de très bonne qualité.

Qualité Audio

Le Pioneer SC-2022 à l’écoute

Abordons le chapitre le plus important, le traitement audio de cet ampli en utilisation home cinéma avant tout, mais aussi musical. Comme précisé en introduction, cet ampli Class D propose une puissance de 170 Watts sous 6 Ohms sur le papier. Des chiffres malheureusement gonflés par rapport à la réalité, comme chez la majeure partie de concurrents. Cela dit, malgré une consommation d’à peine 290 W pour ce 7.2, on retrouve les avantages d’une amplification Class D avec une dynamique et une puissance étonnante à faible courant, et une réponse en fréquence très large qui permet de proposer des aigus très détaillés. Cependant, on retrouve aussi une signature assez différente des amplis Class A/B.

Une expérience home cinéma très vivante et musclée !

Après avoir testé pas mal d’amplificateurs Class A/B comme les Onkyo, les Yamaha, les Denon, ou encore Harman Kardon, le timbre de ce SC-2022 est totalement différent, plus dynamique, plus vif, mais aussi moins doux et moins chaleureux avec des aigus très précis et très clairs. Je dois avouer qu’il ne se marie pas forcément bien avec mes enceintes, mais je sais qu’il peut offrir de bien meilleures associations avec des enceintes plus chaleureuses comme des KEF. Mes enceintes Magnat Quantum 1009 proposent aussi un timbre clair et n’équilibrent pas assez l’image sonore.

Par contre, cet ampli propose clairement une très bonne tenue en puissance. Pour un ampli vendu 1199 euros, il délivre une puissance tout simplement impressionnante et on reconnait bien là l’une des grandes qualités des amplifications Class D qui avec peu de watts arrivent à développer une grosse puissance RMS. En fait, on retrouve la même signature sonore que le LX85 testé l’an dernier, et toujours cette grosse dynamique. Le son est parfaitement clair et agréable, fluide et cristallin, plein de vivacité, très peu de THD et il propose un niveau de détail tout simplement énorme ! Un rapport Watts/puissance RMS rarement atteint sur un ampli AV ! La centrale propose des dialogues très précis et clairs, mais qui manquent un tout petit peu de soutien dans les médiums/graves.

La spatialisation est également au rendez-vous, comme beaucoup d’amplis AV actuels, avec une scène arrière enveloppante, des effets arrière soutenus, vifs, une scène avant très large profonde et aérée. Par contre, je ne retrouve pas autant l’effet bulle que proposent les amplis Yamaha, même si ça reste de très bon niveau. D’un autre côté, cette dynamique apporte aussi sa part d’immersion sur les films d’action d’autant plus que le caisson de grave est tout simplement démoniaque. Quel dommage qu’il ne dispose pas de bass-management pour les pièces un peu difficiles acoustiquement parlant.

Je peux vous dire que sur des films comme Battleship, L’excellent Avengers, ou Tron, le Pioneer SC-2022 arrive à scotcher son petit monde avec des graves tendus et rapides, très profonds, une scène sonore expressive, pleine de micros détails. Il arrive à animer un salon de 30 m² sans le moindre problème avec des scènes d’une rare intensité !

Alors qu’en home cinéma, les enceintes sont aidées par un canal de grave tonitruant, malheureusement en écoute stéréo il y a quelques carences. Pour ma part j’aime écouter ma musique en Pure Direct et force est de constater que les graves sur les colonnes sont en retrait. De plus, je trouve que le son manque de consistance, de musicalité, de chaleur et de texture. Certes, le SC-2022 n’est pas un ampli Hifi, mais tout de même, je m’attendais à mieux de ce côté-là, les amplis Harman Kardon font bien mieux, mais sont en retrait par rapport à Pioneer en utilisation home cinéma pure. J’ai donc finalement dû opter pour une écoute stéréo avec un crossover, surtout sur du rock, du Jazz, ou toute musique rythmée qui demande des graves appuyés. L’image stéréo est large et profonde, apporte pas mal de nuance dans le haut du spectre avec une reproduction des détails les plus subtile assez impressionnant.

Par contre, associé à un ampli de puissance Class A/B costauds comme un Yamaha P5000S ou l’ampli Cambridge azur 851A, on se rend compte que la préamplfication Pioneer est tout de même très performante d’une par grâce à son DSP, mais aussi et surtout grâce à sa correction acoustique MCACC. Avec une amplification Class A/B ou Class XD de Cambridge je retrouve de superbes graves sur les colonnes, même un Pure Direct, de la chaleur, plus de texture, mais aussi des aigus légèrement moins précis et moins de dynamique. Le résultat en écoute hifi avec le SC-2022 en preamplification est alors vraiment intéressant.

Il faut souligner que le SC-2022 propose tout un tas de réglages audio et DSP qui permettent de travailler considérablement les timbres des graves aux aigus de manière plutôt efficace et très intéressante. Notons la possibilité d’activer ou désactiver des filtres digitaux (Sound Wave, upsampling 24 bit, rehausser la clarté des dialogues ou les étendre un peu sur les colonnes, opter ou non pour le contrôle de phase Full Band, la technologie PQLS pour réduire le jitter si le lecteur est compatible. De son côté, le Hi-Bit 24 apporte un peu plus de naturel et de naturel à l’écoute, mais ça reste une amélioration plus subtile que sa version 32 bits.

Mais le plus impressionnant au niveau des corrections de l’image sonore, c’est évidemment la calibration automatique, semi-automatique ou manuelle Advanced MCACC qui offre un nombre de réglages et de paramètres assez impressionnant ! Je pense que c’est de loin la plus complète, sauf qui manque une gestion de l’orientation des enceintes, car les mesures ne se font que d’un seul point d’écoute (et non 8 possibles avec Audyssey chez Denon, Marantz ou Onkyo, ou encore avec un socle à trois points de mesures chez Yamaha avec son YPAO pour gérer justement l’orientation des enceintes).

Mais ne nous y trompons pas, le MCACC propose d’autres prises en charge plus importantes, surtout pour une utilisation en salon doté d’une acoustique difficile, comme la correction des ondes stationnaires et de la réverbération (due aux pièces un peu « froides » avec du carrelage par exemple, ou baies vitrées, table basse en verre, etc), prise en charge du niveau du caisson de grave avant calibration (ce qui est rare). De plus la calibration dure au moins 10 minutes pendant laquelle le micro mesure plusieurs signaux envoyés par les enceintes, une fois seul, puis en duo pour équilibrer les deux colonnes ensemble. Les corrections acoustiques sont vraiment efficaces, intéressantes, les mesurent très justes au niveau des niveaux, distances, corrections, crossover. On pourra revenir sur quelques points en fonction des goûts de chacun (comme sur le crossover qui malheureusement est fixe sur toutes les enceintes), mais globalement les corrections apportées sont excellentes. Bref, un MCACC très efficace et très complet, qui aurait même mérité l’utilisation d’un micro plus perfectionné.

Au niveau des DSP,  c’est très bon, l’ampli propose une gestion propriétaire des enceintes en hauteur (pour les effets verticaux) ou sur les côtés (Wide, pour les transitions Frontale/surround), mais pas de DSX, ni de Prologic IIz. J’aime bien l’Audyssey DSX dommage, mais les DSP du Pioneer sont  tout de même pas mal surtout sur la gestion d’enceintes Wide. En revanche, plus de modes THX sur cet ampli alors que son prédécesseur les proposait. Franchement, ce n’est vraiment pas ça qui va me manquer…

Le Pioneer SC-2022 avec le Super Audio CD

Une des premières choses qui m’a manqué sur cet ampli, c’est l’absence de possibilité de biamplifier une installation Stéréo Quadro (4 colonnes) comme ce que propose le SC-LX85. J’avais bien aimé cette solution qui permettait de profiter pleinement des formats DVD-A et S.A.CD en quadriphone, d’autant plus que la biamplification permet d’apporter des graves un peu plus soutenus.

L’autre déception vient toujours de cette gestion du S.A.CD par Pioneer qui n’évolue toujours pas. Premièrement, le DSD n’est pas décodé directement en analogique, il est d’abord converti en PCM et donc on perd tout le naturel, la chaleur et donc le charme de la numérisation très spéciale en DSD ( 1 bit / 2.8 MHz). Avec l’absence d’entrée analogique, même avec un lecteur S.A.CD multicanal doté de sorties analogiques 5.1  il ne sera pas possible de profiter du S.A.CD comme ils e doit. Il n’y a donc aucune solution.
De plus, même avec un excellent lecteur audiophile connecté en analogique et en mode Pure Direct , la signature sonore de l’amplification Class D se ressent encore avec toujours une tendance à proposer un son moins chaleureux. Ce n’est pas trop en adéquation avec l’esprit S.A.CD que l’on préfèrera sur des amplis Class A/B ou à tubes.

Traitement vidéo

Traitement vidéo

Encore une fois, aucun changement au niveau du traitement vidéo qui est identique à celui proposé par le SC-LX85. On retrouve donc le fameux processeur Marvell et son traitement Qdeo. Il est très intéressant, performant propose un excellent upscaling 1080p, mais je ne le trouve pas aussi bien intégré que sur les lecteurs OPPO au niveau des filtres de réduction de bruit et d’accentuation des contours et détails. Pour résumer, cet ampli permet un upscaling 1080p (sur les signaux YUV, Composite vidéo, et HDMI). Il propose aussi des filtres d’amélioration vidéo pour améliorer la lecture des Blu-ray, DVD et autres vidéos SD ou HD.

Au niveau des filtres, on a un Sharpness qui va de 0 à +8, pas moins de quatre réducteurs de bruit (très peu efficaces), le réglage du contraste, luminosité, un filtre Precision Cinema (désentrelacement), et P.Motion pour lisser les contours qui souffrent de jaggies (effets d’escalier). Évidemment, ces filtres ne devront pas être réglés de la même manière avec toutes les sources. On peut par exemple appliquer plus de détails sur une image Full-HD comme avec le Blu-ray ou sur une vidéo SD en 576p upscalée en 1080p au risque de renforcer aussi les artefacts de compression. Notons que le traitement vidéo propose plusieurs modes paramétrables. Il sera donc possible de régler plusieurs profils de traitement vidéos, ce qui est très bien et assez rare pour le souligner, mais un seul profil est vraiment complet et permet de régler les filtres de réducteurs de bruits, luminosité, contraste, teinte, etc. Les autres profils sont déjà paramétrés (PDP, LCD, Projecteur) mais permettent quelques réglages comme le sharpness, les filtres P.Cinema, P.Motion, et Stream.

Un upscaling 1080p d’excellente qualité

L’upscaling 1080p proposé par cet ampli est de très haute volée, similaire à ce que l’on trouve sur les meilleurs appareils à base de processeur Marvell comme les lecteurs Blu-ray OPPO. La seule contrainte sera de disposer d’un lecteur qui permet d’envoyer la vidéo en sortie directe (sans traitement, ni upscaling) vers l’ampli. Cet upscaling permet de totalement redécouvrir ses DVD avec un rehaussement des détails très fin, un désentrelacement qui fait parti de ce qui se fait de mieux actuellement, une vraie performance ! Les traces de jaggies (effets d’escalier sur les diagonales) sont totalement absentes, l’image gagne vraiment en définition, précision et relief, avec un rendu très propre pour peu que le DVD soit de bonne qualité. Avec la qualité de cet upscaling associé aux filtres, comme le filtre Sharpness (accentuation des détails), le résultat peut être vraiment bluffant !

Par contre, on pourra regretter que malgré la présence de quatre réducteurs de bruit vidéo, ils soient si peu efficaces. Certes, ils ont l’avantage de ne pas trop flouter l’image comme beaucoup de réducteurs de bruits, mais le bruit résiduel est également très peu corrigé. Il en est de même pour les traces d’artefacts de compression. Si la vidéo d’origine est un peu trop compressée, il sera difficile de rattraper le coup, sauf peut-être avec le filtre Stream, mais pour le coup, ce filtre dédié aux vidéos internet (streaming) floute un peu l’image. Le filtre Stream affiche de bons résultats sur les vidéos de très mauvaise qualité.

Des filtres fins, très efficaces, mais peut mieux faire

Le filtre le plus intéressant, surtout sur l’upscaling de bons DVD et encore plus sur la lecture de Blu-ray, c’est donc le Sharpness qui permet d’accentuer les détails et les contours d’une image pour donner plus de relief. Ce filtre est très efficace, à l’avantage de proposer des paliers progressifs et pas agressifs, mais aurait pu aller plus loin. Nous avons ici la possibilité de le régler de 0 à +8, contre 0 à +50 sur le HQV du Yamaha RX-A3010 qui permet un réglage vraiment au top quelque soit la source.

En effet, si sur plusieurs diffuseurs il ne servira à rien de pousser le filtre au-delà de +5 sous peine d’avoir une image trop agressive, certains diffuseurs qui proposent une image assez douce mériteraient d’aller plus loin.

Ci-dessus :Sans filtre d’accentuation des détails du Marvell Qdeo

Avec traitement Marvell Qdeo activé : Détails sur 4 + amélioration du contraste

Le filtre d’accentuation des détails (Sharpness) est  très efficace, pas ultra puissant, mais juste assez fin pour offrir un très bon résultat. Il propose 8 paliers qui permettent des réglages précis, avec une amélioration graduelle qui apporte plus de relief, de profondeur à l’image et des contours mieux définis, un meilleur détachement des personnages et objets en premier plan.  L’amélioration du contraste intra-image offre également de très bons résultats. Par contre, la vraie déception se situe au niveau de la 3D, les filtres et le traitement vidéo entier d’ailleurs, ne sont pas fonctionnels sur le Blu-ray 3D (ni le Sharpness, ni les réducteurs de bruit, ni le contraste, luminosité, teinte, P.Motion, etc). Aucune amélioration depuis l’année dernière…

Conclusion

Conclusion

À vrai dire, j’ai vraiment retrouvé une sorte de petit frère du Pioneer SC-LX85 avec un petit peu moins de puissance (logique), pas de certification THX, et quelques fonctions en moins, mais rien de très contraignant. Ce Pioneer SC-2022 est donc très intéressant pour ceux qui veulent profiter de cette fameuse amplification Class D IOR Direct Energy à une prix plus abordable pour des séances home cinéma très musclées. Il a son image sonore, que certains apprécieront, d’autres non, mais ce qui est sûr c’est qu’il est doté de grandes qualités ! Il est capable d’animer de façon très étonnante un salon assez grande d’environ 30 m² sans problème !

Je le trouve très profilé home cinéma d’action, il offre une image sonore très dynamique, et d’une grande précision. Le moindre petit son s’entend, le moindre détail, souvent passé inaperçu avec d’autres amplis, se révèle sur ce Pioneer. Il propose une sonorité limpide, cristalline, un canal de grave percutant, mais un son qui manque de chaleur, de consistance dans le bas du spectre et de profondeur dans les graves en écoute stéréo Pure Direct. L’utilisation d’un caisson avec crossover me semble incontournable en écoute stéréo, ou alors, opter pour la solution d’un ampli de puissance en PreOut. Je conseillerai des enceintes chaleureuses, dotées d’une réponse en fréquence large dans le haut du spectre pour faire honneur à la précision des aigus et  capables de reproduires de gros graves bien profonds pour équilibrer tout ça. Des Kef série Q ou R, par exemple, semblent bien profilées pour cet ampli.

Cela dit, cet ampli m’a offert d’excellentes prestations en utilisation home cinéma et reste très agréable en utilisation musicale comme tout bon ampli (il ne faut pas exagérer non plus). Son traitement vidéo est vraiment très bon, permet d’améliorer les Blu-ray et de redécouvrir ses DVD, mais malheureusement il est inactif sur la 3D et ne propose pas plusieurs modes mémorisables.

C’est aussi un ampli qui propose de nombreuses fonctions appréciables, comme une gestion multimédia audio très bonne, des fonctions réseau intéressantes, mais tout ça est loin d’être abouti avec une interface trop basique, l’absence de service de musique à la demande, ou de lecture du FLAC 5.1. Notons les compatibilités AirPlay et AirJam très intéressantes pour certains, et des applications IOS et Android vraiment superbes !

Les amplificateurs Pioneer ne sont pas mes amplis préférés, de par leur timbre qui ne colle pas à mes enceintes, mais c’est une question de goût, car ses qualités intrinsèques sont bien au rendez-vous. Dans son style, c’est un excellent ampli, très complet, très intéressant. Les amateurs apprécieront ce bien bel appareil pour un très bon rapport qualité / prix. Il s’agit tout simplement de l’ampli AV Class D le plus abordable du marché. Il gagne donc ses 3 étoiles. Son traitement vidéo d’excellente facture souffre tout de même de lacune (un seul mode mémorisable, des filtres qui ne vont pas assez loin, et surtout non fonctionnels sur la 3D), je ne lui accorde donc que deux étoiles (médaille d’argent tout de même). Pas d’Award Reference HDfever pour les raisons évoquées dans cette conclusion.

Je remercie Futureland pour le prêt de l’ampli Pioneer SC-2022-K.

Les notes sont évidemment en fonction de sa catégorie d’ampli AV, et du prix :

  • Qualité audio home cinéma :
  • Qualité audio musicale :
  • Puissance de l’ampli :
  • Upscaling 1080p :
  • Traitement de l’image :
  • Services internet :
  • Gestion multimédia :
  • Gestion du S.A.CD :
  • Connectique :
  • Qualité de finition :
  • Calibration acoustique :
  • Fonctions et réglages :
  • DSP / Spatialisation :
  • Rapport Qualité/Prix :

Ce que j’ai aimé sur le SC-2022 :

  • Un ampli Class D à petit prix
  • Une expérience home cinéma très vivante
  • Une image sonore riche, détaillée et pleine de vivacité
  • Un ampli très dynamique et très puissant !
  • Une consommation faible pour la puissance proposée
  • Un ampli qui ne chauffe pas et pas très lourd
  • Les DSP propriétaires (Enceintes Front wide et height par exemple)
  • Le MCACC très complet et très efficace !
  • La lecture USB et UPnP de qualité avec le FLAC (dont le 192 khz)
  • Le traitement vidéo de très bonne qualité (upscaling & sharpness)
  • La compatibilité smartphone (IOS & Android)
  • Un PreOut Sub en zone 2, et une PreOut 9.2

Ce qui m’a déçu avec le SC-2022 :

  • Une seule sortie HDMI
  • Pas d’entrée analogique 7.1
  • Un son qui manque de chaleur (du moins sur mes enceintes)
  • Des graves en retrait en écoute stéréo Pure Direct
  • Pas de bass management (égalisation du caisson)
  • Des filtres vidéos non fonctionnels sur la 3D
  • La prise en charge multimédia insuffisante
  • Une construction qui manque de robustesse
  • La trappe un peu fragile, en PVC
  • Un OSD qui manque de fun et de graphismes en couleur
  • Une très mauvaise gestion du Super Audio CD
  • Absence de services de musique à la demande
  • Télécommande non rétroéclairée

64 commentaires

  1. avatar
    walky /

    et voila amplis acheter et istaller bon super content des premier resultat maintenant j’aimerais savoir pourquoi il me marque ( sr error) lors de la calibration auto par micro , je dois certainement changer un truc a mon sub mais je vois pas , une idee ??????

  2. avatar

    @walky – SR Error ? C’est plutôt les surround Back ça non ?

    Pour le Sub, il fuat au moins mettre le volume du Sub à 50% (l’idéal c’est de le mettre à 75dB par rapport au micro, mais pas simple, il faut un décibel-mètre pour ça.

  3. avatar
    walky /

    ben ouai ballot que je suis (et presser) j’avais brancher les surround a l’emplacement des surround back grrrrrr merci pour l’info pour le sub … je teste ca quand je n’aurait pas les enfants mdr

  4. avatar
    didier /

    bonjour pouvez vous m’aider svp? j’ai le pioneer 2022 , toutes mes enceintes: 4 arrières et 2 devants + le caison de basse. donc 7.1.
    par contre j’ai lu sur la notice que l’on pouvez mettre encore 2 enceintes devant haut ou a à cote des principale?
    est -ce interressant?
    c’est quoi une sortie pre amp?
    merci par avance a bientot didier

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